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École nationale des chartes

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19, rue de la Sorbonne – 75005 Paris – tél. : +33 (0)1 55 42 75 00

Résumés du tome 162, fascicule 2, 2004

  1. Les « caractères » magiques au Moyen Âge (XIIe-XIVe siècle), par Benoît GRÉVIN et Julien VÉRONÈSE.
  2. L'empereur, le grand maître et la Prusse : la Bulle de Rimini en question (1226/1235), par Sylvain GOUGUENHEIM.
  3. Autour du « Testament politique » de Richelieu : à la recherche de l'auteur perdu (1688-1778), par Laurent AVEZOU.
  4. Voyageurs et bibliothèques dans l'Italie du XVIIIe siècle : des « mirabilia » au débat sur l'utilité publique, par Emmanuelle CHAPRON.
  5. Sources de l'histoire africaine aux XIXe et XXe siècles, par Saliou MBAYE.
  6. La famille de l'abbé Suger, par Rolf GROSSE.
  7. Deux actes de Suger : les franchises de Vaucresson et de Puteaux, par Olivier GUYOTJEANNIN.
  8. Brouillons de lettres pontificales dans le « Rotulus de negotio albigensi » (1221-1225), par Richard KAY.
  9. La pratique du transfixe dans la Hongrie du XIIIe siècle, par László SOLYMOSI.

Benoît GRÉVIN et Julien VÉRONÈSE, Les « caractères » magiques au Moyen Âge (XIIe-XIVe siècle), dans Bibliothèque de l'École des chartes, t. 162, 2004, p. 305-379.

Les signes mystérieux abondent dans les manuscrits de magie des XIIIe, XIVe et XVe siècles : appelés parfois " caractères ", ils sont supposés être dotés d'une vertu aux multiples effets. Leur étrangeté leur a valu d'être exclus de la plupart des études récentes sur la magie médiévale ; leur recensement permet d'apprécier leur diversité morphologique et la plasticité des dénominations qui leur sont attachées dans les manuscrits. Les " caractères magiques " sont aussi présents dans des traités de théologie (Guillaume d'Auvergne, Thomas d'Aquin) et de linguistique (al-Kindî, Roger Bacon) du XIIIe siècle, qui réfléchissent sur la valeur contractuelle du signe d'écriture et les conditions de sa licéité. Ce dernier problème est d'autant plus brûlant que le mot character est, dans le monde latin, doté d'une pluralité de significations dont certaines touchent au dogme. Par une amorce d'analyse graphique, on peut s'interroger sur l'existence de liens morphologiques entre caractères magiques et signes d'écriture d'horizons linguistiques fort divers (alphabets orientaux, runes, sténographie, cryptographie). De possibles phénomènes de dérivation de ceux-ci vers ceux-là tendent à prouver que le savoir graphique mystérieux des textes de magie n'est pas complètement étranger à la culture linguistique des clercs occidentaux.

Die Handschriften mit magischen Texten enthalten vom 13. bis zum 15. Jahrhundert zahlreiche enigmatische Zeichen, die man verschiedentlich als "Buchstaben" bezeichnet und für die man unterschiedliche Funktionen annimmt. Ihre Fremdheit hat dazu geführt, dass sie in der Mehrzahl der jüngeren Studien zur mittelalterlichen Magie nicht betrachtet wurden; ein Inventar dieser Formen zeigt ihre morphologische Vielfalt und die Varianz der Bezeichnungen, die in den Texten an sie gebunden sind. Die "magischen Buchstaben" treten auch in anderen Traktaten des 13. Jahrhunderts auf, sowohl theologischen (Guillaume d'Auvergne, Thomas d'Aquin) wie linguistischen Inhalts (al-Kindî, Roger Bacon); solche Texte räsonnieren über die konventionelle Natur der Schriftzeichen und über die Bedingungen ihrer Zulässigkeit. Eben diese Frage ist besonders heikel, da das Wort character in der lateinischen Welt eine Reihe von Bedeutungen hat, die über "Buchstabe" weit hinausgehen und zum Teil dogmatische Implikationen aufweisen. Eine erste kalligraphische Analyse erspürt mögliche Verbindungen in der Zeichengestalt zwischen den magischen "Buchstaben" und anderen Schriftzeichen ganz unterschiedlicher Art (orientalische Alphabete, Runen, Kurzschrift, Kryptographie). Es ist nicht ausgeschlossen, dass die magischen Zeichen von anderen, konventionellen Zeichen abgeleitet sind, was nahelegt, dass das Wissen um die "enigmatischen" Zeichen in den Texten der Magie nicht von der sprachlichen Reflexion und der Sprachkultur des religiös geprägten Okzidents zu trennen ist.

