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École nationale des chartes

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19, rue de la Sorbonne – 75005 Paris – tél. : +33 (0)1 55 42 75 00

Les publications de la Société d'histoire religieuse de la France

L'activité éditoriale de la Société d'histoire religieuse de la France ne se limite pas à la publication de la Revue d'histoire de l'Église de France.

La Société d'histoire ecclésiastique de la France a publié de 1912 à 1982 une collection dite Bibliothèque de la Société d'histoire ecclésiastique de la France, riche de 43 titres correspondant à 51 volumes, dont la plupart ont paru d'abord aux Éditions Letouzey (1912-1940) puis aux Éditions Vrin (1946-1982) ; près de la moitié d'entre eux (20 titres, 24 volumes) sont encore aujourd'hui disponibles auprès de ces éditeurs.

Après onze années d'interruption, cette collection est reparue aux Éditions du Cerf sous le titre Histoire religieuse de la France. Elle s'enrichit régulièrement d'un à quatre titres chaque année. Comme la première collection, elle accueille des travaux universitaires et des actes de colloques dont les thèmes touchent aux centres d'intérêts de la Société.


Sommaire : Histoire religieuse de la France - Bibliothèque de la Société d'histoire ecclésiastique de la France


Histoire religieuse de la France

Collection publiée sous la direction de Bernard Barbiche

Les ouvrages sont disponibles aux éditions du Cerf, 29, boulevard de Latour-Maubourg, 75007 Paris
(http://www.editionsducerf.fr)

36. Vincent Petit, Catholiques et Comtois. Liturgie diocésaine et identité régionale au XIXe siècle, 2011, 720 pages.

35. Marie-Céline Isaia, Remi de Reims. mémoire d'un saint, histoire d'une Église, 2010, 928 p.

34. Matthieu Brejon de Lavergnée, La Société Saint-Vincent-de-Paul au XIXe siècle. Un fleuron du catholicisme social, 2008, 716 p.

33. Anne Philibert, Lacordaire et Lamennais. La route de la Chênaie (1822-1832, 2009, 1134 p.

32. Daniel Moulinet, Laïcat catholique et société française. Les comités catholiques (1870-1905), 2008, 592 p.

31. Marie-Claude Flageat, Les Jésuites français dans la Grande Guerre. Témoins, victimes, héros, apôtres, 2008, 604 p.

30. Yves Gagneux, Reliques et reliquaires à Paris. (XIXe-XXe siècle), 2007, 336 p.

29. Jean-Michel Leniaud, La Révolution des signes. L'art à l'église (1830-1930), 2007, 432 p.

28. Bruno Dumons, Les dames de la Ligue des femmes françaises (1901-1914), 2006, 528 p.

27. Laurent Ducerf, François de Menthon. Un catholique au service de la République (1900-1984), 2006, 512 p.

26. Vladimir Angelo, Les curés de Paris au XVIe siècle, 2005, 906 p.

25. Louis-Pierre Sardella, Mgr Eudoxe Irénée Mignot (1842-1918). Un évêque français au temps du modernisme, 2004, 752 p.

24. Catherine Vincent, Fiat Lux. Lumière et luminaires dans la vie religieuse en Occident du XIIIe au début du XVIe siècle, 2004, 702 p.

23. Marcel Bernos, Femmes et gens d’Église dans la France classique, XVIIe-XVIIIe siècle, Préface de Jean Delumeau, 2003, 416 p.

22. Philippe Martin, Une religion des livres (1640-1850), 2003, 626 p.

21. Christian Sorrel, Libéralisme et modernismes : Mgr Lacroix (1855-1922. Enquête sur un suspect, 2003, 544 p.

20. Le diocèse. Espaces, représentations, pouvoirs. France, XVe-XXe siècle, sous la direction de Gérald Chaix, 2002, 450 p.

19. Agnès Walch, La spiritualité conjugale dans la catholicisme français (XVIe-XXe siècle), 2002, 543 p.

18. Jacques-Olivier Boudon, Paris, capitale religieuse sous le Second Empire, 2001, 560 p.

17. Xavier Boniface, L'aumônerie militaire française (1914-1962), avant-propos de Mgr Jean Badré, préface de Yves-Marie Hilaire, 2001, 600 p.

16. Isabelle Brian, Messieurs de Sainte-Geneviève. Religieux et curés, de la Contre-Réforme à la Révolution, préface de Dominique Julia, 2001, 554 p.

15. Brigitte Beaujard, Le culte des saints en gaule. Les premiers temps. D'Hilaire de Poitiers à la fin du VIe siècle, Préface de André Vauchez, 2000, 622 p.

14. Anne Bonzon, L'esprit de clocher. Prêtres et paroisses dans le diocèse de Beauvais (1535-1650), Préface de Marc Venard, 1999, 528 p.

13. Georges Provost, La fête et le sacré. Pardons et pèlerinages en Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1998, 540 p.

12. Hervé Laffay, Dom Augustin de Lestrange et l'avenir du monachisme (1754-1827), avant-propos de Régis Ladous, 1998, 640 p.

11. Michelle Fournié, Le Ciel peut-il attendre ? Le culte du Purgatoire dans le Midi de la France (v. 1320-v. 1520), préface de André Vauchez, 1997, 600 p.

10. Thierry Blot, Reconstruire l'Église après la Révolution. Le diocèse de Bayeux, Préface de Maurice Quenet, 1997, 480 p.

9. Jacques-Olivier Boudon, L'épiscopat français à l'époque concordataire, 1996, 608 p.

8. L'enseignement catholique en France aux XIXe et XXe siècles, sous la direction de Gérard Cholvy et de Nadine-Josette Chaline, 1995, 296 p.

7. Pierre Blet, Le clergé du Grand Siècle en ses assemblées 1615-1715, 1995, 530 p.

6. Daniel Moulinet, Les classiques païens dans les collèges catholiques ? Le combat de Mgr Gaume (1802-1879), Préface de Jean-Marie Mayeur, 1995, 486 p.

5. Jacqueline Roux, Sous l'étendard de Jeanne. Les fédérations diocésaines de jeunes filles 1904-1945, Préface de Gérard Cholvy, 1995, 320 p.

4. Chrétiens dans la Première guerre mondiale, Préface de Michel Mollat du Jourdin, 1993, 208 p.

3. Marie-Ange Duvignac-Glessgen, L'ordre de la Visitation à Paris aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1994, 352 p.

2. Pierre Riché, La christianisation des pays entre Loire et Rhin (IVe-VIIe siècle), 1993, 272 p.

1. Marc Venard, Réforme protestante, Réforme catholique dans la province d'Avignon –XVIe siècle, Préface d'Alphonse Dupront, 1993, 1282 p.

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Résumés

1. Marc Venard, Réforme protestante, Réforme catholique dans la province d'Avignon –XVIe siècle, Préface d'Alphonse Dupront, 1993, 1282 p.

On répète depuis longtemps qu'Avignon, en terre papale, a été la porte d'entrée en France de la Réforme catholique. Sans doute, mais ce ne fut pas tout simple. Et cela ne doit pas faire oublier qu'il s'en était fallu de peu qu'Avignon ne fût plutôt un foyer de protestantisme. En réalité, la province ecclésiastique d'Avignon, véritable mosaïque politique et culturelle, a vécu avec passion l'histoire mouvementée du XVIe siècle. La cité papale ne représente pas toute cette province : celle-ci est constituée aussi par toutes les villes moyennes et petites qui entourent Avignon, et même par de simples villages, qui, du fait de leurs positions originales et contrastées, méritent l'attention. Grâce à une documentation prodigieusement riche, il a été possible, à travers l'histoire religieuse d'une province, de dégager des perspectives qui valent largement pour l'ensemble de la France, voire de la chrétienté.

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2. Pierre Riché, La christianisation des pays entre Loire et Rhin (IVe-VIIe siècle), 1993, 272 p.

