Tome 158, fasc. 2
Thérouanne et son diocèse jusqu’à
la fin de l’époque carolingienne : les étapes
de la christianisation d’après les sources écrites,
par Charles MÉRIAUX. — Ius
commune et common law au Moyen Âge : les scélérats
et les honnêtes gens, par Paul HYAMS — L'éloquence
laïque dans l’Italie communale (fin du XIIème-XIVème
siècle), par Paolo CAMMAROSANO — Charles
d’Anjou et le Limousin : la conquête du royaume
de Naples chez Hélie Autenc et Géraud Frachet,
par Régis RECH. — Le grand
aumônier de France et le diocèse de la Chapelle
royale sous louis XIV, par Alexandre MARAL.
— Les « envies » maternelles
et les marques de l’imagination : histoire d’une
représentation dite « populaire », par
Joël COSTE.
Mélanges : Retour sur trois actes de Philippe Ier, roi de Frannce, par Marie-José GASSE-GRANDJEAN.- Mariage aristocratique et droit grégorien : un document du Sancta sanctorum intéressant Besançon et Montbéliard, par Bernard de VREGILLE. - Du nouveau sur l’histoire de la collection Lamoignon, par Vladimir N. MALOV - Contrat pour la publication du tome VII des Acta sanctorum ordinis sancti Benedicti (1723), par Pierre GASNAULT.
Charles MÉRIAUX, "Thérouanne et son diocèse jusqu’à la fin de l’époque carolingienne : les étapes de la christianisation d’après les sources écrites", dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 158, 2000, p. 000-000.
Jusqu’à la fin du VIe siècle, l’expansion franque a ignoré les marges septentrionales et littorales de la Gaule. L’intérêt nouveau porté par la cour mérovingienne de Neustrie à la région de Thérouanne, l’ancienne Morinie romaine, se traduisit dans le premier tiers du VIIe siècle par une impulsion donnée au mouvement missionnaire, dont l’évêque Omer/Audomarus († apr. 663) fut le principal artisan et autour duquel on observe un groupe homogène de clercs formés au monachisme colombanien et d’aristocrates locaux. Cette entreprise missionnaire est singulière en Gaule du nord, parce qu’elle semble s’être greffée avec succès sur le développement croissant des échanges le long du littoral de la Manche, autour du port de Quentovic, du VIIe au IXe siècle, et qu’elle reposa avant tout sur le rayonnement exclusif, tant économique que spirituel, de la grande communauté de Sithiu/Saint-Bertin. Le tout se produisit en définitive au détriment de la cité épiscopale de Thérouanne.
Die fränkische Landnahme in Gallien berührte erst im ausgehenden 6. Jh. die nördlichen Küstenregionen des Territoriums. Der merowingische Hof in Neustrien warf zu diesem Zeitpunkt sein Augenmerk auf die Region von Thérouanne, die römische Morinia. Im ersten Drittel des 7. Jhs. wurde unter der Leitung des dortigen Bischofs Omer/Audomarus (gestorben nach 663) eine Missionsbewegung in Gang gesetzt. Im kolombanischen Mönchtum geschulte Geistliche und örtliche Adelige gruppierten sich um Omer. Die Missionsbewegung lagerte sich über die Handelsbeziehungen, die sich vom 7. bis zum 9. Jh. ausgehend von dem Hafen Quentovic entlang der Kanalküste entwickelten. Wirtschaftlich wie seelsorgerisch gründete die Bewegung auf der großen Klostergemeinde von Sithiu/Saint-Bertin. Die bischöfliche Stadt Thérouanne verlor bei diesem Prozeß an Bedeutung.
Until the end of the 6th century, the Frankish expansion ignored the northern and coastal margins of Gaul. In the first third of the 7th century, the Merovingian court of Neustria expressed a new interest in the Thérouanne region (formerly Roman Morinia) by fostering the missionary movement led by Bishop Omer/Audomarus (d. post 663) with assistance from a homogeneous group of clerics trained as Columbanan monks and local aristocrats. This missionary initiative developed specific features in northern Gaul, where it seems that it was successfully grafted onto the increase in trade along the Channel coast around Quentovic (7th-9th cent.) and that it benefited above all from the almost exclusive influence, both economic and spiritual, of the great community of Sithiu/Saint-Bertin. All this ultimately happened to the detriment of the episcopal city of Thérouanne.
