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École nationale des chartes

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19, rue de la Sorbonne – 75005 Paris – tél. : +33 (0)1 55 42 75 00

Résumés du tome 165, fascicule 2, 2007

Roger CHARTIER, Henri-Jean Martin ou l’invention d’une discipline. — Osamu KANO, Procès fictif, droit romain et valeur de l’acte royal à l’époque mérovingienne. Christine GADRAT, De statu, conditione ac regimine magni Canis : l’original latin du Livre de l’estat du grant Caan et la question de l’auteur. — Geneviève XHAYET, Une diététique monastique liégeoise du XIVe siècle : le régime de santé du frère Léonard de Saint-Jacques. — Gérard GIORDANENGO, Un traité de la noblesse dédié au roi René : le Tractatus aureus de nobilitate de Giovanni Ludovico de’ Vivaldi. — Rosa Maria DESSÌ, L’invention du Bon Gouvernement : pour une histoire des anachronismes dans les fresques d’Ambrogio Lorenzetti (XIVe-XXe siècle). — Cédric GLINEUR, Pour une approche diplomatique des commissions des subdélégués d’intendance au XVIIIe siècle : l’exemple du Hainaut (1765-1788). — Marie Thérèse CAM et Yvonne POULLE-DRIEUX, De l’objet au texte : l’hipposandale cloutée (à propos d’un mot corrompu de la Mulomedicina de Végèce).


Roger CHARTIER, « Henri-Jean Martin ou l’invention d’une discipline », dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 165, 2007, p. 313-328.

L’auteur a prononcé le 16 mars 2007, à la Sorbonne, une conférence en mémoire d’Henri-Jean Martin, professeur à l’École nationale des chartes et directeur d’études à la IVe section de l’École pratique des hautes études, décédé en janvier de la même année. L’hommage parcourt son œuvre en s’arrêtant à trois dates fondamentales dans son itinéraire de savant : 1958, année de L’apparition du livre, ouvrage fondateur d’un nouvelle discipline, écrit en collaboration avec Lucien Febvre ; 1969, date de parution du chef-d’œuvre de H.-J. Martin, sa thèse de doctorat intitulée Livre, pouvoirs et société à Paris au xviie siècle ; et 2000, avec la Naissance du livre français, qui illustre magnifiquement le déplacement des intérêts scientifiques de H.-J. Martin en liant l’histoire des « mises en texte » avec celle des modalités de la lisibilité. Est ainsi mis en lumière le rôle pionnier d’un savant qui fut un inlassable découvreur de nouvelles questions et de nouvelles approches.

On 16 March 2007, the author delivered a public lecture at the Sorbonne in memory of Henri-Jean Martin, a former professor at the École nationale des chartes and directeur d’études at the École pratique des hautes études (IVe section), who had died in January of the same year. H.-J. Martin’s scholarly achievement is reconsidered by highlighting three crucial dates in his research career : in 1958 he published L’apparition du livre (Coming of the book), which he had written in collaboration with Lucien Febvre, and thus paved the way for a whole new field in historical studies ; 1969 saw the publication of his masterpiece, his doctoral thesis Livre, pouvoirs et société à Paris au XVIIe siècle ; in 2000, Naissance du livre français, his last major work, opened up a further research avenue, by connecting the history of mise en texte with changing modes of legibility. H.-J. Martin played a seminal rôle, as a tireless discoverer of new questions and new approaches.

Der Autor dieses Beitrags hat im Andenken an Henri-Jean Martin, den im Januar 2007 gestorbenen Professor an der École nationale des chartes und directeur d’études in der 4. Sektion der École pratique des hautes études, am 16. März 2007 an der Pariser Sorbonne einen Vortrag gehalten. Die Hommage führt durch sein Werk, indem sie sich auf drei besonders wichtige Stationen auf dem Weg des Gelehrten konzentriert: 1958, das Erscheinungsjahr seines zusammen mit Lucien Febvre verfassten Buches L’apparition du livre, das zur Begründung einer neue Disziplin führte; 1969, das Erscheinungsjahr seines wichtigsten Werks, seiner Dissertation mit dem Titel Livre, pouvoirs et société à Paris au xvIie siècle; sowie das Jahr 2000, in dem die Publikation Naissance du livre français auf eindrückliche Weise die Verschiebung der wissenschaftlichen Interessen von Henri-Jean Martin illustrierte, die darin bestand, dass er die Geschichte der Vertextung mit der Problematik der Lesbarkeit verknüpfte. Mit diesem Beitrag wird das Wirken eines bahnbrechenden Gelehrten beleuchtet, der ein unermüdlicher Entdecker neuer Fragen und neuer Herangehensweisen war.

