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École nationale des chartes

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19, rue de la Sorbonne – 75005 Paris – tél. : +33 (0)1 55 42 75 00

Résumés du tome 164, fascicule 1, 2006

Laurent VEYSSIÈRE, La tombe découverte à l’abbaye de Clairvaux en 1820 est-elle celle de Guillaume de Joinville, archevêque de Reims († 1226) ? — Christine BOYER, Un témoin précoce de la réception du Manipulus florum au début du XIVe siècle : le recueil de sermons du dominicain Guillaume de Sauqueville. — Frédérique LACHAUD,  Documents financiers et histoire de la culture matérielle : les textiles dans les comptes des hôtels royaux et nobiliaires (France et Angleterre, XIIe-XVe siècle). — Naomi KANAOKA, La vie théâtrale à Compiègne entre 1450 et 1550. — Véronique JULEROT, Comment prouver au Parlement qu’on est archevêque ? Un inventaire de production pour Pierre Cadouet, archevêque de Bourges, au début du règne de Charles VIII. — Jean-Marie GUILLOUËT, Les peintres et verriers de Nantes au début de l’époque moderne et leurs statuts (1574). — Jean-Loup LEMAITRE, Amans-Alexis Monteil (1769-1850) et les manuscrits.


Laurent VEYSSIÈRE, « La tombe découverte à l’abbaye de Clairvaux en 1820 est-elle celle de Guillaume de Joinville, archevêque de Reims († 1226) ? », dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 164, 2006, p. 5-41.

La mise au jour d’une tombe sur le site de l’ancienne abbaye cistercienne de Clairvaux, le 17 août 1820, alors que l’on construisait un atelier destiné à occuper les prisonniers de la maison centrale de détention, donne aujourd’hui au musée national du Moyen Âge, à Paris, de conserver trois objets précieux qui y furent découverts : une crosse, un anneau et une épingle. L’étude de ces pièces ainsi que les nouveaux indices fournis par le récit circonstancié de la découverte de la tombe que le directeur de la prison adressa au préfet de l’Aube (publié en annexe au présent article) permettent d’affirmer qu’il s’agissait d’une sépulture d’évêque. Or, parmi les nombreux personnages extérieurs enterrés à Clairvaux, le Liber sepulchrorum de l’abbaye indique l’existence d’une seule tombe épiscopale à l’emplacement de la découverte, celle de Guillaume de Joinville, archevêque de Reims de 1219 à 1226. L’analyse stylistique des trois objets trouvés avec le corps et la datation qui en découle, la description de la sépulture, les relations entretenues depuis près d’un siècle entre la famille de Joinville et l’abbaye de Clairvaux, enfin, la date et les circonstances du décès de Guillaume, sont autant d’indices concordants qui confirment l’attribution des objets à ce grand prélat.

On 17 August 1820, while building a workhouse to provide employment for the inmates of the prison of Clairvaux, on the site of the former Cistercian abbey, a tomb was brought to light. Three precious objects were found inside, which are now preserved in the Musée national du Moyen Âge, in Paris, i. e. a crozier, a ring and a pin. An examination of these items, together with new evidence from a detailed report of the discovery written by the head warden for the prefect of the Aube department (published as an appendix to the present article), offers ample evidence that this was the tomb of a bishop. Among the many outsiders who were buried at Clairvaux, the Liber sepulchrorum of the abbey mentions only one episcopal tomb on the site of the discovery, namely that of Guillaume de Joinville, archbishop of Rheims from 1219 to 1226. A stylistic analysis of the three objects found with the body, the dating proposed as a result, the description of the tomb, the long-standing ties of the Joinville family to the abbey of Clairvaux, documented for nearly a hundred years, and, ultimately, the date and circumstances of the death of Guillaume, all fit together to support the attribution of the objects to this prominent prelate.