Paul HYAMS, "« Ius commune » et « common law » au Moyen Âge : les scélérats et les honnêtes gens", dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 158, 2000, p. 000-000.
Si la conception spécifiquement occidentale des droits individuels dérive à l’évidence du droit romain, elle doit une bonne part de sa formation aux évolutions médiévales. Un aspect important de ces droits consiste dans l’emploi d’une procédure régulière devant les tribunaux (due process, « procès dû »), droit fondamental en démocratie, forgé en une époque fort peu démocratique avec les outils du « ius commune ». Il vint répondre aux demandes pressantes des honnêtes gens, qui recherchaient dans les garanties procédurales une protection contre les accusations injustes. Mais, au même moment, ces mêmes honnêtes gens voulaient être sûrs que les scélérats menaçant leur sécurité n’échapperaient pas aux sanctions légales. Il s’engagea ainsi, et jusqu’à nos jours, une dialectique complexe entre divers types de procès sommaires, qui limitaient les droits de la défense (par exemple dans l’Inquisition), et le « procès dû », qui les renforçait.
Die in der westlichen Welt entwickelte Konzeption individueller Rechte beruht zunächst auf dem römischen Recht, dann aber auch auf mittelalterlichen Entwicklungen. Einen Teilbeitrag leistete dabei das Konzept des “Prozeßanrechts” (due process), das die Rechtsmäßigkeit eines Prozesses garantiert. Dieses für die Demokratie grundlegende Recht wurde in einer undemokratischen Epoche anhand der Instrumente des ius commune geschaffen. Es entstand unter dem Druck von Bürgerschaften, die sich gegen ungerechtfertigte Anschuldigungen schützen wollten. Der gleichzeitig vorhandene Wunsch, die sichere Verurteilung von Übeltätern gewährleistet zu sehen, führte aber im Gegenzug zu verkürzten Prozeßformen, die die Rechte der Verteidigung einschränkten (so im Fall der Inquisition). So entstand eine bis heute nachwirkende komplexe Dialektik, die von Fall zu Fall zulasten oder — beim Prozeßanrecht — zugunsten des Beklagten ausfällt.
Although the distinctive Western view of individual rights clearly derives from Roman law, its emergence owes much to medieval developments. This paper examines one important strand of those rights, that of due process in judicial trials. It shows how an era of little democracy came by drawing on the « ius commune » to create so fundamental a democratic right. It argues that respectable folk felt a burning need for procedural protections in order to protect themselves from unjust accusations. At the same time, however, these same respectable folk wished to ensure that groups which threatened their security should not escape the sanctions of the law. Thus various kinds of summary process that abbreviated defendants’ rights (e.g. the Inquisition) evolved together with due process in a complex dialectic that continues even in our own time.
Paolo CAMMAROSANO, "L’éloquence laïque dans l’Italie communale (fin du XIIe-XIVe siècle)", dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 158, 2000, p. 000-000.
L’éloquence laïque connut, du XIIe au XIVe siècle, un essor inédit dans les communes d’Italie centrale et septentrionale, à la hauteur de la complexité du jeu politique sur lequel elle s’articulait : nomination et activités de podestats recrutés à l’extérieur, délibérations des conseils citadins, recours démultiplié aux ambassades, secteur plus traditionnel des exhortations au combat. Sans pouvoir s’appuyer sur les reportationes qui subsistent de la prédication religieuse, l’historien doit, pour la restituer, recourir à des sources disparates : registres des conseils, chroniques, traités de rhétorique, manuels à finalité pratique ou scolaire. Divers mais concordants, des œuvres comme l’Oculus pastoralis, des auteurs comme Boncompagno da Signa, Brunetto Latini et Dino Compagni, des réactions de rejet chez certains théoriciens permettent d’approcher l’élargissement social progressif des usages et la force inéluctablement croissante de la parole politique.
