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École nationale des chartes

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19, rue de la Sorbonne – 75005 Paris – tél. : +33 (0)1 55 42 75 00

Résumés du tome 160, fascicule 1, 2002

Richard Cœur de Lion et son entourage normand : le témoignage de l’Estoire de la guerre sainte, par Françoise VIELLIARD. — Une première expérience d’enregistrement des actes royaux sous Philippe le Bel : le Livre rouge de la Chambre des comptes, par Olivier CANTEAUT. — L’inventaire après décès de Raynard Balbet, bourgeois de Clermont (1359), par Mathieu LESCUYER. — Dernières dispositions et succession d’un bourgeois de Bordeaux : le testament de Bernard de Bertulh et son exécution (1464-1466), par Michel BOCHACA. — L’estrif de Science, Nature et de Fortune de Jacques et Octovien de Saint-Gelais, par Frédéric DUVAL. — L’historien et le notaire : acquis et perspectives de l’étude des actes privés de la France moderne, par Jean-Yves SARAZIN.De la collecte à la mise en valeur du patrimoine littéraire du XIXe siècle : le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul et les héritiers de George Sand, par Catherine GAVIGLIO-FAIVRE D’ARCIER.


Françoise VIELLIARD, Richard Cœur de Lion et son entourage normand : le témoignage de l’« Estoire de la guerre sainte », dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 160, 2002, p. 5-52.

L’Estoire de la guerre sainte raconte en 12352 octosyllabes la troisième croisade du point de vue de Richard Cœur de Lion. Elle entretient avec l’Itinerarium peregrinorum et gesta regis Ricardi de Richard de Templo (Richard de la Sainte-Trinité de Londres), un texte en prose latine, composé comme elle dès le début du XIIIe siècle, des rapports très étroits mais difficiles à débrouiller. L’examen des listes de chevaliers normands et anglais qui ont participé à la croisade permet de comparer le témoignage des deux textes et éventuellement leurs méthodes de travail. L’auteur de l’Estoire connaît moins de personnages, et les connaît moins bien : l’indice affaiblit considérablement l’hypothèse de son origine normande. La confrontation avec les données tirées des nombreux documents d’archives venus à la lumière depuis un siècle permet d’autre part de renverser le jugement porté sur eux : loin d’être d’obscurs chevaliers, ils sont, pour la plupart, de grands seigneurs actifs au service du roi Henri II comme de ses fils.

Die Estoire de la guerre sainte erzählt in 12.352 Achtsilbern die Geschichte des 3. Kreuzzugs aus der Sicht von Richard Löwenherz. Bekannt und offensichtlich sind die engen Verbindungen zwischen diesem, zu Beginn des 13. Jahrhunderts abgefaßten Text und dem zeitgenössischen lateinischen Prosatext des Itinerarium peregrinorum et gesta regis Ricardi von Richard ‘de Templo’ (Richard de la Trinité, aus London). Wie die beiden Texte genau zueinander stehen ist aber noch immer ungenügend bekannt. Hilfreich ist für diese Fragestellung der Vergleich der genannten, am Kreuzzug beteiligten normannischen und englischen Ritter, der sowohl den Quellenwert wie den Entstehungskontext der beiden Werke näher beleuchtet : Der Verfasser der Estoire kennt demnach weniger Kriegsteilnehmer als jener des Itinerarium, und seine Kenntnis ist unpräziser, was die gängige Hypothese eines normannischen Ursprungs des Versromans entscheidend schwächt. Die zusätzliche Heranziehung zahlreicher archivalischer Quellen, die im letzten Jahrhundert aufbereitet oder bekannt wurden, zwingt zu weiteren Korrekturen in der Deutung der zwei Texte : Die genannten Personen sind keineswegs unbekannte Ritter, sondern meist große Herren, die im unmittelbaren Dienst von Heinrich II. und seiner Söhne standen.