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Osamu KANO, « Procès fictif, droit romain et valeur de l’acte royal à l’époque mérovingienne », dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 165, 2007, p. 329-353.

Parmi les actes royaux mérovingiens, on compte quelques actes de jugement qui documentent ce qu’on appelle souvent un procès fictif, procédure judiciaire qui confirme une transaction privée en utilisant la forme du procès devant le tribunal royal. Ces jugements ne sont transmis que pour la période allant de la fin du VIIe au début du VIIIe siècle. Les historiens n’ont vu jusqu’à présent dans ces procès fictifs que le moyen pour un acquéreur ou donataire de faire garantir ses droits par l’autorité royale. Cependant le réexamen des jugements de procès fictif montre qu’il s’agit d’une procédure spécifique visant à confirmer le statut de l’auctor, c’est-à-dire du possesseur précédent qui devra en cas de nécessité défendre l’acquéreur en justice. Le procès fictif concerne donc la garantie d’éviction héritée du droit romain, toujours vivant en Neustrie à la fin de l’époque mérovingienne. Le jugement ne donne donc pas lieu à une charte qui puisse, à elle seule, assurer le droit de propriété, mais à un instrument au moyen duquel l’acquéreur peut convoquer l’auctor pour défendre ses droits.

The acts of the Merovingian kings include a small number of judicial documents often described as fictitious lawsuits (Scheinprozesse), i.e. judicial procedures aimed at confirming a private transaction by staging it in the form of a lawsuit before the king’s court. Such judgments are only known during a short period in the late 7th and early 8th centuries. Historians have previously considered fictitious lawsuits merely a means for providing royal protection over rights purchased or donated. A new examination of the judgments shows that this specific procedure actually aimed at confirming the obligation of the auctor, i.e. the previous owner, to defend the purchaser in court whenever necessary. Therefore fictitious lawsuits relate to the dispossession guarantee inherited from Roman law, which was still effective in Neustria during the later Merovingian period; and judgments were recorded not as charters that would directly ensure a right of property, but as instruments allowing the purchaser to summon the auctor in order to defend his rights.

Unter den merowingischen Königsdokumenten befinden sich einige Gerichtsdokumente, die die Bestätigung einer privaten Transaktion unter Rückgriff auf die Form eines Prozesses vor dem Königsgericht dokumentieren. Diese oft « Scheinprozesse » genannten Texte sind nur vom Ende des 7. bis zum Beginn des 8. Jahrhunderts überliefert. Die Historiker haben in diesen Scheinprozessen bis jetzt nur die Möglichkeit gesehen, dass sich ein Erwerber oder Geschenknehmer damit mit Hilfe der Königsgewalt seine Rechte garantieren lassen wollte. Eine neuere Überprüfung dieser Urteile zeigt jedoch, dass es sich um ein spezifisches Verfahren handelte, das darauf abzielte, den Status des auctor zu bestätigen, d.h. des vorhergehenden Besitzers, der den Erwerber gegebenenfalls vor Gericht verteidigen konnte. Der Scheinprozess betrifft somit den vom römischen Recht ererbten Schutz vor der Besitzentziehung (denn das römische Recht hatte gegen Ende der merowingischen Zeit in Neustrien noch Bestand). Das Urteil führte nicht zu einer Urkunde, die für sich genommen das Eigentumsrecht hätte garantieren können, sondern war ein Hilfsmittel, mit dem der Erwerber den auctor vorladen konnte, um seine Rechte zu verteidigen.

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Christine GADRAT, « De statu, conditione ac regimine magni Canis : l’original latin du Livre de l’estat du grant Caan et la question de l’auteur », dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 165, 2007, p. 355-371.