Die profane rhetorische Kultur erlebte in den mittel- und norditalienischen Städten des 12. bis 14. Jhs. eine ungeahnte Entfaltung, die sich im Zuge ebenso markanter politischer Entwicklungen äußerte : Bei der Ernennung und in der Tätigkeit von ortsfremden Podestà, bei den zahlreichen Gesandtschaftsmissionen und bei den traditionelleren Aufforderungen zum Zweikampf. Anders als im Fall der religiösen Predigt, über die die Reportationes Aussagen erlauben, muß der Historiker im Fall der profanen Rhetorik auf unterschiedliche Quellen zurückgreifen : Ratsbücher, Chroniken, Rhetoriktraktate, Leitfäden zum praktischen Leben oder für die Schulbildung. In all ihrer Vielfalt zeigen Werke wie der Oculus pastoralis oder Autoren wie Boncompagno da Signa, Brunetto Latini oder Dino Compagni sowie tadelnde Äußerungen verschiedener Theoretiker, wie das öffentliche Wort seine soziologische Basis erweitert und eine zunehmende Rolle in der politischen Kultur spielt.
From the 12th to the 14th century, the communes of central and northern Italy witnessed an unprecedented flowering of lay eloquence, reflecting the complexity of the political issues at stake : the nomination and activity of outsiders as podestàs, debate in city councils, a growing number of embassies, and, in a more traditional vein, harangues before battle. Deprived of any reportationes such as are preserved concerning religious preaching, historians may only reconstruct that eloquence with the help of disparate sources such as council minute-books, chronicles, treatises on rhetoric, school books and practical handbooks. The evidence, wide ranging yet in agreement, from works such as Oculus pastoralis and authors such as Boncompagno da Signa, Brunetto Latini and Dino Compagni, together with hostile reactions from a number of theorists, shed light on the spreading use of eloquence in society and on the ever increasing impact of speech in the political sphere.
Régis RECH, "Charles d’Anjou et le Limousin : la conquête du royaume chez Hélie Autenc et Géraud de Frachet", dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 158, 2000, p. 000-000.
Deux chroniques rédigées à Limoges aux années 1260 se font l’écho de la conquête du royaume de Naples par Charles d’Anjou. Les notes annalistiques du prieur de l’abbaye Saint-Martial, Hélie Autenc, sont d’un horizon limité ; les récriminations contre la taxation des ecclésiastiques pour le financement de la croisade italienne et la description d’une procession organisée pour célébrer la victoire de Bénévent s’assortissent d’une réelle admiration pour le prince capétien. Le propos de la Chronique universelle de Géraud de Frachet est tout autre, d’autant que l’un des témoins, le manuscrit Bibl. nat. de Fr., lat. 5005A, copié en Italie du sud, laisse supposer l’envoi d’un exemplaire à Charles d’Anjou. Mêlant le thème du Reditus ad stirpem Karoli et une version inconnue, ici éditée, des prophéties de la Sibylle Tiburtine, Géraud fait du prince un Carolingien apte à relever l’héritage de Constantin, en réunifiant Orient et Occident. Malgré leurs différences, les deux œuvres témoignent de l’attachement d’une partie du clergé limougeaud à la dynastie capétienne, peu après la rétrocession de leur ville au roi d’Angleterre.
Zwei in Limoges in den Jahren 1260-1270 abgefaßte Chroniken berichten über die Eroberung von Neapel durch Charles d´Anjou : Die annalistischen Notizen des Priors von Saint-Martial, Hélie Autenc, sind von beschränktem Horizont ; sie führen Klage über die Besteuerung des Klerus zur Finanzierung des italienischen Kreuzzuges, berichten von der Prozession zur Feier des Sieges von Benevent und verraten eine ehrliche Bewunderung für den kapetingischen Fürsten. Ganz anders die Chronique universelle von Géraud de Frachet, bei der die Abfassung einer Kopie (ms. Paris, Bibl. nat. de Fr., lat. 5005A) in Süditalien vermuten läßt, daß Charles d´Anjou ein Exemplar des Textes übersandt wurde. Géraud verschmilzt das Thema des Reditus ad stirpem Karoli mit einer bisher unbekannten — hier edierten — Version der Prophezeihung der Tiburtinischen Sibylle, um Charles so zu einem Königssproß zu stilisieren, dem es anstünde, das Erbe von Konstantin anzutreten und Orient und Okzident wiederzuvereinigen. Trotz verschiedenen Differenzen bezeugen beide Chroniken die Bindung bestimmter Teile des limousinischen Klerus an die kapetingische Dynastie zu einem Zeitpunkt, als Limoges gerade wieder an den König von England gefallen war.