The 12352 octosyllables of the anonymous Estoire de la guerre sainte relate the Third Crusade from the point of view of Richard Lionheart. There is a close but problematical connection between this poem and the Itinerarium peregrinorum et gesta regis Ricardi by Richard de Templo (Richard of the Holy Trinity of London), a Latin prose work also written in the early years of the thirteenth century. A scrutiny of lists of Norman and English knights who took part in the Crusade makes it possible to compare the information in both texts and, to a certain extent, the underlying working methods. The author of the Estoire is familiar with a lesser number of men and to a lesser degree, which evidence weighs heavily against the notion that he could have been a Norman. Furthermore, the many records that have come to light over the last century call for a revision of former opinions concerning the names that he does mention : far from belonging to obscure knights, they are mostly those of great lords who served actively under King Henry II and his sons.

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Olivier CANTEAUT, Une première expérience d’enregistrement des actes royaux sous Philippe le Bel : le Livre rouge de la Chambre des comptes, dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 160, 2002, p. 53-78.

Le Livre rouge est au nombre des registres de la Chambre des comptes de Paris détruits en 1737. À l’aide de divers extraits et tables, Charles-Victor Langlois avait pu, en 1916, en proposer une reconstitution détaillée ; mais le manuscrit nouv. acq. fr. 20506 de la Bibliothèque nationale de France, qui lui était resté inconnu, apporte nombre de nouveaux éléments à l’enquête. Il est ainsi possible de tenter une reconstitution codicologique du registre, et surtout d’en mieux appréhender le contenu, très hétérogène. Au total, les pièces s’étendent de 1204 à 1338, mais le cœur de la compilation est constitué par deux séries parallèles : l’une enregistre des dons à héritage accordés par le roi de France de 1297 à 1321, l’autre des dons à vie et à volonté de 1301 à 1315. Le volume contient également des pièces n’émanant pas du roi, notamment des actes privés et des actes de prévôts royaux, qui constituent de véritables dossiers sur le sort de divers revenus distribués par le roi. Une telle composition s’inspire largement de celle des registres-cartulaires, utilisés dans l’administration royale depuis Philippe Auguste ; mais le Livre rouge innove par l’introduction de l’enregistrement chronologique, qui en fait un instrument de travail plus efficace, même si l’enregistrement demeure très lacunaire, car laissé au bon vouloir des bénéficiaires des actes. La mise en place d’un enregistrement plus systématique à la chancellerie royale dès 1307 rendit rapidement le Livre rouge caduc.

Das Livre rouge der Pariser Chambre des comptes wurde 1737 mit anderen Registerbüchern zerstört. Eine erste detaillierte Rekonstruktion unternahm 1916 Charles-Victor Langlois, gestützt auf verschiedene Auszüge und Inhaltsverzeichnisse. Das ihm unbekannte Ms. nouv. acq. fr. 20506 der B.N.F. liefert nun zahlreiche neue Hinweise. Es erlaubt eine kodikologische Rekonstruktion des Registerbuchs und präzisiert seinen heterogenen Inhalt : Innerhalb des Gesamtzeitraums von 1204-1348 konzentrieren sich die Dokumente in zwei parallelen Serien auf die Jahre 1297-1321 sowie 1301-1315. Die eine Reihe erfaßt erbliche Schenkungen des französischen Königs, die andere Schenkungen auf Lebenszeit und zum Nießbrauch. Das Livre rouge enthält neben den königlichen Dokumenten auch Privaturkunden und solche königlicher Pröpste, die thematisch gebündelt die Wege der vom König verteilten Einkünfte nachzeichnen. Die Zusammenstellung der Dokumente folgt dem Prinzip der Urkundeninventare, wie sie in der königlichen Kanzlei seit Philippe-Auguste gängig waren. Eine Innovation des Livre rouge ist die chronologische Ordnung, die eine effizientere Nutzung ermöglicht. Eine Wertminderung des Buches bedeutet dagegen die mangelnde Systematizität der Einträge, die vom Willen der Urkundennutznießer abhingen. Durch die systematische Urkundenverzeichnung in der königlichen Kanzlei ab 1307 wurde das Livre rouge daher bald hinfällig.