Le Livre de l’estat du grant Caan, description de l’empire mongol de Chine et des missions franciscaines qui y œuvraient, était jusqu’à présent connu par la seule traduction française, faite à partir du latin par Jean Le Long, moine de Saint-Bertin, en 1351. La découverte d’un manuscrit de la version latine (Francfort, Universitätsbibliothek, Bartholomaeus 71, fol. 227b-230b, édité en annexe) nous fait mieux connaître ce texte ; elle permet également de rejeter son attribution à l’archevêque dominicain de Sultaniyeh, Jean de Cori, laquelle reposait sur une erreur de la traduction française. L’archevêque mentionné dans le prologue du texte est en réalité celui de Salerne (Bertrand de la Tour ou Arnaud Royard), et il est nommé non comme l’auteur mais comme le traducteur en latin. La rédaction latine, en effet, n’est pas la version originale mais repose sur un texte d’abord écrit en italien. Le véritable auteur, probablement un franciscain italien, semble l’avoir composé autour de 1330 à partir de récits de voyage, de lettres de missionnaires et d’informations orales circulant parmi les couvents ou à la Curie.

The Livre de l’estat du grant Caan, an account of the Mongol empire of China and of the Franciscan missions that operated there, has hitherto been known solely through a French translation from the Latin, made in 1351 by Jean Le Long, a monk of Saint-Bertin. A newly-discovered manuscript of the Latin version (Frankfurt, Universitäts­bibliothek, Bartholomaeus 71, ff. 227b-230b, edited as an appendix) sheds further light on the text ; it also contradicts the former attribution to the Dominican archbishop of Sultaniyeh, Jean de Cori, the result of a mistake in the French translation. The archbishop mentioned in the prologue is in fact the archbishop of Salerno (Bertrand de La Tour or Arnaud Royard), and he is named not as the author but as the Latin translator. Indeed the Latin version did not come first, but was preceded by a text previously written in Italian. The original author, probably an Italian Franciscan, apparently produced his account c. 1330, using travel narratives, missionaries’ letters and word of mouth, available in convents or in the Curia.

Das Livre de l’estat du grant Caan, eine Beschreibung des mongolischen Kaiserreichs von China und der franziskanischen Missionen, die dort wirkten, kannten wir bis jetzt ausschließlich über die französische Übersetzung, die Jean Le Long, Mönch aus Saint-Bertin, 1351 aus dem Lateinischen anfertigte. Die Entdeckung eines Manuskripts der lateinischen Fassung (Frankfurt, Universitätsbibliothek, Bartholomaeus 71, Bl. 227b-230b, hier im Anhang ediert) ermöglicht es uns, diesen Text besser kennen zu lernen. Gleichzeitig erlaubt sie, die Zuweisung an den dominikanischen Erzbischof von Sultaniyeh, Jean de Cori, abzulehnen, da sie auf einem Fehler der französischen Übersetzung beruht. Der im Prolog des Texts erwähnte Erzbischof ist in Wirklichkeit jener von Salerno, Bertrand de la Tour oder Arnaud Royard, und er wird nicht als Autor genannt, sondern als Übersetzer ins Lateinische. Die lateinische Version ist nämlich nicht die Originalversion, sie beruht ihrerseits auf einem zuerst auf Italienisch verfassten Text. Der echte Autor, vermutlich ein italienischer Franziskaner, scheint ihn um 1330 verfasst zu haben, aufbauend auf Reiseerzählungen, Missionarsbriefen und auf mündliche Informationen, die in den Klöstern oder an der Kurie zirkulierten.

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Geneviève XHAYET, Une diététique monastique liégeoise du XIVe siècle : le régime de santé du frère Léonard de Saint-Jacques », dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 165, 2007, p. 373-414.

Parmi les manuscrits ayant appartenu à la bibliothèque abbatiale de Saint-Jacques de Liège figure un traité aujourd’hui conservé à la bibliothèque universitaire de Leyde, BPL 191C, rédigé pro documento volentibus conservare suam sanitatem. Le texte conjugue des traits propres aux régimes de santé secundum ordinem anni et d’autres qui rappellent les régimes établis selon les « choses non naturelles ». Il est attribué à un religieux de l’abbaye, frère Léonard, également connu comme l’auteur d’un traité de la goutte dédié à son abbé. Datable de la seconde moitié du XIVe siècle, le régime est rédigé dans un latin truffé d’emprunts au parler vernaculaire, le wallon de Liège, où se mêlent les mots français et flamands. Il fut manifestement destiné à l’usage interne de la communauté, et peut-être à un moine en particulier : des allusions récurrentes à la qualité de la voix suggèrent qu’il pourrait s’agir du chantre. Au-delà de son intérêt médical, le régime de Léonard, publié en appendice, offre des aperçus multiples et inhabituels de la vie quotidienne, de la sociabilité, des menus ou des manières de table d’une communauté religieuse urbaine dans l’Europe du nord-ouest au XIVe siècle.