A great number of mysterious signs are to be found in books of magic from the 13th, 14th and 15th centuries. Occasionally described as "characters", they were supposed to possess a power with multiple effects. Their peculiarity has caused them to be excluded from most recent studies of mediaeval magic; but a systematic survey reveals the multifarious forms they could assume and the changing names they were given in manuscripts. "Magic characters" also occur in 13th-century treatises on theology (William of Auvergne, Thomas Aquinas) and language (al-Kindî, Roger Bacon) concerned with the conventional value of writing signs and the conditions for their legitimate use. The latter problem was all the more acute since the word "character" was invested with widely varying meanings in the Latin world, some of which touched on dogma. A tentative graphic analysis shows that the form of magic characters might relate to writing signs from various linguistic backgrounds (such as Eastern alphabets, runes, stenography and cryptography). Possibly derived from such sources, they tend to prove that the mysterious graphic knowledge expressed in magic texts was not unconnected with the linguistic culture of Western clerics.

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Sylvain GOUGUENHEIM, L'empereur, le grand maître et la Prusse : la Bulle de Rimini en question (1226/1235), dans Bibliothèque de l'École des chartes, t. 162, 2004, p. 381-420.

La Bulle de Rimini, par laquelle l'empereur Frédéric II aurait en 1226 autorisé l'ordre teutonique à recevoir le Culmerland et à envahir la Prusse, pose de nombreux problèmes, et l'on a pu soupçonner les versions conservées de remonter à 1235. Le contexte historique y pousse, autant que l'octroi par l'empereur de privilèges analogues à ceux des princes d'Empire, qui ne furent sanctionnés qu'en 1231/1232. Cette datation ne résout pourtant pas toutes les contradictions, et de nouvelles hypothèses peuvent être avancées. En premier lieu, il apparaît que l'on ne peut plus proposer l'argument d'une donation de la Prusse, en 1226, au landgrave de Thuringe : celui-ci reçut alors le Pleissenland. Un faisceau d'indices permet de supposer que le texte aujourd'hui connu de la Bulle de Rimini est issu d'un remaniement, sans doute à la suite de la capture de l'évêque de Prusse Christian et après l'octroi des privilèges aux Princes d'empire. Relu, le texte de la Bulle apparaît comme hérissé d'une série d'interpolations, mais le tout est loin de contredire l'intervention pontificale sanctionnée par la Bulle de Rieti (1234) : les deux actes au contraire se complètent à merveille, et doivent beaucoup à l'intelligence politique du grand maître Hermann de Salza, qui y obtint des garanties totales protégeant la terre de Prusse contre ses voisins.

Die Bulle von Rimini, mit der Kaiser Friedrich II. 1226 dem teutonischen Orden Culmerland zugestanden und den Angriff auf Preussen zugelassen hätte, wirft zahlreiche Probleme auf; man hat vermutet, dass die überlieferten Versionen auf das Jahr 1235 zurückgehen. Der historische Kontext legt das ebenso nahe wie die Ähnlichkeit zu kaiserlichen Privilegien für die Reichsfürsten, die erst 1231/32 erlassen wurden. Diese Datierung löst jedoch nicht alle Widersprüche, was zu neuen Hypothesen führt. Zunächst wird das Argument einer Schenkung von Preussen an den Landgraf von Thüringen im Jahre 1226 hinfällig: Bei dieser Schenkung handelte es sich um das Pleissenland. Eine Reihe von Indizien lässt vermuten, dass der heute bekannte Text der Bulle von Rimini das Ergebnis einer Überarbeitung ist, die nach der Gefangennahme von Bischof Christian von Preussen und nach der Erlassung der kaiserlichen Privilegien für die Reichsfürsten erfolgte. In dieser Lesart erkennt man den Text der Bulle als intensiv interpolierten Text, wobei das vorliegende Ergebnis in keiner Weise der päpstlichen Intervention widerspricht, die sich in der Bulle von Rieti (1234) widerspiegelt: Beide Dokumente ergänzen sich in idealer Weise und schulden viel dem politischen Geschick des Grossmeisters Hermann von Salza, der vollständige Garantien erhielt, um die Ländereien Preussens gegen seine Nachbarn zu schützen.