La christianisation des pays entre Loire et Rhin du IVe au VIIe siècle est un grand sujet dont historiens, philologues, archéologues français et étrangers il y a quelques années lors d'un colloque organisé à l'université Paris X-Nanterre. Comment ces régions éloignées de la Méditerranée ont-elle reçu la religion chrétienne, comment les jeunes communautés de clercs et de laïques ont-elles supporté le choc des Grandes Invasions, enfin comment rois barbares, aristocratie, évêques et moines ont œuvré pour établir les bases de ce qui deviendra la chrétienté médiévale, toutes ces questions demandaient des réponses précises. Elles furent données grâce aux restes archéologiques surtout funéraires mais aussi aux textes écrits en particulier les Vies des saints dont on retrouve tout l'intérêt. D'autre part l'onomastique étude des noms de personnes et de lieux apporte sa contribution à la recherche. Le succès remporté par ce colloque a fait que les Actes sont maintenant introuvables et qu'une réédition était souhaitable. Nous la donnons avec des compléments bibliographiques car les travaux se multiplient surtout pour ces lointaines périodes qui de plus en plus retiennent l'attention des historiens.

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3. Marie-Ange Duvignac-Glessgen, L'ordre de la Visitation à Paris aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1994, 352 p.

La Visitation, ordre féminin issu de la Contre-Réforme, connut un succès considérable au XVIIe siècle et se répandit rapidement dans tout le royaume de France. Paris, ardent foyer spirituel, vit naître trois communautés visitandines, installées rue Saint-Antoine, rue du Faubourg-Saint-Jacques et rue du Bas. Un tel engouement pour la Visitation fut suscité à la fois par la personnalité exceptionnelle de ses fondateurs, saint François de Sales et sainte Jeanne-Françoise de Chantal, et par les idéaux de douceur et de simplicité attachés à la spiritualité visitandine.

Pour la première fois, les trois monastères parisiens font l'objet d'une étude de synthèse. Depuis leur établissement dans la capitale jusqu'à leur disparition dans la tourmente révolutionnaire, l'auteur reconstitue la vie de ces communautés consacrées à Dieu, le parcours spirituel des religieuses, leurs activités quotidiennes, leurs relations étroites avec la société laïque parisienne qui fréquenta assidûment leurs églises, leurs parloirs et leurs pensionnats.

L'analyse minutieuse de près de trois cents contrats d'entrée en religion, des notices nécrologiques des visitandines parisiennes, des annales des monastères ainsi que de nombreux livres de comptes, a permis à l'auteur de dessiner l'évolution des effectifs des trois communautés aux XVIIe et XVIIIe siècles, de définir précisément les origines sociale et géographique des religieuses et de décrire par le menu la situation matérielle et les choix économiques des monastères. Les résultats obtenus vont à l'encontre de bien des préjugés sur la Visitation et plus largement sur les ordres féminins cloîtrés en France.

En étudiant les fondations de nouvelles maisons par les visitandines parisiennes, leurs interventions réformistes dans d'autres monastères féminins comme Port-Royal de Paris, ou leur rôle décisif dans la diffusion de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, l'ouvrage dévoile la contribution méconnue mais si importante des visitandines parisiennes à l'histoire religieuse de leur temps.

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4. Chrétiens dans la Première guerre mondiale, Préface de Michel Mollat du Jourdin, 1993, 208 p.

La guerre qui éclate pendant l'été de 1914 va bouleverser toutes les habitudes, dans tous les pays. Celles des chrétiens aussi.

Au front comme à « l'arrière », on se tourne vers Dieu. Dans les tranchées, les soldats manifestent leur foi de multiples façons comme nous le montre Annette Becker. Loin des combats, garçons et petites filles prient pour ceux qui luttent. Depuis l'Amérique, la petite Anaïs Nin prie pour la France, incarnant, nous dit Stéphane Audoin-Rouzeau, ces enfants catholiques qui assument par la prière leur part de l'effort de guerre. Un catholique pratiquant, Denys Cochin, entre au gouvernement, contribuant à effacer, comme l'écrit Brigitte Waché, l'image d'une France anticléricale. Si, en ces temps de grande tension, certains remettent en cause leur foi, d'autres au contraire la découvrent comme Henri Ghéon, cet ami d'André Gide dont Frédéric Gugelot a retracé les étapes de la conversion.

Le clergé participe aussi à la guerre. Nadine-Josette Chaline et Laurinda Stryker montrent comment les aumôniers militaires ont incarné auprès des soldats français et britanniques la permanence du christianisme dans un monde où tout s'écroule. la guerre est aussi l'occasion de côtoyer ceux qui appartiennent à une autre confession. Michel Lagrée a ainsi saisi, à travers la presse catholique, la découverte du monde protestant catholiques, inquiète le pape dont les initiatives, et particulièrement sa note d'août 1917 étudiée par Jean-marie Mayeur, sont loin de faire l'unanimité.

Une fois la guerre gagnée, les survivants veulent maintenir le souvenir de leurs camarades morts. Beaucoup d'églises sont alors dotées de vitraux commémoratifs. Jean-Pierre Blin nous les fait découvrir en étudiant les églises reconstruites dans le Nord et dans l'Est de la France.

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5. Jacqueline Roux, Sous l'étendard de Jeanne. Les fédérations diocésaines de jeunes filles 1904-1945, Préface de Gérard Cholvy, 1995, 320 p.

En 1904 naissait à Pamiers une Fédération diocésaine de jeunes filles, organe de liaison entre groupes paroissiaux. Les prêtres ariégeois fondateurs suscitèrent à Lourdes les premiers rassemblements de groupements analogues surgis en diverses régions. Ces fédérations établissaient des relations régulières entre les groupes paroissiaux qui entretenaient chez les adolescentes et les jeunes adultes une vie de piété par la communion mensuelle, le goût de l'étude grâce à des cercles, et qui les incitaient à l'action apostolique et charitable. Piété, étude, action, était la devise de l'Association catholique de la jeunesse française, l'ACJF, masculine ; on retrouve cette devise dans les statuts des fédérations de jeunes filles. Des rassemblements cantonaux et diocésains donnaient aux jeunes congressistes le sentiment de leur nombre et de leur force aux temps difficiles de la séparation de l'Église et de l'État. la première guerre mondiale porta un coup d'arrêt au mouvement.

La paix revenue, plusieurs fédérations se reconstituèrent et beaucoup d'autres furent créées, malgré les réticences de la Ligue patriotique des Françaises, qui souhaitait conserver à ses membres la direction des groupes de jeunes filles. Plus de soixante diocèses furent concernés. La plupart de leurs fédérations de jeunes filles adoptèrent comme patronne principale ou secondaire sainte Jeanne d'Arc, canonisée en 1920.
Mgr Cholet, archevêque de Cambrai, favorisa l'établissement d'un secrétariat national animé à Paris par Anne Leflaive et le chanoine Carnus, fondateur avec Gabrielle Bonnefous de la fédération de Rodez, se rallia aux conceptions de ce secrétariat, bien qu'il eût commencé à constituer, sur d'autres bases, une Fédération nationale de jeunesse féminine, à l'image de la Jeunesse féminine catholique italienne (GFCI).

Entre 1935 et 1940, la plupart des directeurs diocésains des œuvres souhaitaient la multiplication des sections de mouvements d'Action catholique spécialisés, dont l'existence allait compromettre la survie des groupes paroissiaux indifférenciés, nombreux dans les fédérations les plus vivantes. Le secrétariat national dut se dissoudre en 1945, en même temps qu'achevaient de disparaître les fédérations qui avaient eu, entre autres mérites, celui de fournir aux mouvements spécialisés, à la JACF et à la JICF surtout, de nombreuses adhérentes.

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6. Daniel Moulinet, Les classiques païens dans les collèges catholiques ? Le combat de Mgr Gaume (1802-1879), Préface de Jean-Marie Mayeur, 1995, 486 p.

Au lendemain de la loi Falloux qui ouvre à l'Église les portes de l'enseignement secondaire, en 1850, la question se pose : peut-on conserver comme manuels d'études littéraires les classiques de l'Antiquité païenne qui ont été à la base de l'enseignement dans les établissements dépendant de l'Université.

Un homme se dresse pour exiger une réforme radicale, qui accorderait aux Pères de l'Église la prééminence dans les programmes : c'est l'abbé Jean Joseph Gaume (1802-1879), ancien supérieur de petit séminaire et vicaire général, qui règne aussi sur une maison d'édition religieuse nettement ultramontaine.

