Présentation

L’École nationale des chartes, grand établissement d'enseignement supérieur

Entrée de l'École au 19, rue de la Sorbonne 75005 Paris
© Énc - cl. Myr Muratet

L’École nationale des chartes est un  grand établissement d’enseignement supérieur. À la pointe de la recherche historique, dont elle renouvela en profondeur les méthodes dès sa fondation en 1821, elle n’a cessé d’accompagner la progression des méthodes historiques et la modernisation des métiers de la conservation.

Après plus de 100 ans au cœur de la Sorbonne depuis 1897, l’École franchit au cours de l’année universitaire 2014 - 2015 une nouvelle étape de son histoire en s’installant non loin du quadrilatère Richelieu aux côtés de la Bibliothèque nationale de France, de l’Institut national de l’histoire de l’art, de l’Institut national du patrimoine, à proximité de l’École du Louvre, du ministère de la Culture, et du service interministériel des archives et des Archives nationales dans le Marais. Elle tient une place déterminante au cœur des institutions patrimoniales.

Sous la tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur et la recherche, l’École est administrée par un directeur, assisté d’un conseil d’administration et d’un conseil scientifique. Deux organismes lui sont rattachés, le Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS) et l’Unité régionale de formation à l’information scientifique et technique (URFIST).

Les enseignements à l’École

L’enseignement est assuré par des professeurs de l’École, des maîtres de conférences, des chargés de cours, des professeurs étrangers invités, ainsi que par des conservateurs du patrimoine et des bibliothèques.

La promotion 2014 © ENC - cl. Didier Plow

Le diplôme d’archiviste paléographe

L’École recrute et forme des chercheurs expérimentés, notamment des futurs conservateurs du patrimoine et des bibliothèques en leur dispensant un enseignement historiographique de haut niveau tourné vers l’analyse de documents de toutes sortes (matériaux archéologiques, livres, écrits, œuvres d’art, supports audiovisuels et électroniques, etc.), l’étude de l’évolution du latin médiéval et du néo-latin, des langues romanes, et de l’histoire du droit et des institutions. Après avoir soutenu une thèse sur une recherche inédite et approfondie, et accompli divers stages, les élèves fonctionnaires-stagiaires obtiennent le diplôme d’archiviste paléographe.           

Du master au doctorat

L’École propose aussi trois cycles de master « Technologies numériques appliquées à l’histoire », « Études médiévales », « Concepteur audiovisuel ».

Elle délivre le doctorat avec l’école doctorale ED 472 de l’École pratique des hautes études d’une part et l’école doctorale d’histoire moderne et contemporaine ED 188 de l’université de Paris Sorbonne – Paris IV, d’autre part.

La formation continue et professionnelle

Elle offre des programmes de formation professionnelle touchant les différents domaines de la conservation (papier, estampes, héraldique, manuscrits, ressources électroniques, etc.). Le public visé est formé des professionnels de la conservation, mais aussi du grand public en recherche de spécialisation. 

La recherche à l’École

Logo du centre Jean-Mabillon © Énc

L’École dispose d’un laboratoire de recherches (EA 3624), le centre Jean-Mabillon, acteur majeur et fécond de la recherche en France. Il incarne la dimension collective, interdisciplinaire et internationale des activités de recherche dans le domaine des sciences historiques et philologiques telles qu’elles sont enseignées à l’École.

Par ailleurs, l’École organise au sein de ses locaux des conférences et des colloques nationaux et internationaux.

L’École est enfin membre fondateur

du campus Condorcet Paris-Aubervilliers et membre de Sorbonne-universités.

Une salle de lecture de la bibliothèque © Énc - cl. Myr Muratet

Une bibliothèque exceptionnelle

L’École nationale des chartes dispose d’une bibliothèque exceptionnellement développée dans les disciplines correspondant à sa vocation fondamentale : l’histoire et ses sources, la paléographie, la philologie latine et romane, l’histoire du livre, la bibliographie et la codicologie, l’histoire du droit, l’histoire de l’art et l’archéologie.

 

 

Objectifs de carrière et débouchés

L’École nationale des chartes est destinée à former :

  • de futurs conservateurs des bibliothèques et des conservateurs du patrimoine spécialisés en archives, musées, monuments historiques, archéologie ou inventaire
  • des enseignants-chercheurs dans l’enseignement supérieur
  • des professionnels de la recherche dans les universités ou au sein du Centre national de la recherche scientifique
  • des responsables de projets informatiques dans le secteur patrimonial et celui de la recherche en sciences humaines et sociales

L’École en quelques chiffres

  • Plus d’une centaine d’élèves et d’étudiants (150 en 2013)
  • 1 250 euros nets mensuels de traitement pour les élèves fonctionnaires stagiaires
  • 95 % d’insertion professionnelle
  • 2 000 auditeurs chaque année en formation continue
  • 50 livres édités par  an (y compris ceux du CTHS) et publications électroniques