The Bull of Rimini, by which Emperor Frederick II is said to have granted the Teutonic Order both Culmerland and the right to invade Prussia, poses a number of problems, and it has been suspected that the extant versions could have originated in 1235. The historical context supports this view, as well as the privileges awarded by the emperor, which are similar to those of the princes of the Empire sanctioned only in 1231-1232. Yet this redating is not enough to solve all contradictions, and the question requires further thought. Firstly, it no longer seems possible to refer to the alleged donation of Prussia to the landgrave of Thuringia in 1226: in actual fact it is Pleissenland he received. Converging evidence suggests that the text of the Bull of Rimini as it is known today was rewritten, probably after Christian, bishop of Prussia, was taken prisoner and the princes of the Empire were granted their own privileges. Subjected to a new reading, the Bull appears to be thick with interpolations, but on the whole far from contradicting the papal intervention sanctioned by the Bull of Rieti (1234). Quite the opposite, both documents are perfectly complementary, owing much to the political skill of Grand Master Hermann of Salza, who thus obtained total security for the land of Prussia against its neighbours.

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Laurent AVEZOU, Autour du « Testament politique » de Richelieu : à la recherche de l'auteur perdu (1688-1778), dans Bibliothèque de l'École des chartes, t. 162, 2004, p. 421-453.

La controverse autour de l'authenticité du Testament politique du cardinal de Richelieu a commencé dès la publication de l'ouvrage en 1688, pour se poursuivre jusqu'à la mort de son principal animateur, Voltaire, en 1778. Elle a connu son plus notable temps fort de 1750 à 1764, opposant ce dernier à l'académicien oratorien Foncemagne. À travers elle se combattent deux conceptions de l'analyse documentaire et, au-delà, de l'histoire : l'une, voltairienne, qui privilégie l'interprétation sur l'évaluation, l'autre qui, dans l'esprit de l'érudition bénédictine et de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, donne le rôle principal à la critique interne et externe, et se refuse à interpréter ce qui n'est pas interprétable. En se plaçant sur le terrain de l'érudition, qu'il maîtrise mal, Voltaire pallie son incompétence technique par une attitude hypercritique qui va jusqu'à la mauvaise foi, jouant de son prestige littéraire. Même si elle ne lui survit guère, elle se prolonge en annonçant une nouvelle querelle, portant cette fois sur l'authenticité des Mémoires de Richelieu, dont l'édition, après leur redécouverte par Foncemagne, attendra 1823.

Die Debatte um die Authentizität des politischen Testaments (Testament politique) von Kardinal Richelieu hat schon mit der Veröffentlichung des Werks 1688 begonnen und wurde bis zum Tod ihres wichtigsten Protagonisten, Voltaire, im Jahr 1778 fortgesetzt. Die heftigste Auseinandersetzung erfolgte zwischen 1750 und 1764, als sich der Oratorianer Foncemagne als Akademiemitglied Voltaire entgegenstellte. In diesem Streit stehen zwei Konzepte der Urkundenanalyse und darüberhinaus der Historiographie einander gegenüber : Die Position Voltaires sieht die Deutung vor der Primärauswertung ; die Position der benediktinischen Gelehrsamkeit und der Académie des inscriptions et belles-lettres stellt die interne und externe Textkritik in den Vordergrund und weigert sich zu deuten, was nicht interpretierbar ist. Voltaire ersetzt auf dem Gebiet der Gelehrsamkeit, das er nur ungenügend beherrscht, seine fehlenden methodischen Kenntnisse durch eine überkritische Haltung, die bis zur Verstocktheit reicht, und spielt zugleich sein literarisches Prestige aus. Auch wenn die Debatte kaum über seinen Tod hinausreicht, erhält sie doch ein Echo in der späteren Debatte über die Authentizität der Mémoires von Richelieu, deren Edition, nach der Wiederentdeckung durch Foncemagne, erst 1823 erfolgt.

