Michel BOCHACA, Les relations économiques entre villes et campagnes dans la ville méridionale (XIIIe-XVe siècle), bilan et perspectives de recherche. — Isabelle GUYOT-BACHY et Jean-Marie MOEGLIN, Comment ont été continuées les Grandes Chroniques de France dans la première moitié du XIVe siècle ? — Nicole PONS,Guillaume Saignet, lecteur de Gilles de Rome. — Fabrice DÉLIVRÉ, Les chroniques de Saint-Pierre-le-Vif au miroir de la primatie sénonaise : enquête sur les manuscrits d’Odorannus, du Pseudo-Clarius et de Geoffroy de Courlon. — Véronique RAGOT-DELCOURT, Un révélateur des rapports entre Rome et les missions au XIXe siècle : le contrôle des livres publiés en Extrême-Orient.
Michel BOCHACA, « Les relations économiques entre villes et campagnes dans la ville méridionale (XIIIe-XVe siècle), bilan et perspectives de recherche », dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 163, 2005, p. 353-384.
L’importante bibliographie disponible sur les villes et les campagnes du Midi de la France à la fin du Moyen Âge laisse à penser que leurs relations économiques sont bien connues. À y regarder de plus près, monographies urbaines, d’un côté, et études rurales centrées sur un « pays », de l’autre, ont suscité des approches plus souvent parallèles que convergentes. Par-delà les idées générales et quelques cas habituellement cités comme exemple, quel bilan global peut-on dresser à l’échelle des régions méridionales ? Une telle synthèse, dont on se propose de poser les premiers jalons, impose une réflexion méthodologique préalable (pertinence des cadres territoriaux pris en compte, choix cartographiques pour la restitution des phénomènes observés). Les échanges économiques entre villes et campagnes prenaient tout d’abord la forme d’une tutelle agricole citadine sur les campagnes (contrôle et gestion d’un patrimoine foncier rural, implication des citadins dans l'élevage et le commerce du bétail). Reposant sur l’échange mutuel de biens et de services, la complémentarité ville-campagnes tendait toutefois à tourner à la dépendance des secondes, en particulier par le biais du crédit dont les citadins étaient en grande partie les maîtres.
Die umfassende Sekundärliteratur über Stadt und Land im spätmittelalterlichen Südfrankreich könnte den Eindruck erwecken, dass deren wirtschaftliche Wechselbeziehungen gut bekannt seien. Bei näherer Betrachtung erweist sich jedoch, dass neben Monographien zur Stadtgeschichte relativ unverbunden solche über regionale Studien zu bestimmten Landschaften (« pays ») stehen. Es fragt sich daher, welche Gesamtinterpretation ‒ jenseits der ganz grossen Linien und der wenigen, immer wieder zitierten Fallstudien ‒ für die Gesamtheit der südfranzösischen Regionen möglich ist. Der Beitrag versteht sich als erster Schritt zu einer derartigen Synthese, die zunächst methodische Vorüberlegungen erfordert (Relevanz der ausgewählten räumlichen Entitäten, kartographische Darstellung der beobachteten Phänomene). Die Wirtschaftsbeziehungen zwischen Städten und umgebendem Land entsprachen im wesentlichen einer städtischen Vormundschaft über das Land als landwirtschaftlichem Produzenten (Aufsicht und Verwaltung des Landeigentums, Teilhabe der Städter an Viehzucht und -handel). Auch wenn das Zusammenspiel von Stadt und Land auf der Grundlage eines wechselseitigen Austauschs von Gütern und Dienstleistungen beruhte, neigte es doch zu einer Abhängigkeitsbildung, insbesondere durch das Kreditwesen, das ganz überwiegend in den Händen der Städter lag.
In view of the countless studies that have been dedicated to town and country in the late Middle Ages, one might think their mutual economic relations are now well known. Yet a closer look both at town monographs and local rural studies shows that their authors have followed parallel, rather than converging, paths. Apart from general ideas and a few often-quoted examples, what global conclusions can one draw on a regional scale, for instance about the South of France? A synthetic view, such as that which the present study aims to outline, asks for methodological reflections first, e.g. on the relevance of the territorial framework under consideration, and on cartographic options for the mapping of observed phenomena. Economic exchange between town and country consisted primarily of urban command over agriculture in the surrounding country, through the possession and management of landed estates or the involvement of townspeople in cattle breeding and trading. Though based on the reciprocal exchange of goods and services, complementarity between town and country tended to subject the latter to the former, especially through the use of credit, which was mostly in the hands of townspeople.