The conquest of the Kingdom of Naples by Charles d’Anjou is echoed in two chronicles composed at Limoges in the 1260s. The annalistic notes of the prior of the abbey of Saint-Martial, Hélie Autenc, are somewhat narrow in scope : they contain complaints about the tax imposed on ecclesiastics in order to finance the crusade in Italy, as well as the description of a procession held in celebration of the victory at Benevento, and also show sincere admiration for the Capetian prince. The World Chronicle of Géraud Frachet belongs to a completely different kind, especially as one of the manuscripts, Bibl. nat. de Fr., lat. 5005
A, was transcribed in southern Italy, suggesting that a copy had been sent to Charles d’Anjou. Combining the theme known as Reditus ad stirpem Karoli with a hitherto unknown version of the prophesies of the Tiburtine Sybil (edited as an appendix to this paper), Géraud portrays the prince as a Carolingian capable of restoring the heritage of Constantine by reuniting East and West. Despite their differences, both works bear witness to the Capetian loyalty of part of the clergy of Limoges, shortly after the town had been retroceded to the king of England.
Alexandre MARAL, "Le grand aumônier de France et le diocèse de la chapelle royale sous Louis XIV", dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 158, 2000, p. 000-000.
Institué par des privilèges pontificaux du XIIIe au XVe siècle, le diocèse de la Chapelle royale était dirigé, dès la fin du XVe siècle, par le grand aumônier, qui était un grand officier de la Maison du roi et même, en certains cas, un officier de la Couronne. À ses fonctions traditionnelles dans l’administration des bonnes œuvres royales et le contrôle des hôpitaux du royaume et de certains des plus illustres collèges parisiens, il ajouta l’exercice d’une juridiction canonique sur les officiers ecclésiastiques de la Maison du Roi et sur l’ensemble de la cour royale. Quand celle-ci fut stabilisée à Versailles, des conflits de préséance et de juridiction ne manquèrent pas de surgir avec l’archevêque de Paris, ordinaire du lieu. Ils nourrirent, dès la fin du XVIIe siècle, une vive polémique sur le bien-fondé d’un diocèse royal exempt. La question ne fut pas clairement résolue, et les mémoires rédigés à cette occasion révèlent, par-delà le problème de droit canonique, des conceptions divergentes sur le caractère sacré du souverain.
Die Diözese der “Chapelle royale” wurde durch päpstliche Privilegien des 13. bis 15. Jhs. eingerichtet und, seit dem Ende des ausgehenden 15. Jhs., von dem “Grand Aumônier” geleitet. Dieser hatte den Rang eines hohen Würdenträger des Königshauses inne und trug manchmal sogar den Titel eines “Officier de la Couronne”. Seine eigentlichen Aufgaben waren die Verwaltung des königlichen Almosenwesens sowie die Aufsicht der Spitäler des Königreichs und einzelner bedeutender Pariser Kollegien. Darüber hinaus unterstand ihm die kanonische Gerichtsbarkeit für die geistlichen Würdenträger und für den gesamten königlichen Hof. Die Verankerung des Hofes in Versailles führte zu Streitigkeiten um Vorrangstellung und Rechtshoheit mit dem Erzbischof von Paris, dessen Jurisdiktion Versailles unterlag. Seit dem ausgehenden 17. Jh. entstand hieraus eine heftige Debatte über die Sinnhaftigkeit einer exemten königlichen Diözese. Ohne daß diese Frage jemals eindeutig geklärt worden wäre, erweisen die in diesem Zusammenhang erstellten “mémoires” über die kirchenrechtliche Problematik hinaus unterschiedliche Auffassung über den sakralen Charakter des Herrschers.