The debate surrounding the authenticity of Cardinal de Richelieu's Testament politique began as soon as the text was published in 1688, and continued to the death of its main instigator, Voltaire, in 1778. It raged principally from 1750 to 1764, with the latter opposing the academician and Oratorian Foncemagne. The argument was fought between two contrasting conceptions of documentary evidence and, ultimately, of history: the one, that of Voltaire, valued interpretation more than assessment; the other, represented by Benedictine erudition and the Académie des inscriptions et belles-lettres, relied primarily on external and internal criticism, and refused any interpretation of any evidence not fit to be interpreted. Standing on the unfamiliar field of erudition, Voltaire overcompensated his technical incompetence by an attitude of hypercriticism to the point of dishonesty, putting to advantage his own literary reputation. Even though the discussion virtually died out after Voltaire, it was to start over again, this time with reference to the authenticity of Richelieu's Mémoires, which, after they were discovered by Foncemagne, had to await 1823 before they appeared in print.

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Emmanuelle CHAPRON, Voyageurs et bibliothèques dans l'Italie du XVIIIe siècle : des « mirabilia » au débat sur l'utilité publique, dans Bibliothèque de l'École des chartes, t. 162, 2004, p. 455-482.

La visite de bibliothèques fait encore partie au XVIIIe siècle des étapes obligées du voyage d'Italie, comme en témoignent aussi bien les guides et relations de voyage qu'un riche registre des visiteurs de la bibliothèque Laurentienne de Florence (1771-1807). La pratique des voyageurs est conditionnée d'une part par les prescriptions des guides, de l'autre par les procédures mises en place par les bibliothécaires pour canaliser ce public un peu particulier. Tout un imaginaire de la bibliothèque se trouve dès lors confronté aux réalités italiennes, et parfois mis à mal. Les récits des voyageurs témoignent d'autre part de l'évolution de la culture du voyage dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle. La visite de bibliothèque est parfois remise en cause comme inutile, elle est parfois l'occasion d'un rejet radical de la culture livresque. Mais l'inflexion utilitaire du voyage amène aussi le voyageur à considérer, tout autant que les mirabilia qui lui sont traditionnellement présentés, les composantes de l'" utilité publique " des bibliothèques (achats, catalogues, horaires). À cette évolution contribuent aussi les transformations internes des bibliothèques italiennes.

Die Besichtigung von Bibliotheken ist im 18. Jahrhundert noch Teil des Pflichtprogramms für Italienreisende, wie dies sowohl Reiseführer und -berichte wie das dichte Besucherverzeichnis der Bibl. Laurenziana in Florenz zwischen 1771 und 1807 beweisen. Das Verhalten der Reisenden ist sowohl durch die Angaben in den Führern geprägt wie durch die Regeln, mit denen die Bibliothekare dieses ein wenig ungewöhnliche Publikum in sichere Bahnen zu lenken versuchten. Die ganze Vorstellungswelt von dem, was eine Bibliothek sein sollte, wird bei dieser Gelegenheit mit der italienischen Realität konfrontiert und manchmal sogar zerstört. Die Reiseberichte bezeugen weiterhin die Veränderungen in der Reisekultur in der zweiten Hälfte des 18. Jahrhunderts. Die Besichtigung von Bibliotheken wird mit der Zeit manchmal als unnütz in Frage gestellt oder auch zum Gegenstand für eine Radikalkritik an der Buchkultur genommen. Daneben führen die Nützlichkeitsüberlegungen einer klassischen Reise den Reisenden dazu, nicht nur die üblicherweise präsentierten Mirabilia anzusehen, sondern auch die Aspekte des "öffentlichen Nutzens" der Bibliotheken zu bedenken (Ankauf, Kataloge, Öffnungszeiten). Diese Veränderungen schlagen sich dann auch in den internen Neugestaltungen der italienischen Bibliotheken nieder.