The ‘Livre rouge’ was one of the registers of the Chambre des Comptes of Paris that were destroyed by fire in 1737. By using various surviving excerpts and indexes, Charles-Victor Langlois acheived a detailed reconstruction of this document in 1916 ; but a manuscript that escaped his notice, Bibliothèque nationale de France, nouv. acq. fr. 20506, has now brought ample fresh evidence to light. A new codicological reconstruction of the book may thus be attempted ; moreover, the remarkable diversity of its contents is now more apparent. It spans the years 1204-1338, but the main nucleus of the collection consists of two parallel series, one registering gifts of heritable estates made by the kings of France from 1297 to 1321, and the other gifts for life and revocable gifts from 1301 to 1315. The volume also contains various documents from other origins, especially private deeds and deeds from royal provosts, put together as dossiers documenting the history of various incomes granted by the king. This type of structure originated mainly in the ‘register-cartularies’ used by the royal government since the reign of Philip Augustus, yet the ‘Livre rouge’ was innovative in its use of chronological registration : this made it a more effective tool, even though there were many gaps in the process, depending on the goodwill of the recipients of deeds. After the royal chancery adopted more systematic registration in 1307, the ‘Livre rouge’ soon became obsolete.

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Mathieu LESCUYER, L’inventaire après décès de Raynard Balbet, bourgeois de Clermont (1359), dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 160, 2002, p. 79-173.

Conservé en minute aux Archives départementales du Puy-de-Dôme, l’inventaire après décès de Raynard Balbet, bourgeois de Clermont, est un document d’un type assez rare : sur près de cinq cents articles, en effet, plus de la moitié décrivent les archives familiales. Les Balbet, tant Raynard que son père Guillaume, occupaient dans la société locale une place éminente, due à leur activité d’officiers de finance au service de la monarchie ; leur ascension avait d’ailleurs coïncidé avec celle de plusieurs de leurs compatriotes, évêques, grands argentiers du roi, chanceliers ou officiers de finance ou de justice. L’inventaire, dont une édition est donnée, permet une analyse assez fine du patrimoine des Balbet, notamment de leurs acquisitions foncières. Leurs opérations financières et plus encore commerciales restent en revanche difficiles à cerner. L’étude typologique et chronologique des actes inventoriés montre la richesse des pratiques du recours à l’écrit, la variété des solutions diplomatiques offertes aux contemporains, mais aussi des lacunes et des disproportions qui s’expliquent peut-être par des pratiques parallèles, comme la conservation des minutes chez les notaires sans contrepartie dans les archives de l’intéressé.

Das in den A.D. du Puy-du-Dôme in Brevenform aufbewahrte Güterinventar des verstorbenen Raynard Balbet, Bürger der Stadt Clermont, ist ein Dokument von großem Wert : Mehr als die Hälfte der beinahe 500 Einträgen bezieht sich auf die Familienarchivalien. Raynard und sein Vater Guillaume Balbet nahmen in der örtlichen Gesellschaft als Finanzbeamte der Krone eine herausgehobene Stellung ein. Ihr sozialer Aufstieg erfolgte zur gleichen Zeit wie der anderer Bewohner ihrer Stadt, die Bischöfe, Finanzminister, Kanzler sowie Finanz- oder Justizbeamte wurden. Das hier edierte Güterinventar von 1359 erlaubt eine minutiöse Studie des Balbetschen Vermögens. Greifbar wird insbesondere der Grunderwerb, während die finanziellen und mehr noch die händlerischen Unternehmungen naturgemäß im Schatten bleiben. Eine typologische und chronologische Studie der verzeichneten Dokumente zeigt darüberhinaus den vielfältigen Einsatz der Schriftlichkeit und die Varianz der so entstandenen Texttypen. Zugleich werden Lücken und Unausgewogenheiten deutlich, die sich möglicherweise durch eine parallele Buchführung in den Brevenverzeichnissen der Notare erklärt.

Kept in the Archives départementales of Puy-de-Dôme as a notarial minute, the post-mortem inventory of Raynard Balbet, a burgher of Clermont, is of a kind that is seldom found : over fifty percent of the nearly 500 items refer to the family archives. The Balbets, both Raynard and his father Guillaume, held eminent positions in local society as financial officials of the royal government. Their advancement had also been parallel to that of several of their fellow townsmen, bishops, governors of the royal Treasury, chancellors and other financial and judicial officials. The inventory, published as an appendix to this article, provides fairly detailed evidence about the Balbets’ possessions, and especially about the purchasing of estates. On the other hand, it remains difficult to get a clear picture of their financial and even more of their commercial dealings. A typological and chronological survey of the deeds listed in the inventory shows the variety of ways in which the Balbets used written documents, the wide range of diplomatic options available in their time, but also a number of gaps and discrepancies which might have resulted from parallel procedures, e.g. the keeping of minutes by notaries without copies being delivered to those concerned to keep with their own records.