Consulter la brochure de l'École nationale des chartes

Consulter la bibliographie sélective sur l'histoire de l'École

Une institution au service de l’histoire et du patrimoine depuis 1821 

De 1821 à 1829 : la création d'une nouvelle école

Le buste de Louis XVIII dans le bureau du directeur © Énc - cl. Myr Muratet

L’École des chartes est créée par Louis XVIII par l'ordonnance du 22 février 1821, sur la proposition du ministre de l'intérieur Joseph-Jérôme Siméon, lui-même convaincu par le projet du baron Joseph-Marie de Gérando. Depuis la Révolution, la suppression des congrégations religieuses et le transfert de compétences de l’Église à l’État avaient créé de nouveaux besoins en termes d'organisation, de conservation et d'étude des documents et des manuscrits issus des confiscations. Gérando proposa dès 1807 un premier projet à Napoléon 1er, que l'Empereur étudia avec attention, mais auquel il ne fut pas donné suite. Le contexte des années 1820 devait être plus favorable à la création de l’École des chartes.

De la défense de la Charte à la redécouverte de la civilisation médiévale

Sa fondation correspond à la redécouverte de la civilisation médiévale par la première vague romantique mais aussi au besoin de renouveler l'histoire nationale par l'étude directe des archives, des manuscrits et des divers dialectes, et d'entretenir la tradition de l'érudition, héritée des mauristes, en péril par manque de collaborateurs instruits dans la « science des chartes et des manuscrits ».

La conjoncture politique du milieu du règne de Louis XVIII, marquée par le retour des Ultras et la remise en cause de la monarchie constitutionnelle, influa sur la fondation d'une école versée dans l'étude et la conservation des chartes, le terme ne pouvant que renvoyer explicitement à la défense de la Charte et donc des droits et des libertés.

De 1829 à 1846 : création du titre d'archiviste paléographe et historiographie selon François Guizot

La porte de l'hôtel de Clisson, entrée de l'École de 1846 à 1866
© CC BY-SA 3.0 - cl. R. Mathis

La nouvelle institution avait donc pour but de former des jeunes gens capables d'organiser les dépôts de documents et de renouveler l'étude des « archives entassées » et de « toute une branche de la littérature », l'étude des manuscrits et des dialectes. D'emblée, l’École des chartes se vit assigner une double mission, entre conservation et fabrique de l'histoire. Rapidement tombée en sommeil, elle est réorganisée par l'ordonnance du 11 novembre 1829 : les cours reprennent, aux Archives du royaume et à la Bibliothèque royale ; on apprend aux élèves la paléographie, la diplomatique et la philologie et leur formation est sanctionnée par le titre d'archiviste paléographe. Dans l'esprit de l'histoire totale de Guizot, l'ordonnance du 31 décembre 1846 réorganisa profondément l’École. Dotée d'un nouveau statut, elle quitte la Bibliothèque royale et s'installe dans l'hôtel de Clisson, aux Archives du royaume. La réforme touche aussi la scolarité :  elle institua un examen d'entrée, porta à sept le nombre des professeurs et renforça l'excellence scientifique de l’École.

Des disciplines dispensées nulle part ailleurs

Le principe de pluridisciplinarité marque durablement le caractère de l’établissement. Un éventail de six enseignements est inscrit dans la réforme à l'article 8 de l'ordonnance du 31 décembre 1846 ; parmi ceux-ci, certains ne sont encore dispensés nulle part ailleurs : la paléographie, enseignée par Champollion-Figeac (« la lecture et le déchiffrement des chartes et monuments écrits »), l'archéologie par le cours de Jules Quicherat (« l'archéologie figurée, embrassant l'histoire de l'art, l'architecture chrétienne, la sigillographie et la numismatique »), la diplomatique (« l'histoire générale du moyen âge, appliquée particulièrement à la chronologie, à l'art de vérifier l'âge des titres et leur authenticité »), la philologie (« la linguistique appliquée à l'histoire des origines et de la formation de la langue nationale »), la géographie historique (« la géographie politique de la France au moyen âge ») et l'histoire du droit (« la connaissance sommaire des principes du droit canonique et du droit féodal »). L’École se transforme en une véritable école d'historiens. La thèse d'école, innovation de la réforme de 1846, donne également la clé du diplôme d'archiviste paléographe dont l'attribution est soumise à la soutenance d'un « acte public sur un thème imprimé [que les élèves] ont choisi » et consacre le chartiste comme historien chercheur.