Visiting libraries was still an important part of a journey to Italy in the 18th century: evidence of this can be gathered from travel guides and journals, and also from the extensive register of visitors (1771-1807) kept in the Biblioteca Laurenziana in Florence. The routine of travellers was conditioned both by the advice of guide books and by the procedures set by librarians in order to manage that particular part of the public. Conventional images of libraries were thus confronted, and sometimes clashed, with Italian realities. The journals also shed light on the development of travel culture in the latter half of the 18th century. On occasion, visits to libraries were deprecated as useless, and mentioned only in order to express a radical rejection of bookish knowledge. But the utilitarian view of travel also led travellers to consider libraries, apart from the mirabilia one was shown there, from the point of view of "public utility", with comments on their accessions, catalogues or opening hours. This new concern was also brought about by the changes actually occurring in Italian libraries at the time.

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Saliou MBAYE, Sources de l'histoire africaine aux XIXe et XXe siècles, dans Bibliothèque de l'École des chartes, t. 162, 2004, p. 483-496.

Les sources de l'histoire de l'Afrique aux XIXe et XXe siècles passées en revue dans l'article portent sur l'histoire des Africains en Afrique, et plus précisément dans l'Afrique francophone au sud du Sahara, dont les États constitutifs présentent d'évidentes similitudes administratives et institutionnelles, issues d'une histoire coloniale commune. L'enquête archivistique doit embrasser les archives coloniales et celles de l'indépendance conservées en Afrique, comme les archives de la France coloniale conservées dans l'hexagone, et encore les archives imprimées, les manuscrits arabes, les archives orales. Toutes ces sources prennent largement en compte l'histoire de l'Afrique et les Africains les considèrent comme des sources de leur histoire ; mais, comme toutes les sources, elles doivent faire l'objet d'une critique interne et externe.

Die hier vorgestellten Quellen für die Geschichte Afrikas im 19. und 20. Jahrhundert betrachten die Geschichte der Afrikaner in Afrika, genauer im frankophonen Afrika südlich der Sahara, dessen Kernstaaten deutliche Ähnlichkeiten in Verwaltung und Institutionsgefüge aufweisen, da sie auf eine gemeinsame koloniale Vergangenheit zurückblicken. Von archivalischer Bedeutung sind sowohl die in Afrika verwahrten Archive der Kolonialzeit und der Unabhängigkeit wie die in Frankreich lagernden Kolonialarchive; weiterhin sind gedruckte Archivquellen, arabische Manuskripte und mündliche Archive zu berücksichtigen. Die Gesamtheit dieser Quellen entwirft ein umfassendes Bild der Geschichte Afrikas, und die Bewohner des Kontinents betrachten sie als die Quellen ihrer eigenen Geschichte; wie alle Quellen sind sie zugleich der internen und externen Kritik und Evaluierung unterworfen.

The sources of African history in the 19th and 20th centuries reviewed in this article concern the history of Africans in Africa, especially in French-speaking Africa south of the Sahara, where the different states show obvious similarities in administration and institutions, rooted in their common colonial history. Any survey of archives must extend to both colonial and post-colonial records preserved in Africa, as well as colonial records kept in metropolitan France, plus printed documents, Arabic manuscripts and oral evidence. Altogether these sources offer a wealth of information on Africa, and are acknowledged by Africans as sources of their own history; yet, like any historical source, they should also be subjected to internal and external criticism.

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Rolf GROSSE, La famille de l'abbé Suger, dans Bibliothèque de l'École des chartes, t. 162, 2004, p. 497-500.