Il ne s'agit pas là d'un combat marginal, mené par un homme solitaire. S'il éveille des échos et suscite des oppositions, au sein de l'opinion et de la hiérarchie catholique, jusqu'au point de diviser publiquement l'épiscopat et de causer indirectement la publication d'une encyclique pontificale, s'il suscite des émules à l'étranger, au Canada, en Italie et en Espagne notamment, c'est qu'il pose la question de l'articulation de l'Église et du pouvoir politique sur le terrain, si sensible, de l'école.
Joseph Gaume se fait, dans ce domaine, le chantre de l'intransigeance catholique qui voit dans les régimes issus de la Révolution le renversement de l'ordre voulu par Dieu et qui voudrait pouvoir retourner à son profit l'arme de l'école paraît constituer à ses yeux. L'éducation fondée sur les classiques païens a fait une jeunesse admiratrice de la République romaine ; celle qui le serait sur la littérature chrétienne devrait être capable de la faire revenir dans le giron de l'Église et restituer à celle-ci son rôle maternel à l'égard des « nations catholiques ».

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7. Pierre Blet, Le clergé du Grand Siècle en ses assemblées 1615-1715, 1995, 530 p.

Les assemblées du clergé, instituées au colloque de Poissy (1562) et dont l'histoire s'achève en 1788, sont une institution propre à l'Église de France. Leur étude a été négligée par les historiens qui se limitent ordinairement à mentionner l'assemblée de 1682 avec ses « quatre articles ». les réunions quinquennales des quelques trente ou soixante députés des provinces ecclésiastiques du royaume (petites ou grandes assemblées) ont pourtant joué un rôle important dans la France des XVIe-XVIIIe siècle. Chargées de décider de la contribution de l'Église de France aux finances de l'État, elles deviennent vite de petits conciles nationaux. Face au roi, elles défendent l'immunité fiscale du clergé. Mais elles recourent à lui et à son autorité souveraine pour maintenir contre ses magistrats le droit exclusif de l'Église en matière de doctrine et de discipline et pour réclamer la réduction, voire l'abolition des avantages accordés aux protestants par l'édit de Nantes. D'autre part , elles proclament hautement l'autorité du pape, chef de l'Église et vicaire de Jésus-Christ. Mais elles entendent réserver aux évêques la première instance des causes de foi et du jugement des évêques. Les quatre articles de 1682 étaient en gestation dans ces assemblées depuis le début du XVIIe siècle, et le mouvement janséniste profita largement de la résistance plus ou moins latente qu'elles opposèrent à l'exercice de la juridiction universelle et immédiate du pontife romain.

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8. L'enseignement catholique en France aux XIXe et XXe siècles, sous la direction de Gérard Cholvy et de Nadine-Josette Chaline, 1995, 296 p.

Connaît-on bien l'origine, l'histoire, les facettes de l'enseignement catholique en France ? Sait-on combien la liberté de l'enseignement fut un combat mené depuis que Napoléon voulut établir un monopole de l'université dépendant de l'État ? L'Église, principale victime d'un cours nouveau des choses, au demeurant bien esquissé depuis la suppression des Jésuites au XVIIIe siècle, a-t-elle prétendu détenir un pouvoir, comme les intransigeants le souhaitent, ou affirmer une présence comme les libéraux y prétendent, au premier rang desquels figure le célèbre vicomte Alfred de Falloux ? Clivage essentiel des opinions politiques au XIXe siècle et durant les premières décennies du XXe siècle, la question scolaire mobilise les énergies. L'émulation a rendu inventifs des clercs avisés qui innovent dans l'enseignement professionnel, dans l'enseignement agricole, cependant que le gros des bataillons défend le terrain pied à pied en terme de concurrence plus souvent que de complémentarité. La facultés catholiques, tardivement constituées, sont-elles parvenues à relever les défis intellectuels que la culture scientifique et le mouvement philosophique dressent devant elles à l'époque du positivisme ? L'enseignement catholique qui vécut longtemps dans la ferveur et dans la pénurie n'a jamais fait l'unanimité parmi les catholiques. Dans les années 1960-1970, l'institution est même fortement contestée. Elle l'est moins aujourd'hui où des formes de complémentarité et de collaboration ont été esquissées. A l'heure où l'érosion de la mémoire religieuse dans la générations montantes inquiète bien au-delà des frontières confessionnelles, ce réseau d'enseignement offre-t-il de meilleures possibilités de culture ? Ce livre, sans prétendre répondre à toutes ces questions de manière exhaustive, constitue une étape importante pour notre connaissance de l'éducation et de la société française. L'histoire et l'enjeu de l'enseignement libre sont, de ce point de vue, aussi révélateurs que névralgiques.

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9. Jacques-Olivier Boudon, L'épiscopat français à l'époque concordataire, 1996, 608 p.

Comment devenait-on évêque au XIXe siècle ? C'est à cette question que répond ce livre, réponse donnée à travers une démarche originale : l'étude systématique des origines sociales, de la formation et de la carrière suivie par les cinq cent quinze (515) prêtres devenus évêques au cours du XIXe siècle.

Fils d'artisans ou de bourgeois, ils ont pour la plupart effectué leurs études dans les séminaires diocésains, mais ils ont peu fréquenté les facultés. De là vient leur réputation, confirmée par leur production bibliographique, d'avoir été de piètres théologiens.

Mais si un cursus type se dégage de cette étude, il apparaît néanmoins que ce cursus n'était pas suffisant pour s'assurer un diocèse. En effet, sous le régime du Concordat, al nomination des évêques revenait au chef de l'État bien que le Saint-Siège ait conservé un droit de regard sur ces nominations. Comment, dans ces conditions, étaient sélectionnés les candidats ? Quel était le poids des recommandations des uns et des autres ? À travers les dossiers des archives vaticanes, on peut suivre les jeux complexes de relations où s'entrecroisent les intérêts des réseaux politiques aussi bien qu'ecclésiastiques.

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10. Thierry Blot, Reconstruire l'Église après la Révolution. Le diocèse de Bayeux, Préface de Maurice Quenet, 1997, 480 p.

Au lendemain de la Révolution, Monseigneur Brault, évêque de Bayeux, se voit confié par le Souverain Pontife et par le gouvernement français une mission difficile : celle de mettre en place le Concordat de 1801 – signé entre Bonaparte et Pie VII – qui doit rendre à l'Église catholique les moyens de sa mission évangélique dans une société marquée par le rationalisme des Lumières.

Mission difficile en effet ; car le diocèse du Calvados comme le reste de la France viennent de vivre plusieurs années d'un tumulte tant religieux que politique. De nombreux prêtres restent attachés à l'Église constitutionnelle à laquelle ils ont prêté serment, tandis que d'autres, regroupés au sein de la Petite Eglise, refusent ouvertement le Concordat.

Au terme de luttes sans merci, Monseigneur Brault parviendra à imposer aux uns et aux autres le nouveau régime des cultes. Grâce à la ténacité et à l'habileté de cette forte personnalité, l'Église parviendra même à retrouver, dans le diocèse de Bayeux, une position dominantes sous la Restauration.

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11. Michelle Fournié, Le Ciel peut-il attendre ? Le culte du Purgatoire dans le Midi de la France (v. 1320-v. 1520), préface de André Vauchez, 1997, 600 p.

À la fin du Moyen Âge, une nouvelle dévotion paroissiale apparaît dans le Midi de la France et connaît un succès extraordinaire : le culte des âmes du Purgatoire. Bassins, autel set chapelles du Purgatoire s'implantent dans toutes les paroisses méridionales. La création d'un calendrier spécifique, les sermons des prédicateurs et la profusion d'images accréditent l'idée du Purgatoire, ce troisième lieu. Les fidèles, encouragés par les prêtres du Purgatoire, les évêques et les représentants de la communauté civile, participent activement aux collectes. Ainsi, par un circuit d'échanges matériels et spirituels à l'intérieur de la paroisse, s'exprime la solidarité entre le monde des morts et celui des vivants. Mais d'où vient une telle dévotion ?

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12. Hervé Laffay, Dom Augustin de Lestrange et l'avenir du monachisme (1754-1827), avant-propos de Régis Ladous, 1998, 640 p.