Une véritable école d'historiens

Le buste de Jules Quicherat par Jean Petit (1819-1903)
© CC BY 2.5 - cl. Marie-Lan Nguyen

Sont alors posées les bases scientifiques qui ont fait de l’École une institution à la pointe de la recherche historique, dont elle renouvela en profondeur les méthodes. La pédagogie de son enseignement par la confrontation aux sources fait référence en Europe, qu'il s'agisse de voyages d'étude archéologiques ou de cours de paléographie sur les fac-similés de documents anciens. La double visée de la formation, à la fois scientifique et professionnelle, donne, par son ambition, la clé de la réussite de l'École. Véritable « pépinière d'historiens », l’École a ainsi formé des générations d'intellectuels et de hauts fonctionnaires, acteurs des grands débats et évolutions de la France du XIXe siècle à nos jours, comme Jules Quicherat (promotion 1834), Léopold Delisle (promotion 1849), Paul Meyer (promotion 1861), Louis Courajod (promotion 1867), Arthur Giry (promotion 1870), Auguste Molinier (promotion 1873), Gabriel Hanotaux (promotion 1880), Charles-Victor Langlois (promotion 1885), Camille Enlart (promotion 1889), Clovis Brunel (promotion 1908), Michel de Boüard et Jeanne Laurent (promotion 1930), Régine Pernoud (promotion 1933), Henri-Jean Martin (promotion 1947), René Girard (promotion 1947), Robert Fossier (promotion 1949), Emmanuel Poulle (promotion 1954), Jean Favier (promotion 1954), Paul-Alberte Février (promotion 1955), Yves-Marie Bercé (promotion 1959), Michel Pastoureau (promotion 1972).

L'École et la modernisation des métiers de conservation

L’École a également participé activement à la modernisation des métiers de conservation. En se spécialisant, tout au long du XIXe siècle, dans une mission de service public orientée vers la conservation du patrimoine, les chartistes ont contribué à l'établissement d'un réseau dense d'archives et de bibliothèques, souvent cité en exemple, et à la définition de méthodes et de principes d'action, des cadres de classement des archives départementales aux catalogues des manuscrits de la bibliothèque royale. Ordonnances et décrets leur réservent progressivement une large part des emplois dans les bibliothèques et les archives ; à partir de 1829, ces débouchés « naturels » sont régulièrement confirmés, en 1846, en 1871 et au cours des années 1880 notamment, tandis que d'autres carrières s'ouvrent aux chartistes, dans les musées et les services de l'archéologie, de l'inventaire et des monuments historiques, dans l'enseignement et dans la haute administration.

L'École au cœur des mutations touchant les métiers du patrimoine

Au cours du XXe siècle, l’École n’a cessé d’accompagner les mutations touchant les métiers du patrimoine, assurant par exemple la préparation au diplôme technique de bibliothécaire dans les années 1930 jusque dans les années 1950. À partir des années 1990, l’École adapte sa formation au contexte alors actuel : en particulier, par son engagement important dans le domaine des humanités numériques. En accompagnement à la création de l’École nationale du patrimoine (devenue en 2001 l'Institut national du patrimoine), elle renforce ses enseignements tournés vers l'histoire de l'art et l'archéologie, vers les nouveaux médias, vers l'histoire contemporaine, elle double la scolarité de stages multiples.

2005 : rappel par décret de la mission de l'École

Le décret n°2005-1751 du 30 décembre 2005 exprime ainsi la mission de l’École : «  L’École nationale des chartes a pour mission la formation de personnels scientifiques des archives et des bibliothèques. Elle concourt à la formation de tous les personnels qui contribuent à la connaissance scientifique et à la mise en valeur du patrimoine national. Elle participe à la formation à et par la recherche des étudiants en sciences de l'homme et de la société, particulièrement dans les disciplines relatives à l'étude critique, l'exploitation, la conservation et la communication des sources historiques. Elle mène des activités de recherche et contribue à la diffusion et à la valorisation des résultats dans ces disciplines. » Fidèle à sa mission première, l’École se fixe ainsi pour priorités de faciliter l’accès aux sources écrites, visuelles, bibliographiques et électroniques, de former les futurs cadres de la conservation patrimoniale, d’élargir son auditoire aux étudiants en master et en doctorat ainsi qu’au public de la formation continue. Elle renforce son rayonnement en Europe et plus généralement, au niveau international.

2014 : une nouvelle adresse, une nouvelle étape de l'histoire de l'École

L'École vient de quitter le 19, rue de la Sorbonne où elle était installée depuis 1897, pour occuper ses nouveaux locaux, au 65, rue de Richelieu, quartier d'origine de l'établissement, près de la Bibliothèque nationale de France, de l'Institut national du patrimoine, de l'Institut national d'histoire de l'art, de l'École du Louvre et du ministère de la Culture.

Au cœur d'un réseau

Les liens de l’École nationale des chartes avec le monde francophone de l'enseignement supérieur et de la recherche ne sauraient être plus resserrés : depuis 2010 l’École est

membre de la ComUE Sorbonne Universités. Elle est également l'un des fondateurs de l'établissement public de coopération scientifique Campus Condorcet Paris-Aubervilliers, créé par décret publié le 1er mars 2012.

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