Le célèbre abbé Suger de Saint-Denis aurait été de modeste extraction à ses propres dires et à ceux de son biographe Guillaume. Des chartes de l'abbaye cistercienne de Chaalis ont jadis permis d'établir que l'abbé était en fait apparenté à des milites possessionnés non loin de l'abbaye, à Chennevières-lès-Louvres. Des sources éditées depuis un siècle, relues et remises en perspective, permettent de préciser encore le niveau social de Suger. Il semble avoir appartenu à un groupe familial, riche et influent à Saint-Denis dès la fin du XIe siècle et qui, avec les abbés Yves, Adam et Suger, a même dominé l'abbaye de ce moment jusqu'au milieu du XIIe siècle.

Der berühmte Abt Suger von Saint-Denis war nach eigener Aussage und nach dem, was sein Biograph Guillaume schreibt, von einfacher Herkunft. Verschiedene Urkunden der Zisterzienserabtei Chaalis haben jedoch schon vor einiger Zeit erwiesen, dass der Abt mit Milites verwandt war, die Besitzungen in Chennevières-lès-Louvres, in der Nähe der Abtei, ihr eigen nannten. Weitere, bereits seit einem Jahrhundert edierte Quellen erlauben in einer aktuellen Lesart zusätzliche Präzisierungen über die soziale Herkunft von Suger. Er scheint aus einem Familienverband zu stammen, der seit dem ausgehenden 11. Jahrhundert in Saint-Denis wohlhabend und einflussreich war und der die Abtei sogar - durch die Äbte Yves, Adam und eben Suger - von dieser Zeit bis zur Mitte des 12. Jahrhunderts beherrschte.

Suger, the famous abbot of Saint-Denis, was supposed to have been of modest birth, according to his own words and to his biographer William. In fact, it has been proved for some time, with the evidence of charters from the Cistercian abbey of Chaalis, that he was related to landed milites with property nearby, at Chennevières-lès-Louvres. A new reading of and new perspectives on further sources, published during the past century, shed new light on Suger's social status. He appears to have belonged to a wealthy family group who exerted their influence in Saint-Denis since the late 11th century, and even dominated the abbey from that time to the mid-12th century, through the three abbots Yves, Adam and Suger.

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Olivier GUYOTJEANNIN, Deux actes de Suger : les franchises de Vaucresson et de Puteaux, dans Bibliothèque de l'École des chartes, t. 162, 2004, p. 501-508.

Un petit cartulaire de l'abbaye de Saint-Denis, consacré à la prévôté monastique de Rueil (Paris, Arch. nat., LL 1167), permet d'enrichir le corpus des chartes de l'abbé Suger d'une version plus complète des célèbres franchises concédées en 1145 à la villeneuve de Vaucresson, et d'une charte de franchises, jusqu'ici inconnue des historiens, et délivrée en 1148 à la villeneuve fondée par le même Suger à Puteaux (Hauts-de-Seine). L'examen comparé des textes, auquel est joint l'acte d'affranchissement des serfs de Puteaux en 1248, confirme que les chartes de l'abbé Suger suivaient un formulaire très structuré, mais aussi et surtout que sa politique en matière de fondation de villeneuves et de concession de franchises n'était pas moins cohérente.

Ein kleines Kartular der Abtei von Saint-Denis, das der monastischen Propstei Rueil gewidmet ist (Paris, Arch. nat., LL 1167) bereichert das Urkundenkorpus von Suger: Es liefert eine vollständigere Fassung der berühmten Freibriefe, die 1145 der Stadtgründung (Villeneuve) von Vaucresson zugestanden wurden, sowie einen bisher von der Historie unbeachteten Freibrief (charte de franchise), der 1148 für die von Suger selbst gegründete Villeneuve von Puteaux (Hauts-de-Seine) ausgestellt wurde. Die vergleichende Untersuchung beider Texte, die auch das Dokument über die Befreiung der Leibeigenen von Puteau (1248) einbezieht, erweist zum einen, dass der Abt Suger ein stark strukturiertes Formelinventar anwandte, zum andern, dass seine Politik der Städtegründungen und der Erlassung von Freibriefen einem ebenso klaren Schema folgte.