Created by virtue of papal privileges between the 13th and 15th centuries, the diocese of the Royal Chapel was placed, from the end of the 15th century, under the control of the Grand Aumônier, a grand officier of the King’s Household and even, in certain cases, an officer of the Crown. His traditional duties lay in the administration of royal charitable work and in the supervision of hospitals across the kingdom, along with some of the most illustrious Paris colleges ; in addition, he held canonical jurisdiction over all ecclesiastical officers of the King’s Household and over the whole court. After the court became established at Versailles, various conflicts of precedence and jurisdiction occurred with the Ordinary, i. e. the archbishop of Paris. This gave rise to much controversy, from the end of the 17th century, over the justification for an exempt royal diocese. The question received no clear answer ; beyond the canon law angle, the statements produced on this matter also reflect conflicting interpretations of the sacred character of the sovereign.
Joël COSTE, "Les « envies » maternelles et les marques de l’imagination : histoire d’une représentation dite « populaire »", dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 158, 2000, p. 000-000.
La représentation des « envies » insatisfaites de la femme enceinte, qui causeraient des marques évocatrices sur le corps du fœtus, a traversé les siècles modernes. Déjà « populaire » au XVIe siècle, elle a retenu l’attention de générations de médecins et de philosophes, puis, aux XIXe et XXe siècles, celle des folkloristes et des ethnologues. Créée, ou plutôt fixée par la médecine hippocratique au Ve siècle avant notre ère, elle s’est toutefois transformée au cours du temps, tant dans son contenu que dans sa diffusion et dans l’adhésion des différents groupes sociaux. Son histoire, dans la France des siècles modernes et préindustriels, peut être retracée à travers un riche corpus de textes de polémique et de vulgarisation médicales, la littérature des Erreurs populaires en matière de santé et de maladie, publiés entre 1578 et 1892. Elle permet d’illustrer la complexité qu’ont pu atteindre les processus de production, de diffusion et d’appropriation des représentations dans le domaine de la santé et de la maladie. Elle contredit l’opinion, encore répandue, que ces représentations seraient immuables et réductibles à l’opposition entre une médecine officielle « oppressive » et une médecine populaire immémoriale et originale.
Die Vorstellung von unbefriedigten “Gelüsten” der schwangeren Frauen, die sich physisch auf dem Fötus niederschlagen, zieht sich durch die Epochen der Neuzeit. Bereits im 16. Jh. ein volkstümliches Motiv, beschäftigte die Frage dann Generationen von Ärzten und Philosophen und schließlich — im 19. und 20. Jh. — die Volkskundler und Ethnologen. Die Vorstellung wurde von der hippokratischen Medizin im 5. Jh. v.C. in einer ersten Form gefaßt, deren Inhalt und Verbreitung in Raum und Gesellschaftschichten einem steten Wandel unterlag. Die Entwicklungen in der französischen Epoche der frühen Neuzeit lassen sich anhand der Erreurs populaires en matière de santé et de maladie (1578 bis 1892) gut nachvollziehen. Es handelt sich um eine reichhaltige Textsammlung medizinischer Polemiken und Volksbelehrung, in der die Entstehungs-, Ausbreitungs- und Aneignungsbedingungen solcher medizinischer Vorstellungen in all ihrer Komplexität nachvollziehbar werden. Das eingehende Studium dieser Quelle erweist, daß die noch oft angenommene klassische Opposition zwischen einer “repressiven” offiziellen Medizin und einer unvergänglichen eigentümlichen Volksmedizin nicht aufrechtzuerhalten ist.