Isabelle GUYOT-BACHY et Jean-Marie MOEGLIN, « Comment ont été continuées les Grandes Chroniques de France dans la première moitié du XIVe siècle ? », dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 163, 2005, p. 385-433.
Dans le premier tiers du XIVe siècle, plusieurs tentatives menèrent le texte du « Roman des rois », premier noyau des Grandes Chroniques de France, compilé à Saint-Denis par le moine Primat, au-delà de 1223. La solution la plus consensuelle fut de recourir à la Chronique française abrégée des rois de France de Guillaume de Nangis, amplifiée et continuée à Saint-Denis après sa mort. Dans les années 1350, Richard Lescot adopta un parti sensiblement différent : retour aux Vies de Louis IX et Philippe III, puis mise au point d’un schéma compilatoire qui associe la Chronique française abrégée au Chronicon de Guillaume de Nangis et à ses deux continuations latines ; après 1322, la seconde continuation, désormais source principale, fut complétée par la continuation de la chronique de Géraud de Frachet et la Chronique de Flandre. Après 1340, le compilateur n’utilise plus la chronique de Flandre mais se sert toujours de la continuation de Géraud de Frachet jusqu’à la fin de l’original du texte en 1344. En revanche il fait désormais un usage important, jusqu’en 1347, de la continuation de la Chronique française abrégée de Guillaume de Nangis. Cette continuation n’est certes conservée que dans des versions allant jusqu’au début des années 1380 et donc postérieures à la « version Richard Lescot » des Grandes Chroniques. Mais l’on peut démontrer qu’un état intermédiaire de ce texte a existé et qu’il s’arrêtait peu avant la reddition de Calais en 1347. La prise en compte de ces deux sources dont l’une a été mal identifiée (la Chronique de Flandre) et dont l’autre a été jusqu’à présent ignorée (la continuation de la Chronique abrégée des rois de France) permet d’éclairer la manière de travailler de l’auteur chargé du règne de Philippe VI dans les Grandes Chroniques.
Im ersten Drittel des 14. Jahrhunderts wurde der Text des « Roman des rois » über das Jahr 1223 hinaus fortgeschrieben. Dieser erste Kern der Grandes Chroniques de France wurde in Saint-Denis von dem Mönch Primat angelegt; seine Fortsetzung wurde auf unterschiedlichen Wegen versucht. Die grösste Akzeptanz fand der Ansatz, auf die Chronique française abrégée des rois de France von Guillaume de Nangis zurückzugreifen, die nach dessen Tod in Saint-Denis erweitert und fortgeschrieben worden war. Eine andere Lösung versuchte Richard Lescot in den 50er Jahren des 14. Jahrhunderts: er griff auf die Viten von Ludwig IX. und Philipp III. zurück und entwarf den Plan einer Kompilation, die auf der Chronique française abrégée, dem Chronicon und dessen zwei lateinischen Fortsetzungen beruhte; die zweite lateinische Fortsetzung wurde für die Zeit nach 1322 ‒ für die sie die wichtigste Quelle darstellte ‒ ihrerseits ergänzt durch die Fortsetzung der Chronik von Géraud de Frachet und die Chronique de Flandre. Ab 1340 verwendet der Kompilator dann nicht mehr die flandrische Chronik sondern nurmehr die Fortsetzung der Chronik von Frachet bis zum Ende des Originaltexts (1344). Dafür greift er ‒ bis 1347 ‒ intensiv auf die Fortsetzung der Chronique française abrégée von Guillaume de Nangis zurück. Diese Fortsetzung ist zwar nur in Versionen überliefert, die bis zum Anfang der 1380er Jahre reichen und die daher nach der « version Richard Lescot » der Grandes Chroniques anzusiedeln sind; aber es lässt sich nachweisen, dass eine Übergangsform dieses Textes existiert hat und dass diese bis kurz vor der Rückgabe von Calais (1347) reichte. Die Berücksichtigung dieser beiden Quellen, von denen eine bisher falsch identifiziert (die Chronique de Flandre), die andere unbekannt war (die Fortsetzung der Chronique abrégée des rois de France) erlaubt es, die Arbeitsweise des Autors offenzulegen, der mit der Herrschaft Philipps VI. in den Grandes Chroniques betraut war.