The manuscripts once kept in the abbatial library of Saint-Jacques in Liege include a treatise now in Leiden University Library, BPL 191C, compiled pro documento volentibus conservare suam sanitatem. The text combines features belonging to regimina of health secundum ordinem anni and others that call to mind regimina arranged according to « non-natural things ». It is ascribed to a monk of that abbey, Brother Leonard, also known as the author of a treatise on gout, written for his abbot. Datable to the latter part of the fourteenth century, the regimen is in Latin with many words borrowed from the local vernacular, a variety of Walloon, in which French words mingle with Flemish. The booklet was obviously meant for use inside the community, maybe even by an individual monk : frequent notations on how to preserve the quality of one’s voice suggest it could have been the cantor. Besides its medical interest, Leonard’s regimen (published as an appendix) sheds light on many unusual aspects of the daily life, social habits, diet and table manners of an urban religious community in fourteenth-century northwest Europe.

Unter den Handschriften, die zur Lütticher Abteibibliothek Saint-Jacques gehört haben, befindet sich eine heute in der Leidener Universitätsbibliothek (BPL 191 C) befindliche Abhandlung pro documento volentibus conservare suam sanitatem. Der Text beschreibt einerseits Ernährungspläne secundum ordinem anni sowie andererseits solche, die auf « nicht natürlichen Sachen » beruhen. Zugeschrieben wird er einem Mönch der Abtei, Bruder Leonhard, der auch als Autor einer seinem Abt gewidmeten Abhandlung über die Gicht bekannt ist. Der Text kann auf die zweite Hälfte des 14. Jahrhunderts datiert werden. Er ist in einem Latein verfasst, das mit Anleihen aus der Volkssprache (der Lütticher Spielart des Wallonischen, durchsetzt mit französischen und flämischen Wörtern) gespickt ist. Ganz offensichtlich war der Text insbesondere für den internen Gebrauch der Gemeinschaft bestimmt, vielleicht sogar für einen bestimmten Mönch: Wiederholte Anspielungen auf die Qualität der Stimme legen nahe, dass es sich dabei um den Kantor handeln könnte. Über seine medizinische Bedeutung hinaus bietet der Diätplan des Leonhard, der hier im Anhang ediert wird, interessante und ungewöhnliche Einblicke in das Alltagsleben, die Geselligkeit, die Ernährungsgewohnheiten und die Tischmanieren einer städtischen religiösen Gemeinschaft des nordwestlichen Europa im 14. Jahrhundert.

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Gérard GIORDANENGO, « Un traité de la noblesse dédié au roi René : le Tractatus aureus de nobilitate de Giovanni Ludovico de’ Vivaldi », dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 165, 2007, p. 415-452.

Connu par les historiens de l’idéologie royale et par ceux de la gravure du début du XVIe siècle pour son opuscule sur les fleurs de lys de l’écu de France (1503 et 1507) et par ses œuvres théologico-morales sur la contrition et l’Immaculée Conception, le dominicain piémontais Giovanni Ludovico de’ Vivaldi, attesté de 1475 à 1520, a aussi dédié au roi René (1409-1480), dans les années 1475-1480, un Tractatus de nobilitate qui n’a jamais été signalé, et qui est ici publié en annexe. Conservé en un seul manuscrit, on ignore même si le texte a été effectivement présenté au comte de Provence. Bien qu’il s’insère parfaitement dans le débat, commencé à la fin de siècle précédent, sur la noblesse et la vertu, il ignore ses prédécesseurs et les auteurs postérieurs ne font jamais mention de cette œuvre. René y est le parangon de noblesse puisqu’il est orné de trois noblesses : de sang, de vertu, de courage. L’auteur commence par le comparer à sept personnages de l’Antiquité dont les initiales forment son nom (Renatus), puis il développe les trois vertus dont le roi de Naples est, selon lui, pourvu, le tout justifié par un grand nombre de citations d’autorités antiques et médiévales.