On a cru que la Révolution avait détruit définitivement abbayes et couvents. Nourri de la tradition de Cîteaux, formé à l'école de l'abbé de Rancé, dom Augustin de Lestrange a pourtant assuré la transition entre l'Ancien Régime et l'époque concordataire. Le renouveau monastique du XIXe siècle s'enracine dans l'œuvre qu'il entreprend avec une poignée de moines dès son départ de l'abbaye de la Trappe, en 1791. Entre 1791 et 1827, par centaines des hommes et des femmes tentent l'aventure cistercienne sous sa houlette vigoureuse. Fondations éphémères, exodes multiples rythment leur marche du Dniepr au Mississipi, des Antilles à la Baltique. Leur odyssée se déroule dans le décor canonnant de la République et de l'Empire et dans les illusions de la Restauration. A la mort de dom Augustin, en 1827, près de mille religieux et religieuses témoignent de l'ampleur d'un mouvement qui inspira de nombreuses congrégations modernes. Dom Augustin de Lestrange a maintenu en France la tradition vivante du monachisme.

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13. Georges Provost, La fête et le sacré. Pardons et pèlerinages en Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1998, 540 p.

Depuis leur découverte, voici deux siècles, par les voyageurs et les amateurs de folklore, les pardons de Bretagne ont été décrits avec surabondance. On en a retenu le plus souvent l'idée simpliste de fêtes immémoriales, tout droit sorties des brumes celtiques et miraculeusement conservées dans le vase clos d'une province épargnée par les vents de l'histoire.

Soucieux de rompre avec cette mythologie, Georges Provost entend restituer aux pardons toute leur complexité et leur épaisseur historique en les observant à une période charnière de leur histoire : les XVIIe et XVIIIe siècles, marqués par l'empreinte de la Réforme catholique. Confrontés à une mutation sans précédent des modèles religieux et des comportements sociaux, ils ont révélé leur nature profonde : une union intime de la fête et du sacré. Le sacré, c'est-à-dire la demande de recours face aux maux du corps (le miracle) et de l'âme (indulgences et sacrements). La fête, car le pardon est aussi un rassemblement communautaire où un groupe humain affirme son identité propre par d'alertes réjouissances.

Au confluent d'une histoire des pratiques religieuses et d'une histoire de la fête, cette enquête éclaire la question des rapports entre religion et société et analyse les fondements historiques d'une identité régionale qui compte parmi les plus vivantes de la France d'aujourd'hui.

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14. Anne Bonzon, L'esprit de clocher. Prêtres et paroisses dans le diocèse de Beauvais (1535-1650), Préface de Marc Venard, 1999, 528 p.

Ce livre analyse les transformations de la vie religieuse au « temps des Réformes », époque à la fois troublée et riche en innovations. Embrasser d'un même regard les XVIe et XVIIe siècles permet d'apercevoir, derrière les premières réalisations tangibles de la réforme catholique, une longue et difficile genèse, faite de tâtonnements et parfois d'échecs ou d'impasses.

Le diocèse de Beauvais offre pour cela un terrain riche et original : situé au cœur du royaume, à la fois provincial et proche de Paris, cet « entre-deux  » géographique demeurait jusqu'ici mal connu au plan religieux.

Grâce à une documentation largement inédite qui émane de la hiérarchie et des paroisses elles-mêmes, l'auteur scrute la vie et les attentes du peuple chrétien, tendues entre le prescrit et le vécu, les initiatives réformatrices et leur écho inégal. Au-delà des textes normatifs, les pratiques sont ainsi constamment interrogées.

Il en ressort un tableau contrasté de ce diocèse, peu tenté par le protestantisme et longtemps hostile aux tentatives de réforme épiscopale. Ce n'est qu'après les bouleversements de la fin du XVIe siècle et une longue période de désorganisation et d'absentéisme des évêques que les fidèles finissent par accueillir avec docilité une réforme spectaculaire quoique tardive. Celle-ci, toutefois, ne s'effectue pas sans résistances dès lors que les exigences de la hiérarchie ne rencontrent pas les aspirations de tous.

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15. Brigitte Beaujard, Le culte des saints en gaule. Les premiers temps. D'Hilaire de Poitiers à la fin du VIe siècle, Préface de André Vauchez, 2000, 622 p.

À la différence du reste de l'Occident, la Gaule compta peu de martyrs hormis ceux de Lyon. Le culte des saints y apparut tardivement – durant les deux dernières décennies du IVe siècle – et ne toucha d'abord que des milieux restreints d'évêques et d'ascètes qui étaient en relation avec l'Italie et l'Orient.

Puis, dans la seconde moitié du Ve siècle, son audience s'élargit : avec le reflux de la puissance romaine, les évêques de Tours et des cités rhodaniennes trouvèrent dans le culte des saints un remède aux difficultés du temps. Cette dévotion revêtait une dimension à la fois individuelle et collective. Fidèles et cités recherchaient dans l'amitié d'un saint une aide spirituelle ou concrète. Ils s'adressaient de préférence à des saints gaulois parmi lesquels Martin, qui jouissait d'un prestige inégalé. En effet, la qualité de martyr importait moins que la proximité et l'efficacité des saints. Les tombes où ils reposaient, aux portes des villes puis des basiliques dans lesquelles ces tombes furent enchâssées établissaient un saint rempart autour de la ville. Considérés comme des sauveurs de leur cité, voire comme les fondateurs de leur Eglise, ils devinrent des figures emblématiques dont on célébrait la mort, les translations, voire certains miracles. Peu à peu, ils dominèrent l'espace et l'histoire de la cité.

Bien que le mouvement ne cessa de s'amplifier, il n'avait pas encore atteint toute la Gaule à la fin du VIe siècle ; les montagnes et les régions situées à l'ouest d'une ligne Nantes-Cologne lui échappaient encore.

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16. Isabelle Brian, Messieurs de Sainte-Geneviève. Religieux et curés, de la Contre-Réforme à la Révolution, préface de Dominique Julia, 2001, 554 p.

« Génovéfains : on ne sait pas ce que c'est. » Telle est la définition donnée par Flaubert dans son Dictionnaire des idées reçues. Depuis le siècle dernier, aucune étude d'ensemble n'a été consacrée à ces religieux qui semblent défier toute définition. Pourtant, les figures génovéfaines passée à la postérité sont si diverses qu'il était nécessaire de s'efforcer de dégager les traits d'une identité collective.
L'ouvrage d'Isabelle Brian vient combler cette lacune.

« Je laisse au lecteur le soin de découvrir toutes les richesses du livre d'Isabelle Brian. Il montre, à partir du cas de la congrégation des chanoines réguliers de France, comment l'exaspération du combat entre jansénistes et antijansénistes au XVIIe siècle a épuisé les corps religieux nés de la Réforme catholique au siècle précédent, selon des formes, il est vrai, très diverses. Au moment où beaucoup des congrégations nées au XVIIe siècle sont confrontées – pour de tout autres raisons – à de nombreuses difficultés, cette histoire mérite d'être méditée  » (Dominique Julia).

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17. Xavier Boniface, L'aumônerie militaire française (1914-1962), avant-propos de Mgr Jean Badré, préface de Yves-Marie Hilaire, 2001, 600 p.

Comment, avec la séparation des Églises et de l'État, l'aumônerie militaire, qui est une instance religieuse, a-t-elle sa place dans l'armée, une institution publique ? Comment aussi, en s'exprimant au nom d'Églises prêchant un esprit de paix, l'aumônerie peut-elle être présente auprès des soldats qui préparent la guerre ou qui combattent ?

Les prêtres, les pasteurs et les rabbins ont éprouvé, dans leur service quotidien au sein de l'armée, l'importance de ces questions. Le demi-siècle étudié, de 1914 à 1962, marqué par de nombreux conflits, en a souligné l'aspect dramatique.
Cet ouvrage retrace l'histoire de l'aumônerie militaire, celle de son édification institutionnelle, de son intégration progressive dans les structures de l'armée, de ses mission pastorales, mais aussi celle de ses enjeux politiques, éthiques ou théologiques.

L'aumônier assure un accompagnement religieux des soldats, à la caserne et sur le champ de bataille. Or sa présence cautionne indirectement la mission des militaires et justifie la guerre. Mais elle permet aussi le rappel de certaines règles morales. Ainsi, par sa place originale, l'aumônerie militaire est à la croisée des Églises et de l'État, de la guerre et de la paix.

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18. Jacques-Olivier Boudon, Paris, capitale religieuse sous le Second Empire, 2001, 560 p.