In the first third of the 14th century, several attempts were made to extend the “Roman des rois”, i.e. the original nucleus of the Grandes Chroniques de France, compiled at Saint-Denis by the monk Primat, beyond 1223. The preferred solution was to use the Chronique française abrégée des rois de France by Guillaume de Nangis, enlarged and continued at Saint-Denis after his death. In the 1350s, Richard Lescot chose a somewhat different option: he reverted to the Vitae of Louis IX and Philip III, and next devised a compilation based on the Chronique française abrégée and the Chronicon of Guillaume de Nangis together with its two Latin continuations. From 1322, the second continuation, being the main source for the period, was supplemented with the chronicle of Géraud de Frachet and the Chronique de Flandre. After 1340, although he kept using the continuation of Géraud de Frachet’s chronicle up to the point where the original breaks off in 1344, the compiler ceased to use the Chronique de Flandre. Instead, up to 1347, he made conspicuous use of the continuation of Guillaume de Nangis’s Chronique française abrégée. All known copies of that text extend into the early 1380s, and thus belong to a later period than the “Richard Lescot version” of the Grandes Chroniques de France. But it can be proved that an intermediate version once existed, one that ended shortly before the surrender of Calais in 1347. By taking into account these two sources, of which one was incorrectly identified (the Chronique de Flandre) and one hitherto unknown (the continuation of the Chronique française abrégée), it is possible to shed new light upon the methods of the author responsible for the reign of Philip VI in the Grandes Chroniques.
Nicole PONS, « Guillaume Saignet, lecteur de Gilles de Rome », dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 163, 2005, p. 435-480.
Guillaume Saignet (1365/1370-1444), juriste languedocien lié aux milieux cardinalices et au roi des Romains Sigismond, accomplit une brillante carrière au service de la maison d’Anjou et de Charles VII, pour lesquels il effectua de nombreuses missions. Sénéchal de Beaucaire en 1416, il termina sa carrière en Provence, dont il devint le chancelier en 1429. Ce fut également un orateur et un écrivain en contact avec Jean Gerson. Le discours qu’il prononça à l’entrevue de Pontoise en juillet 1413 marqua les contemporains. On connaît de lui deux traités ; le premier, une Lamentacio humane nature, dénonce les méfaits engendrés par l’obligation du célibat des prêtres ; le second, perdu, portait sur la noblesse. Il est peut-être aussi l’auteur d’un traité démontrant les responsabilités anglaises dans le déclenchement de la guerre de Cent ans, le Fluxo biennali spacio. À la fin de ses études et à partir d’une lecture attentive du De regimine principum de Gilles de Rome, Guillaume Saignet a rédigé des notes, ici analysées et éditées. Elles expriment ses préoccupations sur la justice et le gouvernement, son rejet du désordre social et son respect de la hiérarchie sociale, ainsi que son hostilité envers le célibat obligatoire.
Der languedokische Jurist Guillaume Saignet (1365/70-1444), der enge Verbindungen sowohl zu einer Reihe von Kardinälen als auch mit dem römischen Kaiser Sigismund unterhielt, durchlief eine brillante Karriere im Dienst des Hauses Anjou und des Königs Karls VII., für die er zahlreiche Missionen unternahm. 1416 wurde er zum Sénéchal von Beaucaire ernannt, 1429 zum Kanzler der Provence, wo er seine Laufbahn beendete. Saignet profilierte sich zugleich als Redner und als Schriftsteller, im Kontakt mit Jean Gerson. Seine Rede anlässlich des Treffens von Pontoise (Juli 1413) beeindruckte seine Zeitgenossen. Wir kennen zwei Traktate aus seiner Feder: Der erste, eine Lamentacio humane nature, thematisiert die durch das Zölibatsgebot der Priester bedingten Auswüchse; der zweite ‒ heute verloren ‒ behandelt den Adel. Möglicherweise war Saignet auch der Autor des Traktats Fluxo biennali spacio, der die englische Schuldhaftigkeit in der Entstehung des hundertjährigen Krieges nachweist. Am Ende seines Studiums hat Gilles Saignet, inspiriert vom De regimine principum (Gilles de Rome), eine Reihe von Notizen redigiert, die hier ediert und analysiert werden. Er verleiht darin seiner Sorge über Justizwesen und Verwaltung Ausdruck, beschreibt seine Ablehnung der Unordnung und zugleich seinen Respekt vor der sozialen Hierarchie sowie schliesslich seine Gegnerschaft des obligaten Zölibats.