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Michel BOCHACA, Dernières dispositions et succession d’un bourgeois de Bordeaux : le testament de Bernard de Bertulh et son exécution (1464-1466), dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 160, 2002, p. 175-193.

Le 12 avril 1464, Bernard de Bertulh, un important marchand et bourgeois de Bordeaux, dicte son testament au notaire Jean Dubosc. Certaines dispositions sont complétées le lendemain par un codicille. Après la mort du testateur, survenue entre le 13 et le 23 avril suivant, une documentation nourrie de quelque deux cents actes notariés permet de suivre le déroulement de la succession tout au long de l’année 1464, voire en 1465 et 1466. La veuve du marchand, Guilhemna de Mons, tutrice des enfants mineurs et administratrice des biens du défunt, gère le patrimoine foncier et les avoirs commerciaux de la famille, tandis que les exécuteurs testamentaires procèdent à la distribution des legs pieux consentis aux églises, couvents et hôpitaux bordelais et des dons faits aux particuliers, conformément aux dernières volontés de Bernard de Bertulh.

Am 12. April 1464 diktiert Bernard de Bertulh, ein wichtiger Händler und Bürger der Stadt Bordeaux, dem Notar Jean Dubosc sein Testament. Am folgenden Tag ergänzt er verschiedene Bestimmungen durch ein Kodizill. In der Folge seines Tod, zwischen dem 13. und dem 23. April desselben Jahres, entstehen 1464 und noch in den folgenden Jahren 1465/66 etwa 200 notarielle Vorgänge, die den Fortgang der Nachfolgeregelungen im Detail nachzeichnen. Die Witwe des Händlers, Guilhemna de Mons, Vormund der minderjährigen Kinder und Güterverwalterin des Verstorbenen, verwaltet den Grundbesitz und die Handelsgüter der Familie ; die Testamentsvollstrecker verteilen in Erfüllung des letzten Willens von Bernard de Bertulh die frommen Legate an Kirchen, Abteien und Spitäler der Stadt und übermitteln die persönlichen Legate.

On 12 April 1464, Bernard de Bertulh, a prominent merchant and burgher of Bordeaux, dictated his will to a notary, Jean Dubosc. Certain provisions were specified on the following day with the addition of a codicil. After the testator had died, between 13 and 23 April, the successional proceedings generated some 200 notarial deeds, throughout the year 1464 and again in 1465 and 1466. The widow, Guilhemna de Mons, acting as the guardian of her minor children and trustee of the testamentary estate, managed the family’s landed property and commercial assets, while the executors were responsible for distributing charitable bequests to various churches, convents, and hospitals in Bordeaux alongside donations to private individuals, in accordance with Bernard de Bertulh’s last will.

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Frédéric DUVAL, « L’estrif de Science, Nature et de Fortune » de Jacques et Octovien de Saint-Gelais, dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 160, 2002, p. 195-228.

Peu après la bataille de Saint-Aubin du Cormier (28 juillet 1488), Jacques de Saint-Gelais acheva la rédaction, en latin, d’un débat allégorique à l’attention de Charles d’Angoulême. L’œuvre fut rapidement traduite en français, sous le titre de L’estrif de Science, Nature et de Fortune, par son jeune frère, Octovien de Saint-Gelais (vers 1468-1502), qui allait devenir l’une des figures éminentes de la « Grande Rhétorique ». Malgré une diffusion des plus réduites, L’estrif ne manque pas d’intérêt. Au plan littéraire, il se démarque par la subtilité de ses architectures allégoriques et par un maniement habile de l’exemplum. Au plan doctrinal, l’ouvrage séduit par sa dimension encyclopédique et par la diversité des sources mises en œuvre. Au plan historique enfin, L’estrif, qui fourmille d’allusions à l’actualité politique et sociale, est surtout marqué par la crise de l’université et par les divisions princières. L’article fournit en annexe l’édition du prologue, une analyse détaillée de l’œuvre et l’édition d’un extrait.