Die Entdeckung eines Grabes auf dem Grund der ehemaligen Zisterzienserabtei von Clairvaux am 17.8.1820 — beim Bau einer Gefangenenwerkstatt — erbrachte dem Musée national du Moyen Âge in Paris drei wertvolle Objekte : einen Bischofsstab, einen Ring und eine Schmucknadel. Die Untersuchung der Spolien und der Bericht des Gefängnisdirektors an den Präfekten der Aube über die Graberöffnung (hier im Anhang abgedruckt) zeigen eindeutig, dass es sich um ein Bischofsgrab handelte. Das Liber sepulchrorum der Abtei nennt jedoch unter den zahlreichen Persönlichkeiten von ausserhalb, die in Clairvaux begraben wurden, nur ein einziges Bischofsgrab im betroffenen Bereich, das von Guillaume de Joinville, Erzbischof von Reims zwischen 1219 und 1226. Die kunsthistorische Analyse und Datierung der drei Objekte, die Beschreibung der Grabstätte, die Verbindungen, die nahezu über ein Jahrhundert hinweg zwischen der Familie Joinville und der Abtei bestanden, schliesslich auch der Zeitpunkt und die Umstände des Todes von Guillaume liefern durchweg konvergierende Indizien für eine Zuweisung der Spolien zu diesem bedeutenden Prälaten.

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Christine BOYER, « Un témoin précoce de la réception du Manipulus florum au début du XIVe siècle : le recueil de sermons du dominicain Guillaume de Sauqueville », dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 164, 2006, p. 43-70.

Le dominicain Guillaume de Sauqueville, actif à Paris à la fin du règne de Philippe le Bel, a laissé une collection de cent huit sermons de tempore et de sanctis. L’étude de cette œuvre met en évidence un art de la prédication caractéristique de l’époque : les sermons sont construits à partir d’un extrait de l’Écriture, qui fait l’objet de divisions et de distinctions, et ils sont soutenus par une grande abondance de citations scripturaires, liturgiques ou patristiques. La particularité du travail de Guillaume de Sauqueville est de présenter des emprunts très nombreux au Manipulus florum, florilège de citations composé par Thomas d’Irlande en 1306, comme permet de le montrer une comparaison serrée. Cependant, si ce florilège, achevé depuis peu, lui a servi d’instrument de travail, Guillaume n’en a pas fait un usage exclusif : la culture textuelle du prédicateur reste toujours sensible dans son travail. Un sermon pour la fête de saint Hippolyte est édité en annexe pour illustrer l’usage fait par l’auteur des sources auxquelles il a eu recours. The Dominican Guillaume de Sauqueville, active in Paris in the later years of the reign of Philip the Fair, left a collection of one hundred and eight sermons ‘de tempore’ and ‘de sanctis’. An analysis of his work reveals features typical of the art of preaching as it was then understood. Each sermon is based on an excerpt of the Scriptures, subjected to divisions and distinctions, and supported by a wealth of scriptural, liturgical and patristic quotations. The main interest of the writings of Guillaume de Sauqueville lies in the fact that much of their subject matter was borrowed from the Manipulus florum, an anthology of authoritative quotations compiled by Thomas of Ireland in 1306, as a thorough comparison makes apparent. Yet, however often this anthology may have been used by Guillaume, it was far from being his only source : the textual competence one would expect from a preacher is also quite perceptible in his work. One of his sermons, delivered on St. Hippolytus’ day, is published as an appendix to illustrate the manner in which Guillaume put his sources to use.

Der Dominikaner Guillaume de Sauqueville, dessen Tätigkeit in Paris in das Ende der Herrschaft von Philippe le Bel fällt, hat eine Sammlung von 800 Predigten De tempore und De sanctis hinterlassen. Die Untersuchung dieses Opus erweist eine für die Zeit charakteristische Predigtkunst : Die Predigten nehmen ihren Ausgangspunkt in einem Auszug aus der Heiligen Schrift, der segmentiert und konturiert wird, und sie werden durch eine Vielzahl von Zitaten aus der Schrift, der Liturgie und der Patristik untermauert. Die Eigentümlichkeit der Arbeit von Guillaume de Sauqueville liegt — so der hier geführte Nachweis — in den sehr zahlreichen Anleihen bei dem Manipulus florum, einer von Thomas Hibernicus 1306 zusammengestellten Zitatensammlung. Neben dieser zeitgenössischen Zitatensammlung hat Guillaume jedoch auch weitere Quellen durch eigene Lektüre erschlossen, wie dies beispielhaft eine Predigt am Namenstag des Heiligen Hippolit erweist, die im Anhang ediert wird.