A small cartulary from the abbey of Saint-Denis, concerning the monastic provostry of Rueil (Paris, Arch. nat., LL 1167) adds to the corpus of Abbot Suger's charters a fuller version of the famous franchises granted to the villeneuve of Vaucresson in 1145, and a charter of franchises, hitherto unknown, awarded in 1148 to the villeneuve of Puteaux (Hauts-de-Seine), a foundation of Suger himself. A comparative study of both texts, together with the deed of manumission for the serfs of Puteaux (1248), confirms not only that Abbot Suger's charters followed a carefully structured formulary, but also, above all, that his policy for establishing villeneuves and granting franchises was just as consistent.

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Richard KAY, Brouillons de lettres pontificales dans le « Rotulus de negotio Albigensi » (1221-1225), dans Bibliothèque de l'École des chartes, t. 162, 2004, p. 509-532.

Le « Rotulus de negotio Albigensi » (Bibl. nat. de Fr., Baluze 385, n° 239) contient la copie de vingt-huit documents, transcrite en trois séries et adressée à un destinataire inconnu, sans doute responsable de leur réunion en un rouleau unique. Treize textes sont connus par ce seul témoin et plusieurs demeuraient encore inédits. À l'exception d'un acte double du comte de Toulouse Raimond VII et de ses alliés, les documents sont tous des lettres du pape Honorius III regardant la deuxième croisade albigeoise, et en particulier trois épisodes, la légation de Conrad d'Urach (1221), les négociations pour la réconciliation de Raimond VII (1224), la légation de Romain Bonaventura (1225). Au terme d'une analyse de la forme et du contenu, du regeste des textes et de l'édition de trois inédits, l'enquête permet d'avancer l'hypothèse que les copies ont été réalisées à la Curie, d'après les brouillons des lettres pontificales ; elles font connaître une première rédaction, parfois complétée ou remaniée dans la version enregistrée, qui n'est connue que pour quatorze lettres.

Der « Rotulus de negotio Albigensi » (Bibl. nat. de Fr., Baluze 385, n° 239) enthält die Kopie von 28 Dokumenten, die in drei Serien abgeschrieben wurden und für einen unbekannten Adressaten bestimmt waren, der zweifellos ihre Vereinigung in einer einzigen Schriftrolle vorgenommen hat. 13 Texte sind nur in dieser Quelle überliefert, und einzelne weitere Dokumente waren bisher unediert. Mit Ausnahme der Doppelausfertigung einer Urkunde von Raimund VII., Graf von Toulouse, und seiner Verbündeten sind alle Dokumente Briefe des Papsts Honorius III., die im Zusammenhang mit dem zweiten Albigenserkreuzzug entstanden; sie betreffen insbesondere drei Episoden: Die Entsendung von Conrad von Urach als Legaten (1221), die Verhandlungen über eine Versöhnung mit Raimund VII. (1224) und die Entsendung des Legaten Romano Bonaventura (1225). Eine formale und inhaltliche Analyse, verbunden mit einem Regest und einer Edition der drei unedierten Dokumente erlaubt die Vermutung, dass die Kopien an der Kurie, auf der Grundlage der Breven der Papstbriefe angefertigt wurden; sie entsprechen einer ersten Version, die zum Teil in der - nur für vierzehn Briefe - ausgefertigten Fassung erweitert und überarbeitet wurde.

The « Rotulus de negotio Albigensi » (Bibl. nat. de Fr., Baluze 385, n° 239) contains copies of twenty-eight documents, transcribed in three different series and sent to an unidentified addressee, who was probably responsible for putting them together as a single roll. Thirteen texts are known through this copy only, and several remain unpublished. Except for one double deed by Count Raymond VII of Toulouse and his relations, the other documents are all letters from Pope Honorius III pertaining to the second Albigensian Crusade, and especially to three occurrences, i.e. the legation of Conrad of Urach (1221), the negotiation of the reconciliation of Raymond VII (1224), and the legation of Romano Bonaventura (1225). Following an analysis of form and content, a catalogue of the documents and the edition of three unpublished texts, this study suggests that the copies might have been made in the Curia from the original drafts of the papal letters: they reveal an initial version, which in some cases was later expanded or revised in the registered version, preserved for no more than fourteen letters.