Kurz nach der Schlacht von Saint-Aubin du Cornier (28.7.1488) beendet Jacques de Saint-Gelais die Abfassung — auf Latein — eines allegorischen Streitgesprächs, das er Charles d’Angoulême zueignet. Das Werk wurde kurz darauf von seinem jungeren Bruder Octovien ins Französische übertragen (L’estrif de Science, Nature et de Fortune). Octovien de Saint-Gelais (ca. 1468-1502) sollte bald einer der herausragenden Vertreter der “Grande Rhétorique” werden. Seine Übersetzung des Estrif erlebte zwar nur eine minimale Verbreitung, ist aber dennoch in mehrfacher Hinsicht bemerkenswert : Literarisch stechen die Feinheit der allegorischen Architektur und der geschickte Einsatz des Exemplums hervor. In der doktrinären Diskussion überzeugt der Text durch seine enzyklopädische Dimension und durch die Vielfalt der ausgeschriebenen Quellen. Für die Historie schließlich liefert der Estrif zahlreiche Hinweise auf die politischen und sozialen Umstände, wobei die Universitätskrise und die fürstlichen Streitigkeiten im Vordergrund stehen. Der Artikel gibt im Anhang eine Edition des Prologs, eine detaillierte Analyse des Inhalts und die Edition eines Textausschnitts.

Shortly after the battle of Saint-Aubin-du-Cormier (28 July 1488), Jacques de Saint-Gelais finished composing an allegorical dispute in Latin dedicated to Charles d’Angoulême. Before long his work was translated into French as L’estrif de Science, Nature et de Fortune, by his younger brother, Octovien de Saint-Gelais (ca. 1468-1502), later a prominent figure in the “Grande Rhétorique” movement. Though hardly circulated, L’estrif is not an uninteresting book. From a literary point of view, it boasts remarkably subtle allegorical constructions and a skilful treatment of exempla. As to information, drawing from a wide range of sources, it has an appealing encyclopaedic scope. Historically speaking a text brimming with allusions to social and political events of the time, L’estrif is mainly concerned with the crisis in the University of Paris and with princely discord. Included as an appendix to this article are an edition of the prologue, a detailed summary, and an excerpt from the text.

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Jean-Yves SARAZIN, L’historien et le notaire : acquis et perspectives de l’étude des actes privés de la France moderne, dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 160, 2002, p. 229-270.

Les actes privés, notamment les minutes des notaires, ont permis à des générations de chercheurs l’étude de pans entiers de la société d’Ancien Régime dans ses aspects juridiques, socio-économiques, culturels et matériels. Durant des décennies, ils ont d’abord été retenus comme un support neutre d’informations, où seul le contenu semblait utile. Mais des exigences nouvelles sont apparues. Désormais, plus que par le passé, sont proposées des réflexions sur la nature des relations tissées entre le notaire et son client, sur l’environnement social du praticien, sur les types de contrats et leur forme. Ce lent processus est né des débats sur les méthodes d’utilisation des sources ; ses conséquences ne touchent pas simplement l’évolution des sciences historiques, il en découle aussi une meilleure connaissance de la vie professionnelle des rédacteurs. De tels travaux, en nombre croissant, offrent les matériaux d’une nouvelle histoire du notariat français.

Generationen von Forschern haben auf der Grundlage der Privaturkunden und insbesondere der Notarsbreven des Ancien Regime juristische, sozio-ökonomische, kulturelle und materielle Aspekte dieser Zeit thematisch erforscht. Diese Quellen wurden jahrzehntelang als neutrale Informationsgrundlage verwendet, deren Dignität für die Forschung allein auf ihrem Inhalt gründete. In der neueren Forschung treten jedoch die Verbindungen zwischen dem Notar und seiner Klientel, das soziale Umfeld des Notars und die Typologie notarieller Schriftlichkeit stärker in den Vordergrund. Solche Fragestellungen entstanden aus der quellenorientierten Methodendiskussion heraus. Sie eröffnen nicht nur neue Perspektiven für die Geschichtswissenschaft, sondern erlauben auch ganz konkret eine bessere Kenntnis der notariellen Berufspraxis : Die zunehmende Dichte von Arbeiten in diesem Forschungszweig schafft die Grundlage für eine neu zu schreibende Geschichte des Notariats in Frankreich.