Throughout the early modern period, it was believed that the desires felt by a pregnant woman, if left without satisfaction, were the cause of birthmarks (hence known as ‘envies’) on the foetus. ‘Popular’ since the 16th century, this notion was made the object of much investigation by generations of physicians and philosophers, then, in the 19th century, by folklorists and ethnologists. It was first created or, more precisely, laid down in 5th-century B. C. Hippocratic medical theory ; it then underwent many changes in the course of time, as to content, spread, and influence on different social categories. Its history during the centuries of early-modern, pre-industrial France, may be tracked by analysing a rich corpus of popular polemical medical texts, namely the Erreurs populaires en matière de santé et de maladie, which were published from 1578 to 1892. This source sheds much light on the complex process by which ideas concerning illness and health were produced, circulated and taken over. It challenges the common assumption that such ideas were the immutable expression of an immemorial and original popular medical art confronted with ‘oppressive’ official medicine.
Marie-José GASSE-GRANDJEAN, "Retour sur trois actes de Philippe Ier, roi de France", dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 158, 2000, p. 000-000.
Des prospections aux Archives départementales de la Marne ont permis de retrouver l’original d’un diplôme du roi de France Philippe Ier, délivré en 1065 en faveur de l’abbaye de Toussaints-en-l’Isle. Dans son édition des actes du roi, en 1908, Maurice Prou l’avait présumé perdu et édité d’après des copies (n° 20). L’étude des caractères externes et internes de l’acte confirme plusieurs intuitions de M. Prou et renforce l’hypothèse de l’attribution de la rédaction de l’acte à la chancellerie royale. D’un autre acte, souscrit par le roi en 1060 en faveur de l’abbaye de Marmoutier (Prou n° 6), Jean Martin-Demézil avait en 1949 retrouvé une version divergente, qu’il pensait être une seconde expédition ; un nouvel examen de ce document, conservé en original aux Archives départementales de Loir-et-Cher, suggère qu’il constituerait plutôt la version primitive, établie à l’abbaye, d’un acte dont M. Prou a édité un état réécrit. Un troisième acte du corpus (Prou n° 82) est mentionné dans une notice de 1119, conservée aux Archives départementales de l’Aisne : elle montre que, pour régler un litige plus vaste, l’abbaye de Saint-Jean-des-Vignes n’a pu s’appuyer, et très partiellement, que sur ce seul acte.
Bei einer Sichtung der Altbestände der A.D. de la Marne trat das Original einer Königsurkunde von 1065 wieder zutage. Es handelt sich um ein Dokument, das Philipp I. zugunsten des Klosters Toussaints-en-l’Isle ausstellen ließ. Maurice Prou hatte in seiner Edition der Urkunden dieses französischen Königs (1908) das Original für verloren gegeben und den Text anhand von Kopien ediert (n° 20). Eine Analyse der äußerlichen und der textuellen Eigenheiten der Urkunde bestätigt verschiedene Annahmen von Prou, insbesondere die Zuweisung zur königlichen Kanzlei. Im Fall einer weiteren, von Prou edierten Urkunde (n° 6), die der König 1060 zugunsten des Klosters Marmoutier signierte, liegt eine Parallelversion vor, deren Verhältnis zur Königsurkunde einer Prüfung bedarf : Jean Martin-Demézil hatte diese in den A.D. de Loir-et-Cher aufbewahrte Version als Zweitaustellung gedeutet, doch legt eine neuerliche diplomatische Expertise nahe, daß es sich eher um eine ursprüngliche Form handelt, die im Kloster selbst ausgestellt wurde, um dann der Urkunde von 1060 als Vorlage zu dienen. Ein drittes Dokument des Korpus (Prou n° 82) wird in einer notitia von 1119 erwähnt (A.D. de l’Aisne). Die Referenz zeigt, daß das Kloster Saint-Jean-des-Vignes sich in einem umfänglichen Streitfall ausschließlich, wenn auch sehr punktuell, auf die genannte Königsurkunde stützen konnte.