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Frédérique LACHAUD, « Documents financiers et histoire de la culture matérielle : les textiles dans les comptes des hôtels royaux et nobiliaires (France et Angleterre, XIIe-XVe siècle) », dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 164, 2006, p. 71-96.

Les fonds comptables des hôtels des rois et de la noblesse au Moyen Âge sont une source connue et exploitée depuis longtemps par les historiens du vêtement, de la vie de cour et du commerce. Les documents français et anglais présentent de nombreuses ressemblances, et les caractères communs de la culture matérielle dans ces régions à la fin du Moyen Âge autorisent une étude comparée. En ce qui concerne l’histoire des textiles, le caractère disparate des recherches et les difficultés inhérentes à l’exploitation de la documentation financière des hôtels, ainsi que des inventaires qui la complètent, obligent à s’interroger sur les questions de méthode soulevées par l’utilisation de cette source. En particulier, les problèmes posés par la terminologie continuent à faire de ce champ d’étude un terrain miné. Mais un certain nombre de perspectives de recherche peuvent être dégagées, qui permettraient de mieux cerner la chronologie de la fabrication des textiles et les structures de leur commercialisation.

The household accounts of mediaeval royalty and nobility have long been acknowledged and used by historians as sources for the study of clothing, court life and trade. French and English documents show many similarities, and the many aspects of material culture which both countries shared in the later Middle Ages make a comparative study possible. With regard to the history of textiles, the disparities in previous research and the difficulties inherent to the exploitation both of household accounts and of the complementary evidence found in inventories, raise a number of methodological questions about the best way to use such sources. In particular, the problems caused by incoherent terminology still make the whole field of study a minefield. Nevertheless several avenues of research may be suggested, which would make it possible to shed light on the chronology of textile manufacturing and on marketing structures.

Die Rechungsführung der mittelalterlichen Königs- und Adelspaläste ist seit langem eine bekannte und viel benutze Quelle für die Geschichte der Bekleidung, des höfischen Lebens und des Handels. Die französischen und englischen Quellen weisen zahlreiche Übereinstimmungen auf, die sich aus den gemeinsamen Zügen in der materiellen Kultur der jeweiligen Herrschaftsregionen im Spätmittelalter ergeben. Eine vergleichende Untersuchung zeigt gleichwohl, dass der sehr unausgewogene Forschungsstand und die hermeneutischen Probleme dieser Rechnungsbücher und der sie ergänzenden Inventare eine intensive Quellenkritik und eine sorgfältige Prüfung der Terminologie erfordern. Auf dieser Grundlage ergeben sich eine Reihe von Forschungsperspektiven, insbesondere zur chronologischen Schichtung der Textilherstellung und den Strukturen ihres Vertriebs.

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Naomi KANAOKA, « La vie théâtrale à Compiègne entre 1450 et 1550 », dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 164, 2006, p. 97-158.

Les archives municipales de Compiègne, et plus précisément les registres de délibérations (BB) et de comptabilité (CC), fournissent entre 1450 et 1550 des documents nombreux et homogènes sur le théâtre religieux et profane, en partie seulement mentionnés ou cités jusqu’ici par les historiens. La présente étude fournit la publication intégrale de soixante-deux documents dont trente-trois totalement inédits, ainsi qu’un essai de nouvelle synthèse, nourri d’une confrontation critique avec les études précédentes. Ces archives permettent de préciser et de confirmer certaines hypothèses sur le financement et les aspects matériels des spectacles ; elles éclairent le rôle et le statut social des participants et les diverses phases de l’organisation, depuis l’initiative jusqu’au règlement des subventions allouées par la ville. La vie théâtrale compiégnoise se distingue par des spectacles fréquents mais modestes, dont la réalisation et le public ne sortent guère du cadre local. Une figure se détache à la fin de la période : le « joueur » compiégnois Jean Jennesson, dont la carrière illustre d’une façon exemplaire le passage d’un théâtre de bénévoles à une activité plus professionnelle.

