Conférence de Mary Beth Winn,
Jeudi 21 février 2008 à 17h,
École des chartes, grande salle.
Lorsque le célèbre libraire parisien Anthoine Vérard fait publier vers 1498 le roman de chevalerie, Ogier le dannoys, il rappelle dans un prologue imprimé spécifiquement pour l’exemplaire destiné au nouveau roi Louis XII, qu’il avait deja “fait et ordonné” plusieurs beaux livres aux "bons commandemens" du roi Charles VIII. S’agissait-il de véritables commandes de Charles VIII ou plutôt de cadeaux offerts par Vérard au mécène qu'il sollicitait?
En 1514, après avoir reçu du roi Louis XII le privilège de publier une oeuvre dédiée au jeune comte François d’Angoulême, l’imprimeur Antoine Bonnemère se voit obligé de transformer à la plume l’exemplaire qui doit devenir royal lorsque le destinataire monte sur le trône. Dans un milieu de plus en plus commercialisé où l’imprimerie multiplie les exemplaires d’un même ouvrage, comment distinguer entre commande, don ou achat? Comment évaluer les “privilèges” d’impression ou définir le rôle du libraire, surtout du nouveau “libraire du roi,” par rapport au mécénat? En examinant un corpus de livres illustrés imprimés à Paris autour de 1500, peut-on esquisser une réponse à certaines de ces questions?
Mary Beth Winn est professeure d’études françaises à la State University of New York à Albany. Elle a publié, entre autres, un ouvrage sur le libraire parisien Anthoine Vérard (Droz, 1997) et de nombreuses études sur des textes du XVe siècle, sur des livres d’Heures et sur les rapports entre manuscrit et imprimé. Elle a aussi édité La Chasse d’Amours d’Octovien de Saint-Gelais ainsi que les textes des chansons du compositeur Thomas Crecquillon.