The Piedmontese Dominican Giovanni Ludovico de’ Vivaldi (documented 1475-1520) is known to historians of royal ideology and to connoisseurs of early-sixteenth-century engravings as the author of a short work on the fleur-de-lis in the royal arms of France (1503 and 1507), together with various theological and moral works on contrition and the Immaculate Conception. Between 1475 and 1480, he also dedicated a hitherto unmentioned Tractatus de nobilitate (published as an appendix) to King René of Anjou, count of Provence (1409-1480). It is preserved in a single copy, and there is no evidence to tell whether it was actually presented to René. It fits perfectly into the debate on nobility and virtue which had been going on since the late fourteenth century ; yet it makes no reference to similar texts of an earlier date, and it, in turn, was ignored by later writers. The author extols René as the paragon of nobility, being adorned with the threefold nobility of blood, virtue and courage. He starts by comparing René to seven great men of Antiquity whose initials are contained in his name (Renatus) ; then he expands on the three virtues which he perceives in the king of Naples, resorting throughout to a large array of quotations from classical and mediaeval authors.

Den aus dem Piemont stammende Dominikaner Giovanni Ludovico de’ Vivaldi, dessen Wirken zwischen 1475 und 1520 belegt ist, kennen die Historiographen der Prinzenratgeber und der Münzkunde von seinen Werke über die Lilie auf dem Écu de France und von seines moraltheologischen Abhandlungen zur Bußfertigkeit und zur unbefleckten Empfängnis (1503 und 1507). Bisher nicht bekannt war sein Tractatus de nobilitate (1475-1480), den er König René (1409-1480) gewidmet hat und der hier im Anhang ediert ist. Man weiß von dem in einem einzigen Manuskript erhaltenen Text nicht einmal, ob er dem Graf der Provence jemals präsentiert worden ist. Obgleich er sich tadellos in den seit dem Ende des vorhergehenden Jahrhunderts begonnenen Diskurs über den Adel und die Tugend einfügen lässt, ignoriert er seine Vorgänger, und auch in den Werken der nachkommenden Autoren findet sich keine Erwähnung des Werks. René wird darin als mustergültiger Adliger geschildert, da er drei Noblessen sein eigen nennen kann: Die des Bluts, die der Tugend und die des Muts. Der Autor vergleicht ihn sodann mit sieben Personen des Altertums, deren Anfangsbuchstaben seinen Namen (Renatus) bilden, und er entwickelt, unterlegt mit einer großen Zahl von Zitaten antiker und mittelalterlicher Autoritäten, die drei Tugenden des Königs von Neapel.

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Rosa Maria DESSÌ, « L’invention du Bon Gouvernement : pour une histoire des anachronismes dans les fresques d’Ambrogio Lorenzetti (XIVe-XXe siècle) », dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 165, 2007, p. 453-504.

L’histoire de la fortune du Bon Gouvernement peint par Ambrogio Lorenzetti dans le palais communal de Sienne en 1338 montre combien ce célèbre document-monument médiéval est porteur d’anachronismes involontaires et objet d’anachronismes volontaires. L’analyse des variantes dans les descriptions, dessins, photographies et rapports de restauration de la fresque, l’examen des liens entre les allégories et leur tituli, ainsi que la comparaison avec d’autres images médiévales laissent apparaître, entre le XIVe et le XIXe siècle, des fantômes et des vides. La femme qui représenterait Sienne, l’autre, assise à ses côtés, qui aurait été désignée comme Conjunctiva, ou encore le vieillard couronné qui symboliserait la Justice, soulèvent le problème des rapports entre forme et contenu des images et invitent à s’interroger sur les modalités de réception, voire sur la volonté de mettre à jour la fresque. C’est en tout cas à l’époque du Risorgimento que l’accent est mis pour la première fois sur l’empreinte aristotélicienne dans l’allégorie de la Justice, et que, grâce à l’invention du nom du Bon Gouvernement donné alors à cet extraordinaire palimpseste pictural, un mythe se construit.

The history of the fortune of the Good Government wall paintings created by Ambrogio Lorenzetti in the Palazzo Pubblico of Siena (1338) shows that the famous mediaeval document/monument is riddled with anachronisms, both involuntary and voluntary. The analysis of variants between the many descriptions, drawings, photographs and conservation reports, an examination of the relationship between the allegories and their tituli, as well as comparisons with other mediaeval pictures, all reveal various ghostly presences and empty gaps in the work as we now see it. The woman supposed to represent Siena, the woman next to her apparently named Conjunctiva, or the old man wearing a crown, possibly a symbol for Justice, raise questions about pictorial form and content, about modes of reception, and even about the possibility of the work having been deliberately updated over time. At any rate, it was only during the Risorgimento that an Aristotelian inspiration came to be discovered in the allegory of Justice, and that the invention of the title The Good Government turned this extraordinary pictorial palimpsest into a myth.