Private deeds, especially notarial minutes, have supplied generations of scholars with data for the extensive study of Old Regime society in its legal, social, economic, cultural, and material aspects. At first, for decades, they were regarded solely as neutral sources of objective evidence, but new requirements have emerged in recent years. Issues such as the nature of the relationship between a notary and his client, the legal practitioner’s social environment, or the different kinds and forms of contracts are now being more frequently addressed. This movement first originated in methodological debate on how the documents should be used, yet its consequences extend beyond the mere advancement of historical science: it also sheds new light on the professional life of those who wrote the documents. This line of research, now growing steadily, is building up the necessary material for a new history of French notarial pratice.

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Catherine GAVIGLIO-FAIVRE D’ARCIER, De la collecte à la mise en valeur du patrimoine littéraire du XIXe siècle : le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul et les héritiers de George Sand, dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 160, 2002, p. 271-297.

Le bibliophile belge Spoelberch de Lovenjoul (1836-1907) voua sa vie à la constitution de véritables archives littéraires du XIXe siècle français. En une époque où les institutions publiques ne s’intéressaient guère aux manuscrits contemporains, il comprit la nécessité d’entrer en relation avec les proches de ses écrivains préférés (Balzac, Gautier, Sand). Il parvint ainsi à tisser des liens amicaux avec la famille de Sand. Grâce à elle, il put avoir connaissance d’archives qu’il se contenta d’abord de repérer, voire de copier, avant d’en venir à des propositions d’achat des années plus tard. Les enrichissements de sa collection étaient en grande partie destinés à nourrir ses travaux scientifiques et des éditions de textes et de correspondances. Précurseur en ce domaine aussi, il prôna, à l’encontre des pratiques courantes du temps, des publications aussi exhaustives que possible, fondées sur les documents originaux. Sa manière d’enrichir sa bibliothèque comme de la mettre en valeur annonçait ainsi, avec près d’un demi-siècle d’avance, des pratiques qui nous sont devenues familières.

Der belgische Bibliophile Spoelberch van Lovenjoul (1836-1907) widmete sein Leben der Schaffung eines regelrechten Archivs der französischen Literatur des 19. Jahrhunderts. Zu einer Zeit, als die öffentlichen Einrichtungen sich nur wenig um zeitgenössische Handschriften kümmerten, verstand er die Notwendigkeit, mit dem persönlichen Umfeld der von ihm geschätzten Schriftsteller in Kontakt zu treten (Balzac, Gautier, George Sand). Mit der Familie Sand knüpfte er freundschaftliche Bande, was ihm den Zugang zu verschiedenen Archivalien eröffnete. Zunächst erfaßte er die Stücke und schrieb sie zum Teil ab ; Jahre später erbot er sich dann, sie anzukaufen. Die Erweiterung der Sammlung diente zumeist seinen eigenen wissenschaftlichen Arbeiten sowie der Edition von Texten und Briefwechseln. Er vertrat zukunftsweisend die Zielvorstellung möglichst vollständiger Editionen auf der Grundlage von Originalquellen, ganz gegen die Praxis seiner Zeit. Die Methoden seines Bibliotheksausbaus und deren Erschließung entsprechen den ein gutes halbes Jahrhundert später zum Standard gewordenen Gewohnheiten.

The Belgian book-lover Spoelberch de Lovenjoul (1836-1907) devoted his life to building up a veritable archive of nineteenth-century French literature. At a time when public institutions took scarcely any interest in contemporary manuscripts, he recognized the necessity of getting into touch with the friends and relatives of his favourite authors such as Balzac, Gautier, and Sand. He succeeded in particular in becoming a close friend of the Sands. Through them, he learnt of the existence of papers, which at first he only sought to locate and sometimes to transcribe ; only several years later did he start making offers to purchase them. Additions to his collection were largely aimed at feeding his own scholarly work and editions of texts and letters. In this respect also he was ahead of his times : contrary to current practice, he insisted that publication should be as extensive as possible and based on original documents. Thus he both increased his collection and made use of it according to methods that were to become common practice nearly fifty years later.

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