Prospecting in the Marne departmental archive has led to the discovery of an original diploma issued by King Philip I of France in 1065 in favour of the abbey of Toussaints-en-l’Isle. In his 1908 edition of the records of that king, Maurice Prou published the instrument from copies (no. 20), assuming that the original was lost. The study of its internal and external features confirms several of M. Prou’s conjectures, notably the assumption that it was drawn up in the royal chancery. Another instrument was subscribed by the king in 1060 in favour of the abbey of Marmoutier (Prou no. 6) ; in 1949, Jean Martin-Demézil located a different version, which he considered a second expedition. Re-examination of the original, kept in the Loir-et-Cher departmental archive, suggests a different view : it is probably the first text, written out by the abbey, of an instrument published by Prou from a rewritten version. A third instrument in the same corpus (Prou no. 82) is mentioned in an 1119 notitia (kept in the Aisne departmental archive), which makes it apparent that this was the only instrument which the abbey of Saint-Jean-des-Vignes could invoke (and then, only in part) in its effort to settle a dispute of a more general character.
Bernard de VREGILLE, "Mariage aristocratique et droit grégorien : un document du « Sancta sanctorum » intéressant Besançon et Montbéliard", dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 158, 2000, p. 000-000.
Un parchemin qui a servi à envelopper au XIIe siècle une relique du Sancta sanctorum du Latran (ms Vat. lat. 15294, n° 105) offre le fragment d’une lettre adressée au pape par un archevêque de Besançon. Elle a trait à la désobéissance du comte Thierry [de Montbéliard] dans l’affaire du mariage illicite de sa fille. Elle vise vraisemblablement le mariage de Sophie de Montbéliard et de Richard de Montfaucon, encore mineurs. La lettre aurait pour auteur l’archevêque Hugues III et a pu être remise à Urbain II en novembre 1096 par Amédée de Montfaucon, père de Richard, partant pour la croisade.
Ein Pergament, das im 12. Jh. zur Reliquienverpackung des Sancta sanctorum im Lateran verwendet wurde (ms. Vat. lat. 15294, n° 105) liefert das Fragment des Schreibens von einem Erzbischof von Besançon an dem Papst. Sein Gegenstand ist der Ungehorsam des Grafen Thierry [de Montbéliard] im Zusammenhang mit der unrechtmäßigen Verheiratung seiner Tochter. Vermutlich geht es um die Heirat zwischen der minderjährigen Sophie de Montbéliard und Richard de Montfaucon. Dieser Brief könnte von dem Erzbischof Hugues III. abgefaßt worden und durch den Vater Richards, Amédée de Montfaucon, im November 1096 bei seinem Auszug auf Kreuzfahrt dem Papst Urban II. übermittelt worden sein.
A piece of parchment used since the 12th century as a wrapping for a relic in the Lateran Sancta Sanctorum (ms Vat. lat. 15294, no. 105) happens to be a fragment of a letter sent to the pope by an archbishop of Besançon. The text concerns the disobedience shown by Count Thierry [of Montbéliard] in the case of his daughter’s illicit marriage. This appears to refer to the marriage of Sophie of Montbéliard with Richard of Montfaucon, both being under age. The letter was presumably written by Archbishop Hugues III and delivered to Urban II in November 1096 by Amédée of Montfaucon, the bridegroom’s father, on his way to the crusade.
Vladimir N. MALOV, "Du nouveau sur l’histoire de la collection Lamoignon", dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 158, 2000, p. 000-000.
Les recherches menées à l’occasion de l’inventaire de la collection Lamoignon, conservée aux Archives d’État russes des actes anciens à Moscou, permet de reconsidérer les hypothèses formulées en 1977 dans la B.É.C. sur la formation de cet ensemble de documents issus des archives de Jean Duthier, secrétaire d’État du roi Henri II. La comparaison avec la publication posthume de l’érudit blésois Guillaume Ribier, Lettres et mémoires d’Estat de roys… (1666), l’examen des annotations marginales portées sur les pièces, l’étude d’un inventaire de documents détenus par Ribier et de lettres adressées par celui-ci au chancelier Séguier et à Jacques Dupuy montrent de façon concordante que c’est Ribier qui constitua la collection, selon des modalités obscures ; elle fut ensuite acquise, après quelques soustractions, par le président Guillaume de Lamoignon.