Paris, ville des révolutions, est traditionnellement présentée comme un des premiers foyers de « déchristianisation » dans la France du XIXe siècle. Mais Paris fut aussi un laboratoire en vue d'une régénération religieuse de la France. Concentrant un clergé varié, issu de toutes les provinces, ainsi qu'un nombre grandissant de congrégations religieuses, Paris, centre industriel en plain essor, est aussi le lieu d'où partent la plupart des initiatives en matière sociale.

Son pouvoir de commandement s'affirme donc avec force dans la deuxième moitié du XIXe siècle, au moment où les autorités politiques et religieuses prennent conscience du fossé qui se creuse entre la population et l'Église. En plein accord avec les archevêques parisiens, Napoléon III lance, en effet, un véritable plan d' « haussmannisation » religieuse de la capitale qui passe par une réforme des paroisses et un réaménagement des édifices cultuels dont la restauration de Notre-Dame reste le symbole. Ce projet vise à doter Paris de tous les atouts qui doivent en faire la capitale religieuse de la France. Le régime napoléonien entend s'enraciner grâce au soutien d'une Eglise, sans cesse sollicitée dans la mise en scène du pouvoir impérial. Paris s'offre aussi en modèle d'une Eglise ouverte au monde, refusant l'intransigeance romaine. La capitale cherche à prendre la tête de l'Église de France face à la Rome du Syllabus. Le concile du Vatican marque l'échec de cette tentative, mais Paris conserve une autorité qui lui donne, jusqu'à aujourd'hui, une place à part dans l'Église de France.

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19. Agnès Walch, La spiritualité conjugale dans la catholicisme français (XVIe-XXe siècle), 2002, 543 p.

Lors de la Réforme catholique, le mariage fait l'objet d'un intérêt renouvelé de la part du clergé qui découvre, en amont de la famille, l'existence spécifique du couple dans ses dimensions humaines et religieuses. Ainsi s'ébauche ce qui allait devenir, au prix de maintes péripéties, le concept de « spiritualité conjugale » invitant les époux chrétiens à vivre leur relation à la lumière de la foi.

Dans cet ouvrage, Agnès Walch a voulu retrouver sur la longue durée le fil conducteur de cet avènement et montre comment ont évolué les représentations concernant la vie conjugale, particulièrement la place et la signification de la sexualité des époux. Elle suit le cours d'un laborieux mais fécond dialogue entre l'institution gardienne des dogmes et les fidèles aspirant à concilier leur adhésion à la doctrine avec leur insertion dans une société en voie de sécularisation. Cette histoire s'achève sur les développements actuels par une enquête sur le mouvement des Équipes Notre-Dame.

Au fil des pages, on pourra découvrir comment l'échange dialectique qui s'est instauré entre clercs et laïcs a permis de dévoiler, dans le catholicisme français, des valeurs nouvelles à la confluence de la tradition ecclésiale et de la modernité laïque.

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20. Le diocèse. Espaces, représentations, pouvoirs. France, XVe-XXe siècle, sous la direction de Gérald Chaix, 2002, 450 p.

En 1997, le diocèse de Blois commémorait le tricentenaire de sa fondation. Un colloque international était organisé sur l’analyse de la réalité diocésaine, en se tenant, pour des raisons de méthode, à l’espace français d’une part et à la période moderne et contemporaine d’autre part. Le sous-titre explicite les trois axes principaux de la recherche : la notion d’espace comme « système de relations » ; celle de représentation (conception, image, discours sur le diocèse) ; enfin celle de réalité du diocèse : un groupe social ayant ses propres règles, une Église hiérarchiquement établie, une réalité symbolique fondée sur la circulation et le partage, dans un cadre territorial, des biens de salut. Ces actes sont dédiés à la mémoire de Michel Lagrée.

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21. Christian Sorrel, Libéralisme et modernismes : Mgr Lacroix (1855-1922. Enquête sur un suspect, 2003, 544 p.

La biographie de Mgr Lacroix (1855-1922), fondateur de la Revue du clergé français (1894), évêque de Tarentaise (1901) puis, après sa démission retentissante, professeur d'histoire à l'École pratique des hautes études (1908), met en lumière une personnalité controversée de l'histoire politique et religieuse de la France contemporaine et s'efforce de comprendre un parcours atypique qui conduit aux portes de la révolte contre la papauté un clerc préoccupé d'insérer le catholicisme dans la société moderne et tour à tour acteur, porte-drapeau et symbole : le ralliement des catholiques à la République, la mise en œuvre de la loi de Séparation des Églises et de l'État, les enjeux intellectuels et religieux du modernisme constituent les principaux jalons d'un itinéraire discuté, souvent tumultueux et volontiers provocateur.

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22. Philippe Martin, Une religion des livres (1640-1850), 2003, 626 p.

Ouvrages de petit format en langue vulgaire expressément destinés aux laïcs, les livres de piété ont tenu une place fondamentale dans la religion. Grâce à l'analyse de 2230 éditions différentes, Philippe Martin nous fait découvrir cette réalité trop longtemps ignorée. Couvrant une vaste période s'étendant des années 1640 aux années 1850, ce livre s'intéresse d'abord aux conditions matérielles de la production, la littérature de piété ayant été un des secteurs les plus dynamiques de l'édition française durant l'Ancien Régime. L'auteur nous introduit ensuite au cœur même de ces ouvrages qui révèlent ce que les fidèles auraient dû penser et pratiquer, vision d'une religion faisant une place essentielle à l'intériorisation et à la responsabilité individuelle. Il nous fait découvrir de véritables programmes de vie chrétienne, montrant comment le catholique doit prier, se comporter en public, agir dans son travail. Afin de connaître la manière dont les fidèles ont perçu ce message, il envisage enfin les modalités d'appropriation de ces textes, seul moyen de retrouver le geste de l'individu, qu'il soit Grand du royaume ou simple lavandière.

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23. Marcel Bernos, Femmes et gens d’Église dans la France classique, XVIIe-XVIIIe siècle, Préface de Jean Delumeau, 2003, 416 p.

Le présent ouvrage montre que l'Église, dans la France classique, se comporte de manière plutôt moins misogyne que les autres témoins de la société civile (magistrats, médecins, philosophes). Elle défend souvent la femme dans ses revendications à une éducation spécifique, elle dénonce les vocations forcées des jeunes filles de grandes familles poussées au couvent, elle revendique pour la femme une place essentielle dans la vie de famille et l'éducation des enfants, elle définit au bénéfice de la femme le droit du mariage, elle offre aux femmes – au sein des paroisses, confréries, congrégations, abbayes – une promotion sociale et intellectuelle exceptionnelle. Cet essai montre le danger de l'anachronisme du jugement contemporain qui analyse une époque culturelle spécifique avec le regard et les critères d'aujourd'hui en ce qui concerne l'égalité des sexes.

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24. Catherine Vincent, Fiat Lux. Lumière et luminaires dans la vie religieuse en Occident du XIIIe au début du XVIe siècle, 2004, 702 p.

« Je suis la lumière du monde » proclame le Christ dans l'Évangile selon saint Jean. Entre cette affirmation, longuement commentée par les théologiens et les mystiques, et les humbles gestes accomplis par les clercs et les pèlerins existe une relation fondamentale qui n'avait jamais retenu l'attention des historiens. Catherine Vincent l'étudie en s'appuyant sur les témoignages de la vie religieuse à la fin du Moyen Âge. Récusé par la Réforme, l'usage des signes et des symboles lumineux (torches, bougies, cierges, lustres, vitraux...) joue un rôle important dans la pratique catholique (processions, liturgie, sacrements, cultes des saints) et révèle une passionnante anthropologie religieuse.

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25. Louis-Pierre Sardella, Mgr Eudoxe Irénée Mignot (1842-1918). Un évêque français au temps du modernisme, 2004, 752 p.