Die Geschichte der Darstellung des guten Regierens, im Jahre 1338 gemalt durch Ambrogio Lorenzetti im Palazzo Pubblico von Siena, zeigt, wie sehr dieses berühmte mittelalterliche Monument und Dokument sowohl als Träger unfreiwilliger Anachronismen wie als Objekt bewusster Anachronismen wirkt. Die Analyse der Varianten in den Beschreibungen, Zeichnungen, Photographien und Restaurierungsberichten der Fresken, die Untersuchung der Zusammenhänge zwischen den Allegorien und ihren tituli sowie der Vergleich mit anderen mittelalterlichen Bildern bringen für die Zeit des 14. bis zum 19. Jahrhundert sowohl Fantome als auch Lücken zum Vorschein. Die Frau, die für die Stadt Siena steht, diejenige (scheinbar als Conjunctiva bezeichnet), die an ihrer Flanke sitzt, oder auch der gekrönte Greis, der die Justitia verkörpern könnte, werfen das Problem des Zusammenhangs zwischen Form und Inhalt der Bilder auf und laden dazu ein, sich Gedanken zu machen über die Rezeptionsmodalitäten und über die Neigung zur Modernisierung der Fresken. In der Zeit des Risorgimento wird der aristotelische Aspekt in der Justitia-Allegorie betont und, mittels der Einführung des Namens Buon Governo, aus diesem außergewöhnlichen malerischen Palimpsest ein Mythos konstruiert.

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Cédric GLINEUR, « Pour une approche diplomatique des commissions des subdélégués d’intendance au XVIIIe siècle : l’exemple du Hainaut (1765-1788) », dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 165, 2007, p. 505-523.

Les commissions des subdélégués n’ont guère retenu l’attention des historiens ; elles offrent pourtant un utile témoignage sur des pratiques administratives spécifiques de la monarchie d’Ancien Régime. La quinzaine de commissions examinées ici intéressent surtout la province du Hainaut, mais quelques-unes, délivrées dans d’autres généralités, offrent des points de comparaison et permettent de dégager les grands traits d’un régime assez uniforme. Tout d’abord, la forme de ces lettres est constante, reprise par les intendants d’après le modèle de leurs propres lettres ou de celles que délivrait la Grande Chancellerie aux subdélégués généraux des intendances. Les commissaires départis ont ensuite développé, et exprimé selon des modalités identiques dans les commissions, l’ébauche d’un statut particulier au profit de leurs subdélégués. Des usages diplomatiques et juridiques propres au pouvoir royal étaient ainsi relayés jusqu’au niveau des plus petites entités administratives : c’est encore une illustration du rôle de l’intendant comme agent du centralisme monarchique.

The commissions issued by the French intendants to their subdelegates have received little notice from historians ; yet they offer useful evidence on specific administrative practices of Ancien Régime monarchy. The present study focuses on some fifteen commissions, mainly from Hainault ; a handful from other generalités (provinces) provide an opportunity for comparison, so that it is possible to outline some common institutional features. Firstly, the commissions were drafted according to an established form based on those received by the intendants themselves, or on those issued by the royal Chancery to the subdelegates general of intendances. The intendants progressively defined a more regular status for the benefit of their subdelegates, whose condition was constantly described in the same terms. Specific diplomatic and legal uses, typical of Ancien Régime monarchy, were thus propagated down to the lesser administrative entities — a further illustration of the rôle of the intendants as agents of monarchical centralisation.

Die Kommissionsschreiben der Subdélégués haben bisher kaum die Aufmerksamkeit der Historiker auf sich gezogen; gleichwohl sind sie ein aufschlussreiches Zeugnis für die Verwaltungspraktiken des Ancien Régime. Die fünfzehn hier untersuchten Texte betreffen vor allen Dingen die Provinz Hennegau, berücksichtigen aber auch einige weitere Regionen (« Généralités »), was Vergleichsmöglichkeiten bietet; sie erlauben es damit, die wesentlichen Züge einer ziemlich homogenen Regierungspraxis zu erschließen. Die Form dieser Schreiben ist wenig veränderlich und folgt dem Modell der ursprünglichen Schreiben der Intendanten oder dem der königlichen Schreiben an die Subdélégués généraux der Intendanzen. Die Kommissare ihrerseits haben die Blaupause eines besonderen Statuts für ihre Subdelegierten entwickelt und sie vor dem Hintergrund identischer Bedingungen bei den Kommissionen angewandt. Damit wurden die diplomatischen und juristischen Gebräuche der Königsmacht bis zu den kleinsten administrativen Einheiten weitergegeben, was die Rolle des Intendanten als Vollzieher des monarchischen Zentralismus illustriert.