Bei der Inventarisierung der Sammlung Lamoignon des russischen Staatsarchivs für ältere Dokumente (Moskau) ergab sich die Frage nach der Entstehung dieser Sammlung, die aus Archivalien von Jean Duthier, Staatsekretär des Königs Henri II. von dem Lokalgelehrten Guillaume Ribier aus Blois, hervorging. Anders als noch 1977 in der B.É.C. vertreten, muß diese Sammlung auf undurchschaubare Weise zusammengestellt worden sein. Dies ergibt sich aus einem Vergleich der postumen Veröffentlichungen von Ribier in den Lettres et mémoires d´Estat de roys… (1666) mit den Marginalien in den Archivstücken sowie mit einem Verzeichnis der bei Ribier befindlichen Dokumente, schließlich mit Briefen, die dieser dem Kanzler Séguier und Jacques Dupuy schickte. Die Sammlung wurde nach einigen kleinen Verlusten letztendlich von dem Président Guillaume de Lamoignon angekauft.
A study published by the author in B.É.C. in 1977 dealt with the Lamoignon collection, a group of papers originating from the records of Jean Duthier, secretary of State to King Henry II of France, now kept in the Russian State Archive of Ancient Records in Moscow. In the light of new research conducted while drawing up an inventory of the collection, this paper presents further evidence concerning the way in which it was put together. A comparison with a posthumous book by the scholar from Blois Guillaume Ribier, Lettres et mémoires d’Estat de roys… (1666), an examination of the marginal notes on the documents, and a study of an inventory of documents held by Ribier and of letters he wrote to Chancellor Séguier and to Jacques Dupuy all point to Ribier as the person who put together the collection, albeit under unclear circumstances. It was later acquired by President Guillaume de Lamoignon, but for a small number of documents abstracted in the meantime.
Pierre GASNAULT, "Contrat pour la publication du tome VII des « Acta sanctorum ordinis sancti Benedicti » (1723)", dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 158, 2000, p. 000-000.
À sa mort, survenue le 27 décembre 1707, Mabillon laissait en cours de publication les Annales ordinis sancti Benedicti et les Acta sanctorum ordinis sancti Benedicti. Il eut successivement pour continuateurs dans ces deux entreprises Dom Thierry Ruinart, Dom René Massuet, Dom François Le Texier et Dom Vincent Thuillier. Ce dernier conclut en 1723 avec le libraire parisien François Montalant un contrat pour la publication du tome VII des Acta sanctorum. Le contrat, retrouvé à la Bibliothèque nationale de France, prévoyait, pour la première fois, le versement de droits d’auteur à Dom Thuillier. Mais, pour des raisons inconnues, sans doute la défection de Dom Thuillier, accaparé par d’autres tâches, ce tome des Acta sanctorum ordinis sancti Benedicti ne parut jamais.
Beim Tod von Mabillon, am 27. Dezember 1707, blieben seine Editionen der Annales ordinis sancti Benedicti und der Acta sanctorum ordinis sancti Benedicti unvollendet. In beiden Unternehmungen folgten ihm verschiedene Gelehrte nach : Dom Thierry Ruinart, Dom René Massuet, Dom François Le Texier und Dom Vincent Thuillier. Letzterer signierte 1723 einen Vertrag mit dem Pariser Verleger François Montalant über die Drucklegung des 7. Bandes der Acta sanctorum. Der in der Bibl. nat. de Fr., Paris, aufbewahrte Vertrag sah erstmalig die Auszahlung einer Autorenprovision an Dom Thuillier vor. Aus unbekannten Gründen, vermutlich weil sich der anderweitig beschäftigte Dom Thuillier zurückzog, erschien dieser Band der Acta sanctorum jedoch nie.
When Mabillon died on 27 December 1707, publication of his Annales ordinis sancti Benedicti and Acta sanctorum ordinis sancti Benedicti was in progress. His work on both enterprises was successively continued by Dom Thierry Ruinart, Dom René Massuet, Dom François Le Texier, and Dom Vincent Thuillier. This last successor entered into a contract with the Parisian publisher François Montalant with a view to publishing volume 7 of Acta sanctorum. The contract, recently discovered in the Bibliothèque nationale de France, stipulated that, for the first time, royalties would go to Dom Thuillier. But, for unknown reasons, presumably Dom Thuillier’s defection from the project due to the pressure of other work, the volume failed to materialise.