Mgr Eudoxe Irénée Mignot (1842-1918), évêque de Fréjus (1890) puis archevêque d'Albi (1899) a été, du fait de son ouverture d'esprit et de sa compétence dans le domaine biblique, l'un des évêques français de son temps le plus impliqué dans la crise moderniste. Son amitié indéfectible pour l'abbé Alfred Loisy et le soutien sans faille qu'il a apporté à l'exégète suspect puis condamné et finalement excommunié ont été une source d'incompréhension pour la plus grande partie de l'opinion catholique de son temps, y compris ses collègues évêques et le magistère romain. En sorte que la défense de son orthodoxie a été l'objet d'un véritable enjeu de mémoire jusque dans les années Trente du XXe siècle. Face aux principales questions en débat dans l'Église catholique durant le quart de siècle qui a précédé la première guerre mondiale : nature de la révélation, caractères de la connaissance de foi qui y répond, valeurs des formules dogmatiques qui l'énoncent, rôle et méthodes de l'apologétique qui en établit le bien fondé, Mgr Mignot était persuadé que l'Église n'avait rien à craindre de la prise en compte des résultats de la méthode historico-critique appliquée à la lecture de la Bible et de la mise en œuvre d'une apologétique qui ferait davantage droit aux exigences de la conscience moderne ainsi qu'à l'idée de développement de la doctrine qu'il avait faite sienne à la suite de sa lecture de John Newman. Il considérait donc qu'il fallait laisser aux chercheurs une pleine liberté et que la théologie ne devait plus avoir pour objectif l'exposition d'un corps de doctrine sensé être intangible, mais celui de proposer une meilleure intelligence de la foi chrétienne en tenant compte des exigences de la pensée contemporaine.

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26. Vladimir Angelo, Les curés de Paris au XVIe siècle, 2005, 906 p.

Dans une ville telle que Paris au XVIe siècle, forte de la présence d’évêques, de nombreux religieux, de théologiens célèbres, d’actifs prédicateurs, les curés ont été les agents de la Réforme catholique nouant théologie et pastorale, pratique religieuse quotidienne et orientation politique. Les liens avec les paroissiens se sont établis à partir d’un pouvoir d’ordre juridique qui se fondait dans des relations de nature sacramentelle, dans la ligne du modèle théologico-juridique de l’Église qui s’est progressivement mis en place à partir du XIIIe siècle.
L’objet de cette étude est de chercher à connaître les curés de Paris, durant le siècle des Réformes, à comprendre comment ces agents du renouveau pastoral que les évêques de Paris ont voulu promouvoir, ont accompli leur tâche et se sont insérés dans la vie de la cité. Trois parties, suivies d’une annexe prosopographique, structurent l’ouvrage. La première établit les cadres de l’activité des curés : la ville et ses 39 paroisses, l’encadrement diocésain et les relations conflictuelles avec les chapitres, les ordonnances synodales. La deuxième est consacrée à l’étude de l’origine des 389 curés retrouvés : origine sociale et géographique, modes d’accession aux cures et rapport entre carrière et vocation, formation religieuse et intellectuelle. La troisième tente d’appréhender le rôle des curés dans les paroisses, la façon dont ils se sont acquittés de leur tâche pastorale, les enjeux de pouvoir et les rapports avec le clergé paroissial et les marguilliers, leur place dans la cité, enfin leurs revenus et conditions de vie.
Tous gradués, relativement stables dans les paroisses, les curés ont été actifs dans la lutte contre les protestants et la défense du catholicisme mais n’ont pas été à l’initiative des luttes politiques. Agents d’un contrôle pressant des auxiliaires paroissiaux, vicaires et prêtres habitués, ils ont ainsi relayé la volonté des évêques de discipliner le personnel paroissial. Ils ont accompli leurs fonctions pastorales avec un grand sens du devoir, sans se dégager d’une conception ritualiste de la religion, et avec la volonté d’accroître leur autorité dans la paroisse. Les curés de Paris se situent bien dans la ligne des deux caractéristiques majeures de la Réforme catholique : un clergé défini par sa fonction au service des fidèles, des curés chargés d’administrer les sacrements et de veiller à l’instruction du peuple.

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27. Laurent Ducerf, François de Menthon. Un catholique au service de la République (1900-1984), 2006, 512 p.

François de Menthon est une figure à demi oubliée du XXe siècle. Et pourtant, on ne peut évoquer la naissance de la JOC, le mouvement Liberté qui diffuse clandestinement, un journal de la résistance du même nom, l'épuration, la création du MRP, le procès de Nuremberg ou les débuts de l'Europe sans rappeler son rôle. Cette biographie attendue de Laurent Ducerf est tirée d'une thèse d'histoire soutenue en 2000 à l'université Jean Moulin - Lyon III.
L'ouvrage suit le parcours de François de Menthon tout au long de sa vie, en mêlant à la fois l'histoire d'une personne, d'une génération, et de la France pour mieux comprendre l'articulation entre la foi et l'engagement d'une figure de la Démocratie chrétienne française. Le rôle joué par Menthon permet en effet d'ouvrir ou de compléter de grands dossiers historiographiques.
Président de l'Action catholique de la jeunesse française (ACJF) de 1927 à 1930, il a joué un rôle de premier plan dans la naissance de la Jeunesse ouvrière chrétienne. La deuxième Guerre Mondiale bouleverse son parcours. Une étude serrée permet de comprendre comment il a réussi à mettre sur pied un important mouvement de Résistance, Liberté. Le chapitre sur le Comité Général d'Etudes ouvre un dossier douloureux, celui de l'affrontement entre la résistance intérieure et la résistance extérieure. Menthon, très proche de Jean Moulin, s'affirme comme gaulliste, d'où son départ pour Alger en 1943. Commissaire à la justice puis garde des Sceaux, il élabore la politique dite d'épuration. Ce moment clé de l'histoire de France a été beaucoup étudié, mais jamais du point de vue du ministre de l’époque. C'est ici chose faite. Enfin, l'ouvrage retrace ses années d'activité politique sous la quatrième République. Il se consacre en particulier à la construction européenne et fait partie du comité qui donne naissance au Conseil de l'Europe.

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28. Bruno Dumons, Les dames de la Ligue des femmes françaises (1901-1914), 2006, 528 p.

Le vote de la loi sur les associations en juillet 1901, destiné à lutter contre les congrégations, provoque la colère de plus de six cent mille femmes en France qui déposent une pétition au Sénat. Privées du droit de vote, elles décident d’agir sur le résultat des élections législatives d’avril-mai 1902 en organisant leur protestation sous la forme d’une ligue féminine. L’initiative est prise à Lyon en septembre 1901 avec la Ligue des Femmes Françaises, rapidement concurrencée par la Ligue Patriotique des Françaises, d’influence parisienne et de sensibilité ralliée.
C’est l’histoire de cette première ligue, d’origine lyonnaise et d’essence monarchiste, qui est retracée ici. Elle est l’¿uvre de deux femmes, Jeanne Lestra et la comtesse de Saint-Laurent, guidées par un jésuite, le père Antonin Eymieu. Face à l’action anticléricale du gouvernement Waldeck-Rousseau, ces trois personnes vont concevoir comme stratégie de reconquête l’engagement de femmes en politique, puisant dans une vision du monde largement façonnée par le catholicisme intransigeant et une spiritualité de combat. Elles vivent leur engagement politique comme une « expiation » des impiétés du siècle et un temps de souffrance collective qu’il est nécessaire d’accepter pour « refaire la France chrétienne ».
Durant ces premières années du XXe siècle, plusieurs milliers de femmes du monde, provenant surtout des milieux nobiliaires et de la bourgeoisie catholique traditionnelle, vont alors s’engager dans la Ligue des Femmes Françaises qui constituera pour elles un espace de politisation et d’apprentissage de la citoyenneté. Il s’agit là d’une nouvelle page de l’histoire du catholicisme français « au féminin », s’appuyant sur une approche des cultures politiques « blanches » et des processus de mobilisation, prélude à la naissance de l’Action Catholique Générale Féminine, la plus grande organisation de femmes dans la France de 1945.

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29. Jean-Michel Leniaud, La Révolution des signes. L'art à l'église (1830-1930), 2007, 432 p.