A jurist from Languedoc with ties to several cardinals and to Sigismund, king of the Romans, Guillaume Saignet (1365/70-1444), enjoyed a brilliant career in the service of the House of Anjou and of King Charles VII, both of whom entrusted him with many missions. Appointed seneschal of Beaucaire in 1416, he spent the end of his career in Provence, where he became chancellor in 1429. He was also an orator and writer acquainted with Jean Gerson. He impressed his contemporaries with the speech he delivered at the interview of Pontoise (July 1413). He is known to have written two treatises : the first, Lamentacio humane nature, deplored the misdemeanours caused by the obligation of priestly celibacy ; the second, now lost, concerned the nobility. He might be the author of a further treatise, Fluxo biennali spacio, illustrating the responsibilities of the English in starting the Hundred Years War. His careful reading of Giles of Rome’s De regimine principum is also reflected in some notes put together while completing his education, which are analysed and published in the present article. They express his concerns about justice and government, his aversion to social disorder and respect of social hierarchy, as well as his opposition to obligatory celibacy.
Fabrice DÉLIVRÉ, « Les chroniques de Saint-Pierre-le-Vif au miroir de la primatie sénonaise : enquête sur les manuscrits d’Odorannus, du Pseudo-Clarius et de Geoffroy de Courlon », dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 163, 2005, p. 481-503.
En quête de preuves pour défendre, face aux métropolitains de Lyon, la possession et l’usage de la primatie des Gaules, les archevêques de Sens Louis de Melun (1432-1474) et Tristan de Salazar (1474-1519) lancèrent d’importantes campagnes de prospection dans les trésors et bibliothèques des établissements ecclésiastiques de leur diocèse. L’abbaye de Saint-Pierre-le-Vif fut successivement visitée en 1454, 1502 puis 1511. Trois chroniques monastiques locales, composées entre le milieu du XIe et la fin du XIIIe siècle, la chronique d’Odorannus, une chronique réalisée à plusieurs mains et attribuée à Clarius ainsi que la chronique de Geoffroy de Courlon, firent l’objet de transcriptions authentiques. Les procès-verbaux et les extraits du début du XVIe siècle fournissent de nombreux indices sur l’aspect matériel autant que sur le contenu des livres. Ils permettent de déterminer avec précision les exemplaires mis à profit lors de l’enquête, qui donna lieu à des annotations et à des signes de numérotation de la part des notaires. Ils apprennent qu’une Passion et translation de saint Savinien, premier évêque de Sens, précédait les Opuscules d’Odorannus. Ils invitent, plus généralement, à un réexamen de la tradition et de la circulation de trois œuvres issues de l’un des plus célèbres scriptoria de la France septentrionale.
Auf der Suche nach Beweisen für die Zuschreibung und Ausübungsgewalt des Primats über die Gallia unternahmen die Erzbischöfe von Sens, Louis de Melun (1432-1474) und Tristan de Salazar (1474-1519), umfassende Recherchen in den Urkundensammlungen und Bibliotheken der kirchlichen Einrichtungen ihrer Diözese. Die Abtei von Saint-Pierre-le-Vif wurde gleich mehrfach besucht, 1454, 1502 und 1511. Drei lokale monastische Chroniken, die zwischen der Mitte des 11. und dem Ende des 13. Jahrhunderts angefertigt worden waren, wurden textgenau abgeschrieben: Die Chronik des Odorannus, eine Clarius zugeschriebene, aber von mehreren Händen verfasste Chronik und die Chronik von Geoffroy de Courlon. Die Berichte und Teilabschriften aus dem beginnenden 16. Jahrhundert liefern zahlreiche Indizien sowohl für das Aussehen wie für den Inhalt der Bücher. Anhand der von den Notaren eingetragenen Randglossen und Numerierungen können die Exemplare, die bei den Recherchen verwendet wurden, präzise bestimmt werden. Es tritt zutage, dass eine Passion und eine Translation des Heiligen Savinien, erster Bischof von Sens, den Schriften des Odorannus vorausgingen. Diese Quellen plädieren weiterhin für eine Neuuntersuchung der Tradition und der Ausbreitung von drei Werken, die in einem der berühmtesten Skriptorien Nordfrankreichs entstanden sind.