The town archive of Compiègne, especially the minutes of meetings (BB) and account books (CC), offers plentiful and consistent evidence concerning religious and secular drama from 1450 to 1550, but earlier historians have mentioned or quoted the material only in part. The present study provides the integral publication of sixty-two items, of which thirty-three were entirely unknown, as well as a tentative synthesis, based on a critical assessment of earlier research. The records make it possible to verify and specify various hypotheses on the financing and other material aspects of the spectacles ; they shed new light on the rôle and social status of participants and on the various organisational stages, from the initial decision to the payment of subsidies granted by the town council. The theatrical life of Compiègne consisted of frequent but rather low-key spectacles, and both the management and the audience remained essentially local. One figure did emerge at the end of the period : a “player” from Compiègne named Jean Jennesson, whose career perfectly exemplifies the transition from amateur theatricals to a more professional activity.

Die Sammlung der Gemeindeverordnungen (BB) und die Rechnungsbücher (CC) des Stadtarchivs von Compiègne liefern für die Zeit von 1450 bis 1550 zahlreiche und konsistente Angaben über das geistliche und weltliche Theater, deren Existenz zwar bekannt war, die bisher aber nur zum Teil von Historikern ausgewertet wurden. Die vorliegende Studie enthält eine vollständige Edition von 62 Texten, darunter 33 gänzlich neu edierte, sowie den Versuch einer Synthese, die sich mit den älteren Arbeiten kritisch auseinandersetzt. Die Archivalien erlauben es, bestimmte Hypothesen über die Finanzierung und die materiellen Aspekte der Aufführungen zu präzisieren und abzusichern. Sie erhellen die Rolle und den sozialen Status der Teilnehmer und die verschiedenen Phasen der Planung, von der formulierten Absicht einer Aufführung bis hin zu den städtischen Subventionen. Das Theaterleben von Compiègne bietet zahlreiche, aber einfache Aufführungen, bei der sowohl die Truppe als auch das Publikum fast gänzlich aus der Region stammen. Nur eine Persönlichkeit fällt gegen Ende dieser Zeit aus dem Rahmen: Der Mime Jean Jennesson, auch er aus Compiègne, dessen Laufbahn aber den exemplarischen Weg von einem Liebhaber-Theater zu einer Berufsunternehmung zeigt.

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Véronique JULEROT, « Comment prouver au Parlement qu’on est archevêque ? Un inventaire de production pour Pierre Cadouet, archevêque de Bourges, au début du règne de Charles VIII », dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 164, 2006, p. 159-201.

Pour tout procès devant un parlement, les parties ont une lourde tâche documentaire à accomplir : elles doivent recueillir le plus grand nombre de pièces qui justifient leur bon droit. L’inventaire de production est la pièce maîtresse du dossier : il n’énumère pas seulement les documents, mais les met en valeur par leur organisation et par le commentaire. Si ces inventaires ont été très nombreux dans les sacs de procédure, il en subsiste peu avant l’époque moderne : c’est le premier intérêt de celui que l’archevêque de Bourges Pierre Cadouet fit dresser en 1485, conservé aux archives départementales du Cher, et publié en annexe. Le procès, plaidé devant le parlement de Paris, est aussi d’une nature et d’une importance particulières : l’archevêque, pourvu de son siège en 1482, est contesté par Guillaume de Cambrai, que les chanoines ont élu en 1483, arguant que Cadouet leur avait été imposé par le défunt Louis XI. L’autre intérêt de l’inventaire est donc de nous faire pénétrer dans la cathédrale pour y observer tout ce qui fait la légitimité d’un archevêque : non seulement la proximité avec le pouvoir royal, mais aussi la vie liturgique et quotidienne, où se mettent en scène les relations complexes du prélat avec son chapitre et avec la communauté de son église.

In a lawsuit before a Parlement, the parties had a heavy documentary task to perform, i. e. they must collect as many records as they could to support their claims. The main piece of writing in the dossier was the inventory of all documents produced in court: its purpose was not only to list the items, but to emphasise their significance by the manner in which they were arranged and commented on. Although such inventories were used in innumerable legal procedures, few seem to have survived before the early modern period : this is one reason why attention should be drawn to the inventory compiled in 1485 for Pierre Cadouet, archbishop of Bourges, preserved in the Cher departmental archive, and published as an appendix to the present article. Brought before the Parlement of Paris, the case was also of a particular nature and significance : the archbishop, who had been appointed in 1482, was challenged the following year when the canons elected Guillaume de Cambrai, claiming that Cadouet had been imposed on them by the late Louis XI. This makes the inventory all the more remarkable, since the reader is shown inside the cathedral, so to speak, to witness all that contributed to making an archbishop legitimate: not only his close ties to the royal government, but also his liturgical activity and daily life, considered as enactments of the complex relationship between a prelate, his chapter and the local community.