Rassemblant une trentaine d'études sur l'art religieux des XIXe et XXe siècles, « La Révolution des signes » entend expliquer la diversité apparente des styles à l'église après l'abandon de ce qu'il est convenu d'appeler le néo-classicisme. D'autres ouvrages l'ont fait avant lui, notamment à partir des années 1930, mais dans un dessein polémique : il s'agissait de dénoncer l'incapacité supposée du XIXe siècle à trouver un style pour l'église et d'en déduire un manque d'authenticité de sa part dans l'expression de sa foi. On constate, au contraire, que la multiplicité des styles historiques (gothique, roman byzantin, etc.) exprime la détermination du catholicisme à accompagner étroitement toutes les aspirations du temps : la passion pour l'histoire nationale, pour l'Orient, pour l'archéologie, pour l'industrie et ses nouveaux matériaux, l'ambition de démocratiser les connaissances et le goût de l'œuvre d'art. Mais on observe plus encore, dans cette chronologie séculaire que marque le passage du néo-gothique vers l'abstraction, une tendance qui conduit d'une époque, les années 1830, passionnée par la multiplication des images, des couleurs et des sujets, à une progressive raréfaction, intellectualisation et non-figuration : la « révolution des signes ». La seconde moitié du XVIIIe siècle avait déjà connu ce phénomène qu'inverse le romantisme : le primitivisme néo-paléochrétien qui se profile avec l'avancée du XXe siècle se combine avec un effort qui vise au rejet de l'ornement et conduit à la modernité. Au total, de Viollet-le-Duc au père Couturier, l'art à l'église, au long du siècle qui court jusqu'aux années 1930, révèle une vitalité prodigieuse dont l'héritage s'impose au XXIe siècle.

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30. Yves Gagneux, Reliques et reliquaires à Paris. (XIXe-XXe siècle), 2007, 336 p.

Ce livre offre la première étude sur le culte des reliques dans une grande ville, à une période où cette dévotion est très peu connue. S'y dessinent le renouveau, l'apogée puis la lente désaffection de l'intérêt pour les reliques de saints, depuis le début du XIXe siècle jusqu'à la fin du XXe siècle. Si les pratiques populaires semblent quasiment inexistantes à Paris, on constate une forte instrumentalisation du culte des reliques par le clergé qui l'utilise pour modeler une histoire favorable à l'Église, ou proposer des modèles aux chrétiens. Ainsi, les reliques de sainte Philomène contribuent largement à promouvoir la chasteté féminine ; les martyrs des catacombes et les « saints du clocher » sont opposés lors des tensions entre les tenants d'une Église nationale et les partisans d'un rapprochement avec Rome, mais s'unissent dans la lutte contre l'anticléricalisme. Les mêmes procédés se retrouvent d'ailleurs dans la présentation des restes de saints et de laïcs, mais à des fins antagonistes, les uns mettant à l'honneur les valeurs chrétiennes, les autres les vertus républicaines ; tous se rejoignent dans l'exaltation du patriotisme. La nouveauté des conclusions s'explique par l'originalité d'une enquête fondée sur l'observation des reliquaires. Pour la première fois, un sujet d'histoire religieuse est traité à partir d'une analyse d'objets, et cette étude soulève des questions fondamentales sur les méthodes de l'histoire de l'art et ses rapports avec d'autres disciplines, en particulier l'histoire ou l'anthropologie.

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31. Marie-Claude Flageat, Les Jésuites français dans la Grande Guerre. Témoins, victimes, héros, apôtres, 2008, 604 p.

En août 1914, les jésuites de France répondirent résolument à l'appel de leur patrie menacée, malgré leurs ressentiments envers la République française laïque. Quelles relations entretinrent-ils avec leurs compatriotes ? Comment concilièrent-ils leur attachement pour leur patrie, leur appartenance à la Compagnie de Jésus et leur fidélité au pape ? Quelles conséquences humaines et matérielles la guerre eut-elle sur la Compagnie de Jésus ? Cet ouvrage donne la mesure de l'engagement des jésuites et analyse leurs motivations. À travers des extraits d'écrits personnels des jésuites français, de leurs publications et d'archives officielles et internes à l'ordre, il informe sur leurs conditions d'existence et leurs activités au front et à l'arrière, leurs relations avec les autres mobilisés de toutes origines et convictions, leur apostolat et leur vie religieuse. Les jésuites réagirent aux événements militaires, aux changements politiques et aux décisions diplomatiques ; leurs analyses montraient leur volonté de respecter l'Union sacrée, leur conviction du bon droit de la France face à l'Allemagne protestante, leur souhait d'une victoire complète et leur espoir d'une reconnaissance de la place du Saint-Siège dans la vie internationale. L'assistance de France de la Compagnie de Jésus, du fait de l'exil contraint de ses membres après 1901, constituait une sorte de famille ; la guerre renforça sa cohésion et l'amour des jésuites pour leur ordre. Le conflit eut des répercussions importantes sur les établissements et missions de l'assistance de France et sur ses membres. Les réalités de l'après-guerre, tant au plan national qu'international, ne répondirent qu'imparfaitement aux attentes des jésuites.

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32. Daniel Moulinet, Laïcat catholique et société française. Les comités catholiques (1870-1905), 2008, 592 p et un cd-rom.

À l'exemple des catholiques allemands et italiens réunis dans les « Katholikentage » et dans l'« Opera dei congressi », des Français, formés à l'action caritative par la Société de Saint-Vincent-de-Paul, se retrouvent, après 1870, au sein des Comités catholiques pour coordonner les œuvres catholiques et la défense religieuse. L'action de ces notables, quelque peu oubliée, voire méprisée par la suite, méritait d'être remise en lumière. Bien qu'ayant connu des échecs sur le terrain politique, sous « la République des républicains », elle a porté des fruits durables. Ces hommes ont participé à l'essor des pèlerinages, des congrès eucharistiques et de l'adoration du Saint-Sacrement. Ils ont participé à la fondation de nombreuses écoles libres, du primaire à l'université, en passant par l'enseignement spécialisé ; ils ont animé des patronages ; ils ont défendu l'Église dans les journaux. Mais c'est surtout dans le domaine social que leur charité s'est faite inventive. Aucune des œuvres ouvrières de l'époque ne leur est demeurée étrangère ; ils ont cherché comment, via les syndicats mixtes, adapter à leur siècle les corporations médiévales ; ils ont lancé les syndicats agricoles et les caisses rurales ainsi que des banques populaires mutualistes ; tout en participant aux œuvres charitables de l'époque (y compris les logements et les jardins ouvriers), certains ont voulu aller plus loin et aider les ouvriers à prendre en main leur formation sociale. Après avoir retracé l'histoire des Comités catholiques, ce livre brosse un portrait type de ces catholiques engagés, autour de cinq grandes figures (Charles Chesnelong, Émile Keller, Anatole de Caulaincourt, Charles Thellier de Poncheville, Charles de Nicolay), avant de présenter un panorama de l'ensemble des œuvres catholiques, grâce auxquelles, après les années d'affrontement, l'Église catholique est apparue dans la société française, poussée moins par la recherche de domination que par la charité.

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33. Anne Philibert, Lacordaire et Lamennais. La route de la Chênaie (1822-1832, 2009, 1134 p.

Lacordaire, né en 1802, restaurateur de l'ordre des Dominicains en France, est une figure majeure de l'histoire du catholicisme du XIXe siècle. Après son retour à la foi, il a croisé la route de Lamennais, l'auteur de l'« Essai sur l'indifférence en matière de religion ». Cet ouvrage retrace le cheminement du futur dominicain, saisi dans sa rencontre avec le maître de la Chênaie. Après sa conversion, Lacordaire se destine au sacerdoce. Prêtre en 1827, il se rallie à l'école mennaisienne en 1830, au terme de six années de réflexion. La révolution de Juillet ouvre une nouvelle saison dans la vie des deux prêtres. Lamennais fonde le journal « L'Avenir », dont les doctrines divisent les catholiques. La crise qui en résulte conduit à la suspension du journal, en novembre 1831. Les « pèlerins de la liberté » se rendent à Rome, espérant l'appui de Grégoire XVI. Sur place, ils ont des perceptions très différentes de la conduite du Saint-Siège. Lamennais veut reprendre « L'Avenir », sans attendre la décision du pape. Lacordaire s'y oppose. Après la condamnation romaine, Lacordaire espère que son aîné sera un nouveau Fénelon. Il le quitte en décembre 1832, meurtri par une année de lutte entre sa « conscience » et le « génie » de Lamennais. Cette histoire dramatique, aggravée par le départ ultérieur de l'abbé de l'Église, marquera Lacordaire toute sa vie.

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34. Matthieu Brejon de Lavergnée, La Société Saint-Vincent-de-Paul au XIXe siècle. Un fleuron du catholicisme social, 2008, 716 p.