Seeking evidence to defend their claim to and the usage of the primacy of the Gauls against the Metropolitan of Lyon, the archbishops of Sens Louis de Melun (1432-74) and Tristan de Salazar (1474-1519) ordered several large-scale enquiries in the treasuries and libraries of the religious houses of their diocese. The abbey of Saint-Pierre-le-Vif was successively visited in 1454, 1502 and 1511. Authentic copies were made of three local monastic chronicles, dating from the mid-11th to the late 13th century: the chronicle of Odorannus, a chronicle by several authors ascribed to Clarius, and the chronicle of Geoffroy de Courlon. The proceedings and excerpts from the early 16th century offer ample information concerning the physical attributes of the books as well as the texts. They make it possible to identify the precise copies used for the investigation, which were at the same time annotated and numbered by the notaries involved. They prove that a Passion and Translation of saint Savinian, first bishop of Sens, once preceded the Opuscula of Odorannus. More generally, they invite a reconsideration of the transmission and circulation of three texts produced by one of the most illustrious scriptoria in northern France.
Véronique RAGOT-DELCOURT, « Un révélateur des rapports entre Rome et les missions au XIXe siècle : le contrôle des livres publiés en Extrême-Orient », dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 163, 2005, p. 505-524.
Les textes composés par les missionnaires catholiques d’Extrême-Orient étaient soumis à un contrôle strict de la part de Rome pour éviter que ne ressurgissent les erreurs condamnées lors de la Querelle des rites. À partir de 1770, les écrits traitant de religion et de matières ecclésiastiques durent être envoyés à la Propaganda Fide, tandis que les petits ouvrages à l’usage des fidèles, tels que catéchismes et livres de prières, restaient du ressort du vicaire apostolique. C’est seulement la constitution Officiorum ac munerum de 1897 qui remit tout le contrôle des publications à l’ordinaire du lieu. Dans les faits pourtant, même avant Léon XIII, l’application des normes était relativement souple. Il existait un certain décalage entre les normes édictées par la Propagande, l’interprétation que celle-ci en donnait et l’application dans les missions. L’étude de la censure des livres est très révélatrice de la relative autonomie des missions vis-à-vis de Rome. La centralisation des affaires missionnaires au profit de la Propagande, que l’on voudrait caractéristique du XIXe siècle, s’avérait somme toute bien imparfaite.
Die von den katholischen Missionaren in Fernost abgefassten Texte waren einer strikten Kontrolle durch den Vatikan unterworfen, um zu vermeiden, dass im Ritenstreit verurteilte Fehler wieder zutage treten könnten. Ab 1770 mussten die Schriften über Religion und Kirche der Propaganda Fide geschickt werden, kleinere Texte für die Gläubigen (Katechismus und Gebetbücher) blieben im Aufgabenbereich des apostolischen Vikars. Erst die Ordnung Officiorum ac munerum von 1897 wies dem örtlichen Missionsleiter die Aufsicht über die Veröffentlichungen zu. Die Praxis war jedoch schon vor Leo XIII. von einer geringen Strenge in der Anwendung der Normen geprägt. Es bestand eine bestimmte Diskrepanz zwischen den von der Propaganda erlassenen Regeln, deren eigener Interpretation und der letztlichen Anwendung in den Missionen. Die Untersuchung der Buchzensur ist ein deutliches Anzeichen für die relative Autonomie der Missionen gegenüber Rom. Die Zentralisierung der Missionsangelegenheiten zugunsten der Propaganda, die man als charakteristisch für das 19. Jahrhundert angesehen hat, erwies sich als weitgehend löchrig.
The writings of catholic missionaries to the Far East were strictly controlled from Rome to prevent any renewal of the errors previously condemned in the Chinese Rites Controversy. From 1770, texts dealing with religious and ecclesiastical matters were to be communicated to the Propaganda Fide, whereas lesser works for the use of the faithful, such as catechisms and prayer books, remained the responsibility of the apostolic vicar. It was only the 1897 constitution Officiorum ac munerum that gave control over all publications to the Ordinary. In fact however, even before Leo XIII, the application of regulations was relatively flexible. There was some margin between the regulations enacted by the Propaganda, its own interpretation of them and the way they were applied in the missions. The study of the censure of books is very revealing about the comparative autonomy of the missions with respect to Rome. The centralisation of missionary affairs under the authority of the Propaganda, ostensibly a characteristic of 19th-century Church history, proved altogether quite imperfect.