Ein Prozess vor einem Parlement legt den betroffenen Parteien stets eine schwere Beweislast auf : Sie müssen eine maximale Zahl von Dokumenten vereinen, um ihr gutes Recht zu begründen. Im Kern dieser Sammlung steht jeweils ein Repertorium, das die einzelnen Dokumente nicht nur nennt, sondern sie auch durch die Strukturierung und den Kommentar wertet und gewichtet. Diese in der Vormoderne bereits sehr zahlreichen Repertorien sind nur in geringer Zahl überliefert ; schon seine Seltenheit begründet daher den Wert des Repertoriums, das der Erzbischof von Bourges, Pierre Cadouet, 1485 erstellen liess und das in den Archives départementales du Cher aufbewahrt wird (im Anhang ediert). Der vor dem Pariser Parlement ausgetragene Prozess birgt zugleich eine bestimmte Eigentümlichkeit und auch Bedeutung : Die Amtswürde von Cadouet, dessen Investitur 1482 erfolgte, wird von Guillaume de Cambrai bestritten, den die Kanoniker 1483 gewählt haben, mit dem Argument, dass Cadouet dem Kapitel von dem inzwischen verstorbenen Ludwig XI. aufgezwungen worden sei. Durch das Repertorium wird daher ein Blick in die Kathedrale möglich, der alles erfasst, was die Legitimität eines Erzbischofs ausmachen konnte : Nicht nur seine Nähe zur Königsmacht, sondern auch das liturgische und tägliche Leben, in dem die vielschichtigen Beziehungen zwischen dem Prälaten und seinem Kapitel sowie der Glaubensgemeinschaft entstehen und zelebriert werden.

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Jean-Marie GUILLOUËT, « Les peintres et verriers de Nantes au début de l’époque moderne et leurs statuts (1574) », dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 164, 2006, p. 203-226.

Les archives départementales de la Loire-Atlantique et les archives municipales de Nantes conservent deux copies anciennes du règlement de la corporation des peintres et verriers de la ville, établie en 1574, ainsi que quelques documents connexes. Ces sources permettent d’éclairer le fonctionnement d’un métier d’art et d’en comparer les règles à celles de communautés semblables connues dans d’autres villes du royaume à la même époque. Elles fournissent en outre divers renseignements sur les hommes qui composaient ce milieu professionnel et sur les circonstances immédiates de la rédaction, où se nouent manifestement des rapports de pouvoir et d’inimitié. Le règlement de la communauté des peintres et verriers de Paris paraît avoir servi de modèle principal à la formulation du texte nantais, mais ce dernier comporte aussi des singularités, adaptées à la situation particulière de la cité ligérienne.

The Loire-Atlantique departmental archive and the town archive of Nantes preserve two ancient copies of the statute of the local corporation of painters and glaziers, established in 1574, together with a few other related documents. These sources shed new light upon the inner workings of an artistic trade and make it possible to compare its rules and regulations with those of similar communities documented in other French cities during the same period. Moreover, they provide various pieces of information about the individuals involved in that professional environment, and about the immediate context of its reorganisation, a context rife with issues of power and egos. Those responsible for drafting the statute seem to have depended on that of the community of painters and glaziers of Paris as their main source of inspiration, but the resulting text also contains some peculiarities, tailored to the specific situation of Nantes.

Die Archives départementales de la Loire-Atlantique und das Stadtarchiv von Nantes verwahren zwei alte Kopien der Zunftordnung der Maler und der Glasmaler der Stadt (1574), zusammen mit einigen dazugehörigen Dokumenten. Diese Quellen erlauben es, die Funktionsformen eines Kunsthandwerks zu erhellen und seine Regeln mit jenen aus vergleichbaren zeitgenössischen Milieus anderer Städte des Königreichs zu konfrontieren. Sie liefern weiterhin unterschiedliche Informationen über die Männer, die diesen Berufsstand bildeten, sowie über die unmittelbaren Umstände der Abfassung der Ordnung, bei der offensichtlich Machtverhältnisse und Feindschaften auf vielen Ebenen ineinanderspielten. Die Zunftordnung der Maler und Glasmaler von Paris scheint das wichtigste Vorbild für den Nanteser Text gewesen zu sein, der aber auch Eigentümlichkeiten enthält, die sich aus der besonderen Situation der Hafenstadt ergeben.