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Marie Thérèse CAM et Yvonne POULLE-DRIEUX, « De l’objet au texte : l’hipposandale cloutée (à propos d’un mot corrompu de la Mulomedicina de Végèce) », dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 165, 2007, p. 525-531.

Dans la Mulomedicina de Végèce, le chapitre consacré aux maladies de la hanche chez le cheval comporte une phrase dont toute la tradition textuelle est aberrante. La correction proposée dans l’édition de Lommatzsch n’est pas plus acceptable : elle consisterait à chausser l’animal d’un clou ! Les tentatives de reconstruction purement philologique n’ayant rien donné, il faut interroger l’archéologie ; elle a en effet mis au jour une quantité considérable d’objets en fer, qui sont restés longtemps d’un usage indéterminé avant d’être enfin identifiés comme faisant partie de l’équipement des chevaux antérieurement à l’apparition du fer à cheval ; à défaut d’avoir reçu un nom dans la littérature latine, ils ont été, au XIXe siècle, désignés comme des hipposandales. Un petit nombre de ces hipposandales comportent des crampons sous la semelle. Compte tenu de l’usage que propose Végèce (surélever le pied sain pour éviter la boiterie du pied malade), ce sont elles qui sont visées par la phrase fautive, qu’il faut donc corriger ainsi : clavato ferreo… calceabis (« on mettra… une chaussure en fer cloutée »). La paléographie tardo-antique explique d’ailleurs l’apparition des formes aberrantes dont le mot clavato a été victime.

In the Mulomedicina of Vegetius, the chapter on hip complaints in horses includes a sentence whose entire textual transmission is meaningless. The correction suggested in the Lommatzsch edition offers no improvement, since it would have the horse wear a nail under its hoof! Merely philological attempts at reconstruction having thus proved useless, new help can be sought from archaeology : some long unidentified iron objects, unearthed in vast quantities, have been found to be pieces of horse equipment, in use prior to the invention of the horse-shoe. Since they were never mentioned in Latin literature, 19th-century scholars coined a word to describe them : hipposandals. A minority of hipposandals are fitted with studs under the sole. Considering the medication described by Vegetius (propping up the healthy foot to avoid lameness in the sick one), the text no doubt refers to precisely that item, and the problematic sentence should thus be emended : clavato ferreo… calceabis (« one shall put on… a studded iron shoe »). In addition, palaeography offers an explanation for the faulty manuscripts, based on the misreading of clavato in specific late-Roman letter forms.

Die Mulomedicina des Flavius Vegetius Renatus enthält im Kapitel über die Hüftkrankheiten des Pferdes einen Satz, der bislang in gänzlich irreführender Form überliefert ist. Die in der Ausgabe von Lommatzsch vorgeschlagene Korrektur ist nicht akzeptabler: Sie würde darauf hinauslaufen, dem Tier einen Nagel einzuschlagen! Nachdem die Versuche rein philologischer Rekonstituierung nichts ergeben haben, muss man die Archäologie befragen. Diese hat in der Tat eine beträchtliche Menge von Gegenständen aus Eisen an den Tag gebracht, deren Gebrauch man lange nicht bestimmen konnte, bis man sie endlich als Teile einer Pferdeausrüstung identifizieren konnte, die vor der Erscheinung des Hufeisens in Gebrauch war. In Ermangelung eines überlieferten lateinischen Terminus hat man ihnen im 19. Jahrhundert den Namen « Hipposandalen » gegeben. Eine kleine Zahl dieser Hipposandalen weisen Stollen unter der Sohle auf. Unter Berücksichtigung der von Vegetius vorgeschlagenen Anwendung (den gesunden Fuß erhöhen, um das Hinken des kranken Fußes zu vermeiden), sind es wohl diese Hipposandalen, auf die der irreführende Satz abzielt, der dann so korrigiert werden muss: clavato ferreo... calceabis (« man wird... einen mit Nägeln versehenen Schuh aus Eisen aufsetzen »). Mit Hilfe der spätantiken Paläographie lässt sich übrigens die Erscheinung der irreführenden Formen erklären, deren Opfer das Wort clavato wurde.

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