On connaît Frédéric Ozanam depuis sa béatification par Jean-Paul II en 1997 et les nombreux ouvrages qui lui ont été consacrés. Mais que sait-on vraiment de l'œuvre qu'il a contribué à fonder ? La petite conférence de charité réunit en 1833 une poignée d'étudiants du Quartier latin, catholiques et romantiques, pour se soutenir dans la prière et visiter les pauvres à domicile. À la veille de la Commune (1871), la Société de Saint-Vincent-de-Paul était devenue l'une des principales œuvres du monde catholique. Elle compte aujourd'hui 700 000 membres dans près de 150 pays. Cet ouvrage éclaire les raisons de ce succès et entraîne le lecteur sur les voies d'une histoire sociale du religieux. Il met en lumière, par une rigoureuse prosopographie, les parcours types de plusieurs centaines de catholiques sociaux. Entre le dévot du Grand Siècle et le bénévole associatif contemporain, il y eut un temps pour l'homme d'œuvres, modèle d'engagement que la figure postérieure du militant a injustement conduit à déconsidérer. L'auteur trace ainsi les contours de la « voie vincentienne », mystique active qui trouve le Christ dans la rencontre avec les pauvres et façonne l'exercice d'un audacieux apostolat des laïcs. Il expose le tableau des œuvres charitables, en particulier à Paris où taudis et indigents abondent, et leur évolution sous l'effet de l'hausmannisation de la capitale sous le Second Empire. Une interprétation anthropologique du « don charitable » peut enfin être tentée. Il est une question, lancinante, qui traverse le livre : la charité n'est-elle pas un moyen de refonder le lien social ? Figure de l'antimodernité, elle est peut-être plus politique qu'il n'y paraît. Le débat n'est pas clos.

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35. Marie-Céline Isaia, Remi de Reims. mémoire d'un saint, histoire d'une Église, 2010, 928 p.

Qui n'a jamais entendu parler de Clovis ? Le roi franc appartient à la culture historique commune : la bataille de Tolbiac, le baptême reçu à Reims, la victoire sur les Wisigoths à Vouillé (507) sont les jalons bien connus de la création du royaume de Francie. Face à lui, la figure de son baptiste semble bien terne : Remi, évêque de Reims (m. 533/535), est-il autre chose qu'un serviteur du roi mérovingien ? Cette enquête, menée sur le temps long, apporte des réponses nuancées. Elle dessine d'abord le portrait de Remi en représentant d'une petite élite gallo-romaine. Dès son décès ensuite, elle suit la création du souvenir du saint évêque, qui mêle des considérations religieuses et sociales : au VIe siècle, ses héritiers encouragent la célébration d'un culte aristocratique tandis que l'évêque de Reims le promeut auprès d'un public plus populaire. Jusqu'à la prise du pouvoir par les Pippinides, la dévotion à saint Remi n'est pas le propre des rois mais des aristocrates qui font de l'évêque de Reims leur père et patron. La rédaction par l'archevêque Hincmar (845-882) d'une monumentale « Vie de saint Remi » bouleverse cette dévotion rémigienne : le texte hagiographique sert désormais de support à la diffusion d'un projet politique de monarchie contractuelle. Passé l'an Mil, enfin, hagiographie et historiographie divorcent : le culte du saint évêque, toujours vivace à Reims, reste conservateur et d'intérêt local, tandis que son histoire, propagée dans le royaume entier dans une version figée qui donne au baptême de Clovis toute son importance, ne sert plus qu'à justifier le droit des archevêques de Reims à sacrer les rois de France. En suivant, du VIe au XIe siècle, la transmission du souvenir de saint Remi et l'élaboration de sa légende écrite, cette étude propose une réflexion sur la construction, puis la dissociation, d'une mémoire religieuse et d'une histoire politique.

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36. Vincent Petit, Catholiques et Comtois. Liturgie diocésaine et identité régionale au XIXe siècle , 2011, 720 pages.

En 1854, alors que plus des trois quarts des diocèses français ont d’ores et déjà adopté la liturgie romaine, commence dans celui de Besançon, traditionnellement tourné vers Rome, une longue et violente controverse publique qui oppose un groupe de prêtres à Mgr Mathieu, prélat soucieux de son autorité et gallican modéré. La polémique, à la fois historique et théologique, vise à contrecarrer l’attentisme de l’archevêque et de promouvoir, par la base, l’adoption du rite romain. Cette controverse cléricale est aussi une dispute publique, avec l’édition de brochures et d’articles de presse. Autant que le symptôme de la romanisation du catholicisme français, la querelle liturgique en est le vecteur, comme déjà l’avait voulu dom Guéranger. À ce titre, elle pose la question de l’identité catholique dans une société en voie de sécularisation. Dans une province périphérique et un diocèse traditionnellement romain, le projet intégraliste et intransigeant porté par les partisans du rite romain induit donc une nouvelle formulation du rapport des diocèses et des églises nationales à l’autorité pontificale, ce qui peut susciter des oppositions de type identitaire ou politique. Dans un contexte plus général d’émergence du goût et de la méthode historiques, la défense d’une liturgie propre au diocèse passe ainsi par une vaste entreprise de recherches patrimoniales qui mobilise des prêtres érudits au service de la définition d’une identité régionale.

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Bibliothèque de la Société d'histoire ecclésiastique de la France

— Disponible aux éditions Letouzey et Ané, 87, boulevard Raspail, 75006 Paris :

  • Victor Carrière, Introduction aux études d'histoire ecclésiastique locale, 3 vol., Paris, 1934-1940, LXXI-473, 563 et 669 p.

— Disponibles aux éditions Vrin, 6, place de la Sorbonne, 75005 Paris :

  • Henri Busson, Le rationalisme dans la littérature française de la Renaissance (1533-1601), 1957, nouvelle édition, Paris, 1977, 654 p.
  • Paule Jansen, De Blaise Pascal à Henri Hammond. Les Provinciales en Angleterre, préface de Gabriel Le Bras, Paris, 1954, 138 p.
  • Raymond Limouzin-Lamothe, Mgr de Quelen, archevêque de Paris. Son rôle dans l'Église de France de 1815 à 1839, d'après ses archives privées, 2 vol., 1955-1957, 359 et 334 p.
  • François de Dainville, Cartes anciennes de l'Église de France. Histoire. Répertoire. Guide d'usage, préface de Gabriel Le Bras, Paris, 1956, 323 p.
  • Marcel Pacaut, Louis VII et les élections épiscopales dans le royaume de France (1137-1180), Paris, 1957, 162 p.
  • Mémorial du XIVe centenaire de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Recueil de travaux sur le monastère et la congrégation de Saint-Maur, Paris, 1959, X-351 p.
  • Pierre Chevallier, Loménie de Brienne et l'ordre monastique, 1766-1789, 2 vol., Paris, 1959-1960, 392 et 287 p.
  • René Taveneaux, Le jansénisme en Lorraine, 1640-1789, Paris, 1960, 759 p.
  • Bernard Plongeron, Les réguliers de Paris devant le serment constitutionnel, sens et conception d'une option, 1789-1801, Paris, 1964, 488 p.
  • Charles Ledré, L'abbé de Salamon, correspondant et agent du Saint-Siège pendant la Révolution, Paris, 1965, 292 p.
  • Huitième centenaire de Notre-Dame de Paris. Recueil de travaux sur l'histoire de la cathédrale et l'Église de Paris, Paris, 1967, XII-431 p.
  • Paule Jansen, Le cardinal Mazarin et le mouvement janséniste française, 1653-1659, d'après les documents inédits conservés au Ministère des affaires étrangères, Paris, 1967, 275 p.
  • Raymond Limouzin-Lamothe et Jean Leflon, Mgr Denys-Auguste Affre, archevêque de Paris (1793-1848), préface de Gabriel Le Bras, Paris, 1971, 380 p.
  • Paule Jansen, Arnauld d'Andilly, défenseur de Port-Royal (164-1659), sa correspondance inédite avec la Cour conservée au Ministère des affaires étrangères, Paris, 1973, 133 p.
  • René Taveneaux, Jansénisme et prêt à intérêt. Introduction, choix de textes et commentaires, Paris, 1977, 240 p.
  • Aspects du monachisme en Normandie (IVe-XVIIIe siècle). Actes du colloque scientifique de l'Année des abbayes normandes, préface de Lucien Musset, Paris, 1982, V-186 p.

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