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Jean-Loup LEMAITRE, « Amans-Alexis Monteil (1769-1850) et les manuscrits », dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 164, 2006, p. 227-249.

Amans-Alexis Monteil a constitué autour des années 1830 une importante collection de manuscrits (livres et documents d’archives), connue à travers le catalogue d’une vente faite en 1830, son Traité de matériaux manuscrits de divers genres d’histoire (Paris, 1835-1836) et les catalogues de deux ventes posthumes en 1850 et 1851. Libraire avant tout, il a rassemblé ces documents pour en faire commerce plutôt que par plaisir, même s’il les a aussi utilisés dans son Histoire des Français des divers états. Peu regardant sur les provenances, il a notamment revendu à la Bibliothèque royale des livres volés à la bibliothèque municipale de Tours. Le Traité, en réalité un catalogue à prix marqués, est précédé de « Considérations » où Monteil expose ses principes de conservation et de conditionnement des manuscrits ; quelques-uns ont été adoptés par certaines bibliothèques, comme la fixation des chartes dans des albums ou le découpage des rouleaux et leur montage en codex. Il serait intéressant pour l’histoire des bibliothèques de reconstituer « virtuellement » cette collection en combinant les catalogues de Monteil et les manuscrits aujourd’hui conservés dans les collections publiques.

Around the 1830s Amans-Alexis Monteil built up a significant collection of manuscript books and documents, documented in the catalogue of a sale held in 1830, in his Traité de matériaux manuscrits de divers genres d’histoire (Paris, 1835-6) and in the catalogues of two further, post mortem sales in 1850 and 1851. Primarily a bookseller, Monteil gathered such documents for profit rather than pleasure, even though he did put them to good use in his Histoire des Français des divers états. Somewhat unscrupulous as to provenance, he sold the Bibliothèque royale books that had been stolen from the public library of Tours, among other transactions. The Traité, actually a priced catalogue, contains a preamble (“Considérations”), expounding Monteil’s personal principles of book care and preservation ; some of them were later enforced in certain public libraries, e. g. binding charters together into albums or cutting up rolls to assemble them into codices. The history of libraries could benefit from a virtual reconstruction of the collection, based both on Monteil’s catalogues and on those of his manuscripts that are now kept in public collections.

Amans-Alexis Monteil hat in den 1830er Jahren eine umfangreiche Sammlung von Handschriften (Codices und Archivalien) zusammengestellt, deren Inhalt durch verschiedene Kataloge bekannt ist : Einen Verkaufskatalog von 1830, den von Monteil verfassten Traité de matériaux manuscrits de divers genres d'histoire (Paris, 1835-1836) und zwei postume Verkaufskataloge von 1850 und 1851. Der Buchhändler hat diese Texte eher aus kommerziellen Interessen denn aus Liebhaberei gesammelt, auch wenn er sie zugleich für seine Histoire des Français des divers états verwendet hat. Die Herkunft der Dokumente war zum Teil zweifelhaft ; so verkaufte Monteil der Bibliothèque royale Buchhandschriften, die aus der Stadtbibliothek von Tours entwendet worden waren. Der Traité — in Wahrheit auch er ein Verkaufskatalog mit Preisangaben — wird durch eine Reihe von Considérations eingeleitet, in denen Monteil seine archivalischen Prinzipien darlegt ; diese wiederum wurden zum Teil von verschiedenen Bibliotheken übernommen, etwa die Einbindung von Urkunden in Alben oder das Aufschneiden von Pergamentrollen und ihre Konstitution als Codex. Für die Bibliotheksgeschichte von Interesse wäre eine virtuelle Rekonstruktion dieser Sammlung aufgrund der genannten Kataloge und der Angaben in den heute öffentlich verwahrten Handschriften.

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