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László SOLYMOSI, La pratique du transfixe dans la Hongrie du XIIIe siècle, dans Bibliothèque de l'École des chartes, t. 162, 2004, p. 533-551.

Les institutions ecclésiastiques hongroises, séculières et régulières, commencèrent à user du sceau aux alentours de 1200, après avoir produit des chirographes non scellés. Le chapitre collégial de Székesfehérvár fut plus lent à adopter le scellement : le sceau ne pénétra pas avant 1235-1237 dans une pratique documentaire d'autant plus importante que le chapitre établissait nombre d'actes au profit de tiers, dont il gardait un exemplaire à titre de sûreté dans ses archives. Dès lors, le chapitre décida, avec l'accord du roi, de sceller a posteriori les chartes anciennes, si le destinataire le lui demandait. La méthode choisie fut à la fois originale et lourde : on établissait une transcription du chirographe présenté, et on scellait d'un seul sceau ancienne et nouvelle chartes, réunies sous la forme d'un transfixe ; on pouvait aussi joindre de la sorte l'ancienne charte à un nouvel acte notifiant la conclusion d'une affaire judiciaire où le premier avait été produit. La présence de chanoines et de bourgeois « francs » (essentiellement wallons) à Székesfehérvár ainsi que l'existence d'un cas analogue contemporain en Normandie renforcent la probabilité d'une influence française dans la mise au point de ce montage documentaire, caractéristique des décennies où l'introduction du sceau bouleversa les usages coutumiers.

Die ungarischen Institutionen von Ordensklerus und Weltgeistlichkeit führten den Gebrauch des Siegels um 1200 ein, nachdem sie zuvor nicht gesiegelte Chirographen verwendeten. Das Stiftskapitel von Székesfehérvár, dessen Beurkundungspraxis durch die Erstellung von Titeln für Dritte besonders intensiv war, führte die Siegelpraxis erst später ein (ab 1235/37). Von diesem Moment an entschied das Kapitel, im Einverständnis mit dem König, ältere Urkunden nachzusiegeln, wenn der Adressat das verlangte. Die angewandte Methode war ebenso schwerfällig wie eigentümlich: Man transkribierte den vorgelegten Chirographen und siegelte dann mit einem einzigen Siegel sowohl die alte wie die neue Urkunde, die dadurch zusammengeheftet wurden (Transfixum); auf diese Weise konnte eine ältere Urkunde auch an einen neues Dokument geheftet werden, das den Abschluss eines Rechtsakts enthielt, bei dem der ältere Text vorgelegt worden war. Das Vorhandensein von Kanonikern und von "Fränkischen" Bürgern (bes. wallonischer Herkunft) in Székesfehérvár sowie die Existenz analoger Praktiken in der Normandie dieser Zeit verstärken die Wahrscheinlichkeit eines französischen Einflusses bei der Entwicklung dieser Urkundentechnik, die für die Umwälzungen der Jahrzehnte, in denen die Einführung des Siegels die Rechtsgeschäfte veränderte, ganz charakteristisch war.

After first producing unsealed chirographs, Hungarian church institutions, both secular and regular, began using seals around 1200. The collegiate chapter of Székesfehérvár was later than others in this respect: although the chapter issued many documents including deeds on the behalf of third parties, copies of which were kept for security in its own archives, it adopted a seal only in the years 1235-1237. It was then decided, with the king's permission, that older charters could be sealed anew if the beneficiaries wished it so. The method chosen was innovative yet awkward. The chirograph submitted was first transcribed, then both charters, old and new, were sealed together in the form of a transfixe. In the same way, an older charter could also be complemented by a new deed giving notice of the conclusion of a judicial case in which the former had been produced. The presence of "Frankish" canons and burghers (mainly Walloons) at Székesfehérvár and the existence of a similar, contemporary occurrence in Normandy make it all the more possible that French precedent might have shaped this documentary concoction, typical of the decades when traditional usage was disrupted by the adoption of seals.

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